Elisabeth Roudinesco : une leçon de chose sur  la psychanalyse

  Dans « le dictionnaire amoureux de la  psychanalyse » , l’un des volumes de la collection éponyme des éditions Plon, Elisabeth Roudinesco « classe, réfléchit, distingue, nomme afin d’éclairer le lecteur sur la manière dont la psychanalyse s’est nourrie de littérature, de cinéma, de théâtre, de voyages et de mythologies pour devenir une culture universelle ».

On ne peut envisager mieux pour ouvrir la psychanalyse, ses fondements, ses arcanes et son histoire au grand public. Elisabeth Roudinesco, psychanalyste et historienne, est née dans la psychanalyse. Sa mère, Jenny Aubry était neuro-psychiatre et psychanalyste, sa tante était Louise Weiss. Elle a suivi les cours de Gilles Deleuze et pendant un an de Michel Foucault.

Le voyage de la psychanalyse

Sigmund Freud. @Wikipedia

En bonne historienne, Elisabeth Roudinesco nourrit ce qu’elle avance  de preuves glanées sur plusieurs continents ce qui nous conduit  en géographie. La psychanalyse est en effet une aventure mondiale  qui n’a cessé de voyager. Née à Vienne à l’aube du vingtième siècle, cette quête de l’inconscient, mise au monde par des Juifs de la Haskala  autour  de Sigmund Freud, fut « une révolution de l’intime sans nation ni frontière , héritière des Lumières (allemandes et françaises) et du romantisme , et fondée sur l’actualisation des grands mythes gréco-latins ».De  l’Autriche au Japon en passant par Berlin, Londres, Paris  Saint-Pétesbourg et New-York   pour ne citer   que quelques escales, la psychanalyse s’est adaptée au tempérament de chaque pays, jacobine en France, libérale en Angleterre, individualiste en Amérique du Nord,, teintée de multi-culturalisme  sur le continent Sud-Américain…..

Wolinski et Cabu (photo Paris-Match).

Elisabeth Roudinesco ne pontifie pas, elle explique, initie, met à la portée de tous un chacun  ce voyage multi-dimentionnel. A chaque étape, elle désigne un thème à approfondir parce que là comme   ailleurs il a nourri le thème exploré. L’amour, la littérature, le cinéma, la peinture, les guerres, la Résistance, l’Hypnose, l’enfance, les rebelles en général, et Wolinsky pour son humour parce que l’humour.

Diwan et divan

Un livre sur la psychanalyse, a plus forte raison un dictionnaire amoureux ne saurait faire l’impasse sur le divan qui « accueille en lui la splendeur du monde ». A l’origine en Orient,  le Diwan est une recueil de poésie avant de désigner une salle  garnie de coussins où l’on évoquait le cote des Mille et une nuits. Le premier divan de l’histoire psychanalytique fut offert à Freud par une dame. Avec le temps,,dans le monde entier,  le divan est devenu l’accessoire incontournable des cabinets de psychanalystes, un l’objet de modes et parfois de culte, un meuble dont la téléréalité s’est emparée.

Une mosaïque de groupes

Le divan de Marc-Olivier Fogiel. @France TV.

Après tant d’aventures et de voyages existe-t-il encore une seule et même communauté psychanalytique attachée à un même et unique récit des origines ? « Non, puisque l’on sait que la communauté des praticiens est désormais composée d’une extraordinaire mosaïque de groupes qui ne se fréquentent jamais localement tout en se réclamant chacun d’un courant internationalisé ». Il n’empêche que   la psychanalyse est devenue une composante majeure de la culture populaire, politique et médiatique du monde contemporain. Le livre d’ Elisabeth Roudinesco en apporte la preuve et en donne l’explication.

 F.C.

 « Dictionnaire amoureux de la Psychanalyse »

 Elisabeth Roudinesco

 Plon, 600 pages 24 euros

 

 

 

Commentaires

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  1. Mme Roudinesco note que “la communauté des praticiens est désormais composée d’une extraordinaire mosaïque de groupes qui ne se fréquentent jamais localement”. La raison en est qu’il n’y a guère de critères solides pour valider une interprétation ni une théorie psychanalytique. Les psychanalyses constituent un capharnaüm. Pour des détails:
    http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article1538

  2. Le problème, c’est que l’on a voulu nous faire croire que la psychanalyse est (aussi) une thérapeutique. Sur ce point, les psychanalystes ont toujours refusé de se soumettre à l’étude scientifique.
    Il reste que l’on trouve des gens satisfaits de leur psychanalyse, comme on en trouve qui sont satisfaits de l’étude de leur thème astral…

  3. Cette pseudo science est née dans un milieu bourgeois pervers à tendances pédophiles et incestueuses; pour tenter de masquer les dégâts causés par des pratiques sexuelles “propres” à ces milieux.La tentative de généralisation de cette pseudo science au sein d’une population aux mœurs “conventionnelles” a finalement échoué.

  4. Je citerais simplement cette phrase de Lacan qui éclaire sur les êtres parlant que nous sommes si bien sûr l’on se réfère à l’enseignement de celui-ci “Seul l’amour permet à la jouissance de condescendre au désir”

  5. A l’attention de Md Collange:
    en pensant comme vous le faîtes les choses sont simples, et vous devriez même élargir le résultat de vos réflexions aux (pêle-mêle:) milieux prolétariens, paysans, artistiques… et pourquoi pas aux africains, asiatiques, indiens … ou encore à ceux qui mettent d’abord le vinaigre avant l’huile pour la vinaigrette alors que conventionnellement on met d’abord l’huile, non ?
    vous qui n’êtes pas née dans un milieu à tendances pédophiles et incestueuses, qui avez donc des pratiques sexuelles saines (merci de nous en préciser le(s) mode(s)) ,qui êtes une personne aux moeurs conventionnelles (merci là aussi de préciser ce que signifie conventionnel) devrait avoir une fonction municipale, régionale, nationale voir internationale pour imposer un ordre moral où la pratique de l’analyse entre autre (avec les juifs, les homo, les tziganes, les gens de”couleur”…) serait interdite et pour l’éradiquer seraient éliminés celles et ceux qui s’y adonnent .
    Malheureusement pour vous et heureusement pour l’immense majorité de nos semblables cela a été tenté et pas seulement par les nazis et a échoué ! ,.

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