Notre-Dame-des-Landes : dernière ligne droite à Matignon

Décision avant la fin du mois pour le très controversé  aéroport de Notre-Dame-Des-Landes.  Sera ? Sera pas ? Avant que tombe le verdict présidentiel une  ultime consultation  se déroule à Matignon.  Le Premier ministre a  entamé ce vendredi un ultime et vaste tour de table pour échanger avec les élus locaux concernés jusqu’à la fin de la semaine prochaine.

Les élus de Loire-Atlantique ont ouvert le bal. Ceux d’Ile-et-Villaine et du Morbihan  seront reçus lundi, du Maine-et-Loire, de Mayenne et de Vendée mardi et le bureau du syndicat mixte aéroportuaire vendredi. Tous s’exprimeront « sur leur conception de ce qu’il faut faire, ce qu’il ne faut pas faire mais aussi sur la façon dont ils interprètent le rapport demandé au mois de juin », remis mi-décembre, qui propose de choisir entre « le réaménagement de l’actuel aéroport de Nantes Atlantique » et « le développement d’une nouvelle plateforme aéroportuaire », a  fait savoir le Premier ministre. Cette « phase ultime de concertation », destinée à nourrir le choix final de l’exécutif, permettra aussi d’évoquer « l’évacuation du site de Notre-Dame-Des-Landes qui sera ordonnée quelle que soit l’option retenue » a prévenu Édouard Philippe

Interview de Ronan Dantec

Sénateur vert de Loire-Atlantique, seul sur les cinq sénateurs des départements concernés à être ouvertement contre le projet de Notre-Dame-des-Landes comme le député de Rugy .

Comment s’est passé cette rencontre avec le premier ministre ?

Ronan Dantec : Nous avons été bien reçus. Nous étions les premiers, Il en fallait un. Nous avons trouvé un premier Ministre très attentif mais il s’est gardé de toute confidence. Il s’est montré très attentif à ne donner aucune indication sur le choix décisif. Il ne veut surtout pas que cette phase de concertation soit perturbée par le fait qu’on aurait déjà  sa position.

 Vous avez donc fait un tour d’horizon ?

Ronan Dantec : Nous avons évoqué le cœur du dossier  tel que les experts (qui ont rendu leur rapport en décembre) l’ont évalué. Je  suis  optimiste  quant à un aménagement de Nantes-Atlantique. Il  coûte 350 millions d’euros de moins pour le même service. Il  met en cause 300 hectares d’urbanisation et non les 10 fois plus de terres agricoles de Notre-Dame-des-Landes. Il m’est aussi  apparu très important de sortir du seul débat de l’aéroport. Édouard Philippe a été maire du Havre et sait donc ce qu’est l’aménagement d’une  grande zone  portuaire et de l’environnement régional d’un port. Il faut désenclaver celle de Nantes, revoir le ferroviaire c’est un  projet très important tourné vers l’avenir. Nous avons également évoqué la  fermeture en 2018 de la centrale thermique de Cordemais qui concerne 1000 emplois.

Quoi qu’il en soit la Zad sera évacuée. Comment cela peut-il se passer ?

Ronan Dantec : Le retour à l’état de droit peut se faire, je suis confiant à ce sujet.  Il faut  se laisser du temps, nommer un médiateur. Il y a des zones à garder pour leur biodiversité exceptionnelle, avoir une cartographie de sortie de crise. Il faut réaffecter les terrains. Le gouvernement devra avoir une grosse discussion avec la Confédération  Paysanne et la FNSEA, les deux syndicats agricoles, veiller aux équilibres.

Recueilli par F.C.

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  1. « Etes-vous favorable au projet de transfert de l’aéroport Nantes-Atlantique sur la commune de Notre-Dame-des-Landes ? »
    Voilà la question biaisée posée au référendum au sujet du projet d’aéroport. Il n’est pas dit dans cette question que l’aéroport actuel était conservé dans les projets et il m’a été dit qu’un deuxième aérodrome ou aéroport existe sur Nantes , je n’ai pas pu vérifier cette information. Nous n’avons plus les moyens de poursuivre cette modernisation folle qui détruit l’environnement la biodiversité et le climat.

  2. C’est amusant ça, pour faire un référendum sur un sujet qui concerne chaque contribuable français, on questionne les citoyen-nes de Loire Atlantique. Pour plus de conseil, on interroge des élu-es de chaque département des régions initiatrices. La démonstration en une action par le Premier Ministre que le référendum était bien biaisé, et qu’il n’est donc en rien légitime. Pour rappel, 2 régions financent en partie ce projet inutile et qui abîme l’environnement, ainsi que l’Etat, donc chacun-e d’entre nous. Pourquoi n’avons-nous donc pas été consultés ?

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