Désertification médicale : Selon F. Bonneau, « il faut de l’incitatif, mais il faut aussi de la régulation »

Alors qu’une proposition de loi contre la désertification médicale est débattue ce jeudi à l’Assemblée nationale, le président de la région Centre-Val de Loire François Bonneau promeut plus de régulations afin d’équilibrer l’offre médicale.

François Bonneau, pdt de la Région Centre-Val de Loire, et Anne Leclercq, vice-pdte déléguée à la Santé et aux Formations Sanitaires et Sociales

Comment lutter contre les déserts médicaux ? C’est la question du jour à l’Assemblée nationale. En effet, la proposition de loi du groupe Nouvelle Gauche visant à lutter contre la désertification médicale est étudiée ce jeudi 18 janvier par les députés. Parmi les mesures phares, le « conventionnement territorial » : un praticien ne pourrait s’installer dans une zone surdotée de médecins sous peine de perdre sa convention. Autrement-dit, ses soins ne seraient plus remboursés. La proposition, déjà rejetée en commission, n’a que peu de chance de passer.

Face à cette actualité nationale, le président de la région Centre-Val de Loire François Bonneau a tenu à réagir. Il rappelle que la région a mis en place en de nombreux dispositifs afin d’inciter les jeunes médecins à s’installer dans les territoires sous-dotés : financement de maisons de santé pluridisciplinaires (72 dans la région), prime à l’installation, expérimentation de la télémédecine…

  Si ces mesures « donnent des résultats » selon M. Bonneau, elles restent insuffisantes alors que le Centre-Val de Loire compte parmi les zones où le manque de praticiens se fait ressentir : entre 2007 et 2016, ce sont 19 % de médecins généralistes en moins dans le Cher et l’Eure-Loir ; 21 % dans l’Indre. Une situation qui « n’est plus tenable » pour le président de la région.

« Il faut de l’incitatif, mais il faut aussi de la régulation », explique-t-il, en régulant notamment le conventionnement des médecins. Mais à la différence de la proposition de loi, la Région est en faveur d’un conventionnement différencié des médecins selon leur zone d’installation. Ainsi, un praticien peut facturer ses consultations à des tarifs plus élevés (et toujours remboursés par l’Assurance maladie) s’il est installé dans un territoire sous-doté. Au contraire, ses tarifs seraient moins avantageux dans une région où l’offre médicale est déjà importante.

Cette mesure, également recommandée par la Cour des Comptes dans un rapport sorti en automne dernier, est violemment rejetée par les médecins libéraux. Selon François Bonneau, il ne s’agit pas de « remettre en cause la liberté d’installation » mais plutôt de « réorienter les choix ». Cette régulation constituerait le « premier élément d’un aménagement équilibré du territoire ».

Bien qu’il ne s’attende pas à ce que la proposition de loi passe, le président de la région considère qu’il s’agit d’un premier pas vers une loi autour du conventionnement des médecins. « Les choses bougent, mais à un rythme insuffisant pour nos besoins ».

NPVS

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  1. Il n’a toujours pas compris que sa petite région n’intéresse personne d’autres que lui et un petit carré d’élus.
    A cause d’une décision prise par un énarque, on se traine depuis avec ce boulet…

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