Le Département du Loiret offre une “boite à outil” à ses maires

Baptême du feu communal réussi pour Marc Gaudet.  Pour la première fois le nouveau président du Conseil départemental du Loiret accueillait à Orléans les maires  et les présidents d’intercommunalité -ils étaient environ deux cents- pour « la rencontre des maires du Loiret ».  Plus que jamais les départements ont besoin d’exister. Alors le Loiret a voulu se présenter samedi matin à la salle des Conférences comme « le grand frère » des communes. Le maire restant l’échelon politique préféré des Français.

Les vice-présidents ont exposé leurs actions en faveur des communes.

« Un grand frère qui se consacre à accompagner et à aider les territoires », comme l’a dit Marc Gaudet. Ce ne sont pas que des mots, le département avait dans sa besace apporté un « bouquet de service audacieux », baptisé Cap Loiret. Deuxième cadeau, à tous les loirétains cette fois, un site internet revisité, Loiret.fr, plus maniable agréable et ergonomique que le précédent.

En plus des aides financières diverses aux communes, le Loiret leur propose avec Cap Loiret un « couteau suisse », une boite à outil, destinée à assister ces maires dans le montage l’élaboration et la conduite des projets, en terme d’ingénierie et de conseils. Et ce, dans tous les domaines de compétences des communes, réseaux, bâtiments, foncier, bibliothèques…Concrètement, cinq développeurs territoriaux (un par territoire) répondront en deux jours à la demande et organiseront leur mission en trois semaines vers les partenaires compétents.  

Ce qui est bon pour l’Orléanais…

Cette journée de samedi était consacrée à la « construction des synergies au service de nos territoires ». Alors, il était logique qu’Olivier Carré le président d’Orléans Métropole, la collectivité souvent accusée de monopoliser les moyens et le pouvoir territorial, s’exprime le premier sur ces équilibres difficiles à trouver dans les nouveaux schémas d’organisation territoriale. « Ce qui est bon pour l’Orléanais est bon pour le département », a lancé Olivier Carré aux maires ruraux.  Au passage, le maire d’Orléans a pris l’exemple de la désertification médicale pour démontrer que la métropole qui devrait avoir en terme démographique 130 médecins généralistes et qui n’en n’a que 70, connait les mêmes problèmes que les territoires ruraux.

L’autre « cadeau » offert aux maires du Loiret qui ont aussi entendu les vice-présidents départementaux  décliner les grands axes de leurs politiques à destination des communes à l’orée de 2018, a pris la forme d’un des meilleurs connaisseur de nos territoires, avec l’intervention de Dominique Bussereau.  

Bussereau sans langue de bois

Marc Gaudet, président du département du Loiret.

Président de l’ADF (Association des Départements de France), et des Charentes-Maritimes, l’ancien ministre qui a la réputation de parler cash sans langue de bois, a fait un brillant état des lieux de la décentralisation.  « Je suis d’accord avec le Chef de l’Etat, il faut maintenant stabiliser notre modèle de décentralisation sinon personne n’y comprendra plus  rien », a lancé Dominique Bussereau.

En délicatesse avec son parti les Républicains en raison des positions de Laurent Wauquiez, Dominique Bussereau a néanmoins réaffirmé son opposition à la suppression de la taxe d’habitation car il soupçonne que Bercy, au fil des ans, ne compensera pas complètement les finances locales.  Il s’est dit aussi opposé à la fusion envisagée des trois départements d’Ile-de-France, surtout en ce qui concerne la Seine-Saint-Denis au motif qu’on lui demande de  s’impliquer à fond dans l’organisation des JO, avant de le faire disparaître.  En revanche, le président de l’ADF n’est pas hostile « à ce que les départements fassent des choses à la carte comme le propose le Chef de l’Etat », les uns fusionnant leurs SDIS (pompiers), les autres mutualisant leur comité de tourisme ou même leur Direction des ressources humaines…

Et toujours les déserts médicaux et le tabou de la liberté d’installation

Dominique Bussereau.

Au fil des questions des maires, des dossiers  pressants comme la recentralisation du RSA, la couverture numériques en zone rurale  ont été abordés. Dommage que le temps ait manqué en revanche pour approfondir celui des déserts médicaux et de l’argent public parfois gaspillé dans l’aide à la construction des MSP (Maison de Santé Polyvalentes), avec la vraie question pertinente posée par le maire de jouy-le-Pothier, Gilles Billiot : « quand nos Parlementaires vont-ils se décider à imposer des médecins là où il y en a besoin ? ». Traduisez à remettre en cause la liberté d’installation, question posée en particulier à deux parlementaires médecins (élus ou candidats à leur réélection) présents, Stéphanie Rist et Jean-Pierre Door.  Et Dominique Bussereau, prudent a bien été obligé d’admettre que « ce que l’on fait aujourd’hui consiste à  mettre des cataplasmes ». Jusqu’à quand ?

Ch.B

 

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