Richelieu, le retour

Dans la continuité du travail entrepris il y a deux ans avec la restauration des salles du deuxième étage, le musée des Beaux Arts d’Orléans a ré-ouvert ce samedi la grande salle du premier étage après des travaux qui ont totalement repensé la présentation des œuvres. Cette grande salle, au cœur du musée, réunit dorénavant un ensemble de cinquante cinq toiles monumentales et dix sculptures dans une présentation qui, de la couleur des murs à l’éclairage en passant par l’écriture des cartels, donne une nouvelle vision de ces œuvres pour le moins impressionnantes.

C’est aussi une nouvelle approche muséographique qui a présidé à la ré-organisation de cette salle qui privilégie la chronologie en mêlant les techniques et les écoles de ces grands formats sur une lecture ancienne plus centrée sur les courants artistiques. La salle présente ainsi une part importante du grandiose patrimoine constitué par Richelieu dans la splendeur de son château du même nom, dispersé à la suite de la Révolution et dont le Musée d’Orléans se trouve aujourd’hui grâce à un legs important et des dépôts du Musée du Louvre et de Versailles, le plus riche représentant. Et quel patrimoine ! Des scènes de batailles, bien sur, des peintures qui allient le plus souvent une thématique religieuse à une leçon politique destinée aux puissants du royaume de France (les cartels précisent chaque pièce où se trouvait le tableau), mais aussi cette série presque onirique des quatre éléments, sans oublier ces sculptures antiques ou ces colonnes rostrales qui saisissent le regard du visiteur dans cette volonté de Richelieu d’inscrire son patrimoine dans la longue tradition de la civilisation romaine.

Le Feu Claude Deruet 718×511 Musée des Beaux Arts d’Orléans

A gauche en entrant dans la salle, c’est un ensemble de peintures religieuses du XVIIIe siècle qui est présenté avec notamment, les toiles réalisées pour l’église Notre Dame de Bonne Nouvelle (aujourd’hui disparue), par plusieurs grands peintres sollicités par l’amateur d’art et mécène Thomas Aignan Desfriches (celui du portrait au pastel par Perronneau). Non seulement Desfriches facilita la commande de ces tableaux, mais il en assura la préservation au moment des saisies révolutionnaires qui vont survenir quelques années plus tard, en évitant la destruction de ces toiles et bien d’autres qui constitueront ainsi la première collection de ce qui deviendra peu après, le naissant musée des Beaux Arts d’Orléans. L’intérêt artistique se double ici d’un intérêt historique ou religieux, si on se livre par exemple à la comparaison des représentations du Triomphe de Saint Ignace de Loyola, fondateur des jésuites, à la peinture janséniste de Saint Charles Borromée, illustrant le débat religieux qui agita particulièrement Orléans au XVIIIe siècle.

Et puis, cerise sur le gâteau, trois toiles profanes tout en haut des cimaises (coté droit), déposées provisoirement par le musée de Chartres fermé pour cause de rénovation du bâtiment, toile évoquant l’école du peintre italien Veronese avec des représentations du médecin et philosophe arabe Averroes (?) et de Zoroastre, le Zarathoustra de Nietzsche.

GP

Musée des Beaux-Arts d’Orléans
1 rue Fernand Rabier 45000 Orléans 02 38 79 21 83
Du mardi au samedi : 10h-18h Nocturne le vendredi jusqu’à 20h Le dimanche : 13h-18h
Collections permanentes : 4€ tarif réduit : 2€
Collections permanentes et exposition temporaire : 6€ tarif réduit : 3€
Entrée gratuite : 1er dimanche du mois , moins de 18 ans  et groupes scolaires

https://www.facebook.com/MBAOrleans/

Nicolas Prévost : Salomon adorant les idoles 317×400 Musée des Beaux Arts d’Orléans.       Ne pas partager sur Facebook !..

 

 

 

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