L’école de journalisme de Tours remplace son diplôme post-bac par un master

Clap de fin pour la licence et le DUT à l’école de journalisme de Tours : rares formations françaises reconnues par la profession à être proposées aux étudiants juste dotés d’un baccalauréat, elles seront remplacées à la rentrée par un master.

Crédit EPJT

Alors que les jeunes lycéens peuvent dès ce lundi 22 janvier s’inscrire sur la nouvelle plateforme Parcoursup afin de choisir leur orientation, certains se feront peut-être un sang d’encre de découvrir que le DUT ou la licence professionnelle proposée par l’École publique de journalisme de Tours (EPJT) ne font plus partie du catalogue. Et pour cause, le directeur de l’EPJT Nicolas Sourisce a annoncé le 18 janvier dernier que l’école renonçait à ses formations post-bac, remplacé par un master (bac +5). Ce dernier explique : « les rédactions constatent parfois que les étudiants qui sortent de l’EPJT ont un profil trop jeune face à leurs concurrents sur le même poste et qui ont un master en poche ».

L’école, qui fête son cinquantième anniversaire cette année, comptait jusqu’alors parmi les trois écoles de journalisme reconnues par la profession qui recrutent des étudiants après le bac (avec l’IUT de Lannion, et l’école de journalisme de Cannes). Afin de suivre le master de l’EPJT, ces derniers devront désormais passer le concours après l’obtention d’une licence de leur choix (bac +3). « L’EPJT souhaite diversifier les profils dans l’information. On constate par exemple un grand manque de scientifiques dans le journalisme », a insisté le directeur de l’école.

« [Cela] risque de rendre la profession de journaliste encore plus élitiste », s’inquiète Dominique Gerbaud, ancien rédacteur en chef de La Croix. Pour le journaliste, également co-fondateur de l’association Média et Diversité, qui œuvre pour l’accession des jeunes des quartiers défavorisés aux métiers de la presse, la difficulté croissante d’accès aux formations de journalisme ne fait que « creuser l’écart entre les médias et les gens » et ne répond pas toujours aux besoins du métier. « Pour être journaliste, il faut aimer parler aux gens, avoir de la culture générale et de la déontologie. Ce n’est pas très grave si on n’a pas fait Sciences Po ».

NPVS.






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