Tours : Tupperware aussi hermétique que ses boîtes

Deux mois-et-demi après l’annonce de la fermeture de l’usine de Joué-lès-Tours, les salariés de Tupperware ont décidé de durcir le ton, après avoir tenté dans un premier temps de jouer la carte des discussions avec la direction de l’entreprise américaine.

20 octobre 2017, devant l’entrée de l’usine Tupperware de Joué-lès-Tours, les salariés de l’entreprise américaine ont la gueule de bois. Face aux caméras présentes, peu acceptent de s’arrêter et beaucoup passent tête baissée. Pour les 235 salariés du site jocondien, la journée s’annonce difficile, la veille la direction nationale de l’entreprise a annoncé la fermeture de l’usine de Joué-lès-Tours, la seule présente en France. Face aux journalistes présents, les délégués syndicaux et représentants du personnels, font bonne figure malgré le désarroi se lisant sur les visages.

Pas question d’entrer dans un rapport de force clament-ils, l’objectif est d’entrer en phase de négociations dans le cadre du Plan de Sauvegarde de l’Emploi (PSE), le nom officiel du plan social qui s’annonce. Des propos qu’ils répéteront les jours suivants, face aux interrogations sur le manque de réaction des salariés suite à l’annonce de la fermeture de l’usine, prévue pour mars 2018. Pourtant dès lors des voix s’élèvent pour critiquer cette stratégie de discussion et d’apaisement, notamment de la part de la CFDT, minoritaire dans l’entreprise, mais aussi de l’Union CGT départementale d’Indre-et-Loire.

“Obtenir le meilleur possible”

Plus de deux mois plus tard c’est une toute autre ambiance que nous retrouvons devant cette même usine. Depuis mardi 02 janvier, les 235 salariés sont en grève et l’usine est à l’arrêt. Palettes bloquant l’entrée, mais aussi T-Shirts représentant les salariés affichés sur les grilles de l’usine, ou encore slogans revendicatifs érigés en symboles de la colère des employés, habillent l’usine, tandis que sur la passante route de Monts qui longe le site de nombreux automobilistes ou routiers klaxonnent en soutien aux salariés.

À l’approche des deux dernières réunions de négociations du PSE, les salariés de Tupperware ont décidé de changer de stratégie. Après avoir joué la carte des discussions avec la direction de l’entreprise américaine « afin d’obtenir le meilleur possible » du plan social à venir, ils ont décidé de durcir le ton afin de mettre la pression sur les négociations qui doivent reprendre le jeudi 4 janvier.

“De simples fusibles jetés comme des malpropres”

Devant l’usine ce mercredi 3 janvier, c’est donc des salariés remontés qui se relaient sur le piquet de grève. Beaucoup témoignent maintenant de leur colère face « au mutisme de la direction ». Après la désillusion de la fermeture de l’usine, les conditions du plan social proposées par l’entreprise sont pour eux une nouvelle trahison. « Nous réclamons un PSE qui soit à la hauteur du traumatisme pour les salariés » avance Antonio Constantino, délégué CGT de l’usine jocondienne.

« On voulait discuter mais l’entreprise est fermée dans les négociations », avance un représentant du personnel, « ils veulent nous jeter comme des malpropres ».

« J’ai 56 ans, plus de 30 ans d’ancienneté et on me proposerait que 150 euros par année passée dans l’usine », poursuit un de ses collègues se disant « écœuré ». Plus loin Sophie évoque son incompréhension mais aussi sa crainte pour l’avenir : « Pour beaucoup, nous sommes entrés ici il y a plusieurs dizaines d’années, sans diplômes. Aujourd’hui à 45, 50 ou 55 ans, quel avenir s’offre à nous ? C’est la vie de nos familles qui est en jeu ».

L’objectif à présent pour tous : obtenir des conditions de départ non seulement satisfaisantes mais surtout dignes du travail fourni pour l’entreprise. « Nous ne voulons pas être considérés comme de simples fusibles que l’on peut jeter comme cela sans rien en retour ». Et pour se faire entendre ils ont donc décidé de faire grève jusqu’au 4 janvier au soir, au moins dans un premier temps…

Mathieu Giua.

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