Loiret : Le programme « HOPE », pour redonner de l’espoir aux réfugiés

Onze réfugiés accueillis dans les locaux de l’Afpa à Olivet entrent dans le programme « HOPE », Hébergement, orientation, parcours vers l’emploi. Avec les Organismes paritaires collecteurs agréés (Opca), Pôle Emploi, l’Office français de l’immigration et de l’intégration (Ofii), l’Afpa et le groupe d’hypermarchés Auchan, ces onze jeunes réfugiés vont tenter de s’intégrer en France par l’apprentissage du Français, et du travail, après bien des vicissitudes pour arriver jusqu’ici.


Samioula, Jahangir, Mohamed, Doghei, sont Soudanais, Afghans, Syriens. Ils sont jeunes, certains sont mariés et ont laissé femmes et enfants très loin d’ici ; ils possédaient un travail et une formation dans leur pays d’origine, qu’ils ont quitté, certains depuis 2003. Ils ont tous un point commun : ils sont arrivés en France il y a un ou deux ans, comme migrants, certains à la fin du mois d’octobre 2015. Ils sont passés par le CADA (Centre d’accueil des Demandeurs d’asile) de Pithiviers, Montargis, Ingré ou Saint-Jean-de-Braye au Prahada (Programme d’accueil et d’hébergement des demandeurs d’asile). Quatre viennent des CADA de Vierzon, Salbris, Blois et Nogent-le-Rotrou.

Cours de Français, et formation en alternance en entreprise

Chauffeur, serveur en restaurant, cuisinier, mécanicien auto : ils vont cependant tous suivre une formation en alternance au sein d’un hypermarché Auchan ou supermarché Simply, pour y apprendre un nouveau métier : employé commercial en magasin. C’est la première fois que le programme Hope (Hébergement, orientation, parcours vers l’emploi) est testé dans le Loiret. « Avant 2015, les délais de procédure étaient plus longs, pour obtenir le statut de réfugiés : de 18 mois à un an. Ils sont plus courts aujourd’hui » indique Nathalie Costenoble, secrétaire générale adjointe de la préfecture du Loiret.

37 personnes sont actuellement accueillies en région Centre-Val de Loire pour faire partie de ce programme Hope, dont 11 dans le Loiret. 700 réfugiés sont répartis dans les structures d’accueil de la région, dont 200 dans le Loiret. Mais tous ne bénéficient pas du programme HOPE. « Seules ceux qui ont vocation à s’installer et à s’intégrer sur le territoire vont entrer dans ce programme », insiste Nathalie Costenoble. Pendant trois mois, ces réfugiés suivront des cours de langue française, et ils seront sept mois en formation en alternance, une semaine en entreprise, une semaine à l’Afpa, où ils sont hébergés.

L’objectif : travailler, et s’intégrer

Pour le groupe Auchan, « c’est leur donner des possibilités d’insertion par l’emploi », explique Mme Beauchamp, du service RH de la marque. Tous sont dirigés par pôle Emploi principalement dans les secteurs où les métiers sont en tension, comme l’on dit. Ils toucheront entre 300 et 400 € par mois, argent principalement utilisé pour se déplacer, leurs horaires d’embauche – 4 heures du matin dans des hypermarchés éloignés de tout – ne permettant pas de se déplacer autrement qu’en vélo par exemple. dans chaque magasin, ils sont accompagnés par un tuteur qui leur apprend les ficelles du métier et comment se comporter avec la clientèle ; d’où l’importance de parler un minimum de Français à usage commercial.

