Enseignement supérieur : avec Parcoursup, le gouvernement revoit sa copie

Suite aux nombreuses critiques, la plateforme d’orientation APB a été remplacée par Parcoursup, mise en ligne lundi 15 janvier. Si cette nouvelle formule suscite beaucoup d’espoir auprès des responsables de l’académie Orléans-Tours, des questions subsistent sur la mise en place des changements proposés.

De g. à d. : Anne Besnier, vice-pdte au Conseil régional ; Ary Bruand, pdt de l’Université d’Orléans ; Katia Béguin, rectrice d’Académie Orléans-Tours ; Philippe Vendrix, pdt de l’Université de Tours ; Bruno Étienne, chef du service académique information et orientation.

Orientation floue, formulation de vœux casse-tête, tirage au sort contesté… Nombreuses furent les critiques à l’encontre d’APB, la plateforme en ligne d’admission aux études supérieures, mise en place en 2009. Face à la polémique, le gouvernement revoit sa copie avec Parcoursup, ouverte ce lundi 15 janvier. À partir du nouveau site, les élèves auront accès à de nombreuses informations sur les formations proposées (les attendus, les taux de réussites, les débouchés, etc.) et pourront formuler leurs vœux sans hiérarchie (contrairement à APB).

Un nouvel outil pour de nouvelles règles

Mais derrière ces nouveautés pratiques, Parcoursup vient surtout officialiser les nouvelles règles d’accès à l’enseignement supérieur, dont le projet de loi a été adopté à l’Assemblée nationale le 19 décembre, et sera examiné au Sénat les 7 et 8 février prochains. Katia Béguin, rectrice de l’académie Orléans-Tours, ainsi qu’Ary Bruand et Philippe Vendrix, respectivement présidents des universités d’Orléans et de Tours, ont rencontré la presse le 15 janvier afin d’expliquer les enjeux de ce dispositif.

Principal changement apporté par le texte : les universités pourront désormais classer les candidats lycéens en fonction de leur profil et des attentes de la formation. « Il n’y aura plus de tirage au sort », précise Mme Béguin. Très décrié, le tirage au sort avait principalement lieu dans les filières en tension dans lesquelles le nombre de candidatures dépassait largement les capacités d’accueil des formations.

La sélection à l’université : un sujet tabou

Pour autant, Katia Béguin insiste, « il ne s’agit pas, contrairement à ce qu’on a pu entendre, d’une sélection à l’université ». Si les candidats peuvent toujours essuyer des refus de la part des formations sélectives (classe prépas, BTS, DUT, etc.), les licences universitaires pourront seulement :

  • accepter le candidat (OUI) ;
  • accepter le candidat sous condition, par exemple suivre un parcours de remise à niveau, s’ils jugent que celui-ci n’a pas les compétences requises (OUI SI) ;
  • mettre le candidat en file d’attente, dans le cas où des places se libéreraient au cours de la procédure (EN ATTENTE).

De plus, les compétences attendues en licence ont été précisées dans un cadrage national décidé en décembre dernier. Expression écrite et orale, aptitude à la logique, ou encore intérêt pour la démarche scientifique comptent parmi ces « attendus ».

 D’après Philippe Vendrix, président de l’université de Tours, ces derniers ne constituent pas des « prérequis », mais permettront aux élèves de s’auto-évaluer, « afin qu’ils prennent conscience de leurs forces et de leurs faiblesses ». Selon Katia Buren, il s’agit également de mieux informer les lycéens, notamment sur les filières en tension, « qu’ils sachent par exemple que la filière STAPS, ce n’est pas que du sport, mais aussi de la biologie ou encore de la communication ».

Pour mémoire, 47 % des lycéens concentraient leurs vœux sur quatre mentions de licence (STAPS, Première Année Commune aux Études en Santé, droit et psychologie), sur une quarantaine disponible. « On ne veut plus d’étudiants qui disent : “on croyait que c’était comme ça” » souligne la rectrice.

Beaucoup d’espoirs et pas mal de bricolage

À travers ce nouveau dispositif, les responsables de l’académie espèrent proposer un accompagnement personnalisé aux lycéens. L’objectif est de « remettre de l’humain à la place de l’algorithme », explique Katia Béguin. Et de l’humain (et des financements) il en faudra ! Philippe Vendrix rappelle qu’il y a 10.000 candidats en première année de licence de droit à la faculté de Tours. Cela signifie autant de dossiers, lettres de motivations ou avis de conseil de classe qui devront être examinés et classés, rien que dans cette filière…

De plus, les parcours de remise à niveau proposés aux candidats acceptés sous condition impliquent la création de nouveaux modules de cours, et du coup trouver de nouveaux enseignants. Le président de l’université de Tours admet qu’il ne sait pas encore comment tout ceci se mettra en forme, et que cela requerra « pas mal de bricolage ».

Malgré les inconnues, le président de l’université d’Orléans Ary Bruand déclare que « tous les acteurs sont convaincus qu’il s’agit d’une amélioration du système ». Selon Katia Béguin, « pour un jeune de 18-19 ans, ça peut être destructeur pour l’estime de soi d’échouer dans la filière de ses rêves. C’est ce qu’on essaye d’éviter avec ce nouveau système ».

Nam Phan Van Song.

Les dates clés de Parcoursup
15 janvier : ouverture de la plateforme.
Du 22 janvier au 13 mars : Inscription et saisies des vœux.
Jusqu’au 31 mars : finalisation du dossier et validation des vœux.
Du 22 mai au 21 mars : réception et acceptation des propositions d’admission.







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