Paris renonce à l’exposition universelle

Dommage pour le prestige de la France et pour le coup porté à son rayonnement culturel, cette affirmation en douceur de puissance que l’on qualifie désormais de soft power, dans les milieux qui se piquent de “spique ingliche” !

Exposition universelle de Paris en 1900.

Quand on note que cette renonciation intervient quatre mois seulement après que le gouvernement, Président en tête, a fait des pieds et des mains pour décrocher la timbale, on se demande pourquoi on n’aurait pas pu s’apercevoir plus tôt de l’importance des coûts engendrés. Cela aurait évité la reculade qui ne va pas manquer de susciter les quolibets de par le monde.

Mais était-il bien raisonnable, au fait, de se lancer dans cette aventure quand nous n’avons pas les moyens de financer l’entretien des infrastructures ferroviaires, par exemple, que les besoins de la justice et de la police sont criants ou que les matériels de la défense sont à bout de souffle alors même que croissent les menaces ?

Un scénario possible, si l’on avait persévéré dans l’erreur, aurait été de se retrouver avec une exposition bâclée, ou bien aux installations à peine terminées au moment où elle aurait fermé, comme cela fut le cas lors de l’exposition de 1937, la dernière que Paris ait organisée. Les délais et surcoûts annoncés ces derniers temps pour la construction du réseau de transport du Grand Paris pouvaient le laisser craindre. Alors, à quoi bon ?

Ce qui mérite d’être relevé, quelles que soient les réserves que l’on peut avoir par ailleurs à l’égard du gouvernement, c’est le courage d’avoir accepté de manger son chapeau et de revenir sur une erreur. Ce n’est pas souvent que pareille chose se voit de la part de décideurs politiques, quel que soit leur bord. Ils préfèrent normalement persévérer dans l’aberration et générer un brouillard salvateur autour plutôt que de perdre la face. Demandez à Boris Johnson à propos du Brexit ou à Anne Hidalgo pour la suppression des voies sur berge, les joyeux embouteillages et la pollution que cela entraîne. Ne serait-ce que pour cela et indépendamment de toute arrière-pensée de contribuable, saluons l’événement !

On se prend en tout cas à rêver que le Premier ministre fasse part, à la fin de 2018, dans le même souci d’évaluation des décisions prises, de la pertinence ou non, au regard du nombre de vies épargnées en un an, de l’abaissement de la vitesse à 80 km/h sur les routes secondaires. Maintenant que le premier pas est fait vers l’objectivité…

Gérard Hocmard.

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