« C’est un programme qui permet de sécuriser non seulement les parcours professionnels, mais aussi les parcours de vie des personnes. 1000 places du programme Hope sont proposées en France, la région Centre-Val de Loire en accueil 4 % », précise Valérie Girard, directrice régionale de l’Afpa pour le Loiret. Tous ces réfugiés sont arrivés seuls, la plupart par la Turquie, la Grèce, l’Allemagne ou la Libye, dans des conditions souvent dantesques. Étaient-ils en transit avant de rejoindre l’Angleterre, ou bien désireux de s’installer en France ? « Je suis passé par l’Allemagne, mais ici j’ai trouvé de meilleures conditions pour m’intégrer par le travail », explique Samioula, 23 ans, cuisinier afghan. « Je n’aurais pas imaginé que nous serions si bien accueillis et que les démarches seraient si rapide », ajoute-il.

Pas sûr qu’avec le durcissement des mesures récentes du ministre de l’Intérieur du Président Macron, on puisse encore dire ça dans quelques mois…

F.Sabourin.

 

Commentaires

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  1. Vont-ils leur apprendre, aussi, à respecter nos lois, notre drapeau, notre hymne, nos traditions, notre religion, notre mode de vie, etc..

  2. Ils ont “jeunes” car ils viennent de loin…Les voyages forment la jeunesse, c’est bien connu. Chez nous les jeunes partent à l’aventure avant de fonder une famille; chez eux c’est l’inverse…Si je traduis votre article en clair , je vois mieux le profil type du”jeune migrant ” : officiellement 17 ans et deux femmes et quelques enfants au pays…à quand un programme HOPE pour soutenir le moral des familles françaises qui se démènent pour élever au mieux leurs enfants?

  3. @Annick : vous ne voyez rien du tout. Ces jeunes sont loin de la caricature évoquée, aussi loin que les nombreuses épreuves traversées et combien plus de votre vision caricaturale bien confortablement installée derrière un petit bureau et un petit écran de réseaux sociaux… Quittez votre confort, passez deux ou trois ans à traverser la Turquie, la Méditerranée ou traversez la Libye, juste pour voir, et on en rediscute. (sans poser votre balluchon dans des hôtels 5 étoiles).

    • Mais, monsieur,en tant que contribuable, je paie autant que vous, les aides aux migrants, et les travailleurs sociaux payés pour les dorloter et les tuyauter sur leurs droits. Savez-vous que la moitié des français ne perçoivent pas les aides auxquelles ils auraient droit fautes de ces précieux conseils? Alors j’ai le droit de donner mon avis sur ce qui se passe en France et de ne pas me laisser berner par une charité de façade.

  4. La propagande culpabilisatrice nous le répète matin, midi et soir : ces hommes traumatisés fuient la guerre, et ont été confrontés à des scènes abominables. Et cela est naturellement notre devoir de les accueillir, et de leur ouvrir les bras. Certains français proches des centre d’hébergement expriment leur scepticisme sur cette version, voyant plutôt des jeunes ne paraissaient pas éprouvés par leur souffrance supposée, ,faisant la fête toute la journée, jouant au football ou passant leur temps avec leur portables .
    Si nos journalistes et politicards étaient un peu plus curieux, ils auraient pu s’interroger sur ce phénomène unique au monde. En général, en cas de guerre, ce sont les hommes les plus jeunes, qui défendent le pays et sa population. Ce sont eux qu’on envoie se battre contre les ennemis. .Les chiffres publiés par l’ONU indique que plus de 76 % des migrants arrivant en Europe sont des hommes seuls. Les femmes ne représentent que 13 % et les enfants 11 %.
    Il ne s’agit donc pas de familles fuyants les zones de combats, mais d’hommes seuls, souvent jeunes comme l’en atteste tous les reportages.Et ce n’est pas la photo présentée ici qui montre le contraire.

  5. Quand on lit ça:« Je suis passé par l’Allemagne, mais ici j’ai trouvé de meilleures conditions pour m’intégrer par le travail », explique Samioula, 23 ans, cuisinier afghan. « Je n’aurais pas imaginé que nous serions si bien accueillis et que les démarches seraient si rapide »; on a la confirmation de ce qui était prévisible: Merkel les a accueillis à bras ouverts et elle nous les a refilés; et pourtant ceux qui nous avaient mis en garde n’ont pas été entendus…

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