Notre-Dame-des-Landes : fin du suspense et abandon du projet

À l’issue du conseil des ministres, ce mercredi, le premier ministre  a annoncé l’abandon définitif du projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique). C’est mettre fin à un projet clivant, vieux de cinquante ans et objet de multiples indécisions et reculades. C’est dire au pays, du perron de l’Élysée que ce gouvernement prend des décisions, les assume, fait ce qu’il annoncé et dans les délais qu’il s’était impartis. C’est trancher, montrer ses muscles et le faire savoir.

L’aéroport de Nantes-Atlantique, à Bouguenais, au sud-ouest de Nantes, sera réaménagé et modernisé afin d’assumer l’augmentation du nombre de voyageurs. Les liaisons ferroviaires  du grand Ouest avec les hubs internationaux seront améliorées, Nantes et Rennes mises sur le même plan. C’est penser de façon globale l’aménagement du territoire.

Les forces de l’ordre vont mettre en œuvre l’évacuation des personnes qui occupent illégalement la ZAD “d’ici au printemps prochain” et rétablir la circulation sur les trois routes qui traversent Notre-Dame-des-Lande. S’ils le désirent,les propriétaires traditionnels  dont certains ont été expropriés  pourront retrouver leurs terres . Certains qui s’y sont établis pourront continuer à cultiver et de baux seront  signés. C’est  une forme de sagesse et un retour à l’état de droit sur cette zone  quoi qu’en disent certains perdants qui  avaient fait leur fonds  de commerce politique du débat.

Le dossier Notre-Dame-des-Landes, ouvert   dans les années  1960,  l’aéroport de la discorde, le plus ancien conflit environnemental de France,  symbole, pour les défenseurs de l’environnement, des “grands projets inutile «  est enterré. Si le mouvement   anti-aéroport, dans son ensemble salue la décision  comme « une victoire historique »  et le respect annoncé de la trêve hivernale, il ne faudrait pas que les rassemblements prévus à Nantes  et à Rennes  tournent à l’affrontement et que les départs de la ZAD  encadrés  par les forces de l’ordre se fassent  dans la violence.

Commentaires

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  1. Marc Gaudet devrait faire preuve du même courage que notre premier ministre, et renoncer avant qu’il soit complètement enlisé au pont envisagé depuis près de 22 ans entre Mardié et Darvoy. Malheureux projet qui a déjà contribué, lui, dans le non-droit des institutions, à la destruction navrante de 10 hectares d’Espaces boisés classés ; et pour lequel la première décision de justice a été de bloquer les destructions de l’environnement .

    • Oui en 1940 seul a subsisté un pont routier sur Orléans et à partir de 1958 jusqu’à nos jours soit seulement 40 ans justes, cinq ponts ont vu le jour Joffre, Thinat, le pont autoroutier, le pont de l’Europe, je compte le pont de Jargeau de 1988 et à présent le projet de Mardié et une allusion d’un deuxième pont sur Sully. Ne parlons pas des dégâts visuels comme le pont d’Onzain par exemple. Ni de la biodiversité, ni des zones humides et surtout pas du réchauffement climatique qui est là et bien acté par le collège de France
      L’Anthropocène est là, et nous marquons de manière irréversible la terre .Il faut arrêter notre folie collective d’un progrès qui est en partie très destructeur

  2. C’est une très bonne nouvelle mais beaucoup reste à faire, et le temps nous est compté (1).
    Il faudrait déjà fortement taxer le kérosène qui ne l’est plus depuis 1944.
    https://reporterre.net/Les-fantasmes-d-une-aviation-ecologiquement-responsable
    « De 1990 à 2010, les émissions globales de CO2 ont augmenté de 25 % ; dans le même temps, celles dues à l’aviation ont augmenté de 70 % », souligne le rapport. À ce rythme-là, les gaz à effet de serre émis par les avions seront multipliés par huit d’ici à 2050, et représenteront 20 % des émissions globales.
    Au niveau européen, c’est même pire, souligne Pierre Cannet, responsable des programmes « villes durables, énergies et climat » au WWF : « Depuis 1990, il y a eu une augmentation de 80 % des vols, et il y en aura encore 45 % de plus d’ici 2035. Avec des impacts environnementaux qui augmentent énormément, dans les airs mais aussi sur terre : en Europe 2,5 millions de personnes exposées au bruit. »

    (1)Dans ce cadre, la Convention de Chicago, signée en 1944, vise à encourager le développement des liaisons internationales. Cette convention prévoit notamment que le carburant contenu dans les réservoirs d’un avion ne peut pas être taxé à l’arrivée d’un pays. Dans la foulée, les pays signent alors une série d’accords bilatéraux empêchant toute taxation.

    • Cette argumentation est très judicieuse. Force est de constater que l’avion ne paye pas ses coûts sociaux, notamment sa contribution à l’effet de serre et les dégâts induits. Taxer le kérozéne est donc un devoir et une nécessité. Sauf à perdre la bataille climatique on ne peut pas concevoir l’avenir en extrapolant les tendances actuelles d’augmentation de trafic aérien qu’il faudra bien finir par réduire.

  3. L’abandon définitif du projet d’aéroport de Notre Dames des Landes décidé par le Chef de l’Etat relève d’un choix courageux conforme aux engagements du gouvernement en matière d’aménagement du territoire et d’environnement, notamment la préservation des zones humides avec leur biodiversité. Cette décision est d’autant bien venue que l’augmentation exponentielle du trafic aérien n’est pas soutenable dans la mesure où celui-ci contribue fortement aux émissions de gaz à effet de serre dont nous voyons les effets désastreux.

    L’amélioration des relations ferroviaires entre Nantes et les aéroports parisiens (via la grande ceinture parisienne sud) ainsi que le reste de la France (en particulier Bordeaux), et une taxation du kérosène, peuvent ainsi contribuer à limiter le nombre de rotations aériennes en incitant les compagnies à mieux remplir leurs avions.

    Enfin, comme le démontre l’aéroport de Genêve (qui ne possède qu’une seule piste pour un trafic quatre fois plus élevé qu’à Nantes), l’aménagement de Nantes Atlantique suffit largement aux prévisions de trafic et ce n’est certainement pas en déplaçant les nuisances que l’on réglera le problème.

    Enfin la consultation populaire organisée par le gouvernement précédent n’a pas grande signification dès lors où elle circonscrite sur la seule Loire Atlantique préalablement reconnue favorable au projet, alors qu’il eût été plus opportun d’interroger l’ensemble des Pays de Loire et la Bretagne puisque cet aéroport était présenté comme celui du Grand Ouest ! Donc en abandonnant définitivement ce projet le gouvernement actuel n’a commis aucun déni de démocratie.
    C’est tout simplement la victoire du bon sens et une vision raisonnée de l’avenir.

  4. 1944 1944 1944, et bien on va reprendre la DCA et abattre tout ce qui vole au kéro ! Et vive les bateaux à voile, nous avons l’Hermione, chouette nous voilà sauvé !

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