Michel Delpech est au ciel, et il a son espace dédié dans le Loir-et-Cher

Le chanteur, décédé le 2 janvier 2016 a désormais un lieu dédié à sa mémoire à la mesure du succès obtenu avec la chanson « le Loir-et-Cher ». Il s’agit de l’Espace Michel-Delpech, dans le cloître de l’hôtel du Département.

« Ma famille habite dans le Loir-et-Cher, ces gens-là ne font pas de manière ». Été 1977. En quelques mois, la célèbre chanson de Michel Delpech devient un tube. « Le public, qui ne se trompe jamais, y a entendu la sincérité d’un homme partagé entre le succès et ses racines », dira jeudi 1er février son plus grand fan dans le département : Maurice Leroy. C’est lui qui, dès janvier 2016 quelques jours après sa mort, avait annoncé qu’un espace lui serait dédié au Conseil départemental. Deux ans plus tard, et en présence de sa femme Geneviève et son fils Pierre, de Michel Audiard sculpteur régional et de Michel Pelay, compositeur d’une quarantaine de ses chansons – dont celle-ci – c’est chose faite : Nicolas Perruchot, président du Conseil départemental, et Maurice Leroy ont officiellement inauguré en présence d’une foule d’invités le lieu dédié au plus célèbre des Loir-et-Chériens.

“On parle du Loir-et-Cher depuis 40 ans grâce à lui”

Originaire de Dhuizon, Michel Delpech commence sa carrière à la fin des années 60, et trouve avec Le Loir-et-Cher un tube qui, à l’époque et pendant longtemps, ne fera pourtant pas toujours sourire tant que ça les habitants du cru, parfois un brin susceptibles. N’en déplaise à Maurice Leroy qui évoque « un malentendu sur l’ironie supposée de ses paroles, mais ce sont sûrement des esprits chagrins », le refrain « on dirait qu’ça t’gêne de marcher dans la boue » va coller aux semelles des Loir-et-Chériens aussi sûrement que le sparadrap du capitaine Haddock… Qu’à cela ne tienne. Le temps fait son œuvre, et si la boue est toujours-là, elle n’englue que les péquenauds qui veulent bien s’y laisser prendre, et n’ont pas leurs bottes dans le coffre de leur voiture – les imprudents ! « On parle du Loir-et-Cher depuis 40 ans grâce à lui », témoigne Nicolas Perruchot, qui en connaît lui aussi un rayon question terre mouillée qui colle aux bottes…

Geneviève Delpech.

« Je voudrais pouvoir engueuler ces anges qui t’ont voulu dans leur chorale », dira avec beaucoup d’émotion contenue et très dignement sa femme, Geneviève, lors de l’inauguration de l’Espace Michel-Delpech. « Tu vivais dans une éternelle détresse, une mélancolie chronique. Le reste est dans l’indicible et dans la souffrance de l’absence ». Michel Pelay, son compositeur, ajoutera une anecdote sur la fameuse chanson, racontant qu’après avoir composé la musique « en une demi heure et à partir de deux phrases données par Michel, celle du début et celle du refrain où il parle de marcher dans la boue », Michel Delpech, qui hésitait souvent dira : « ça, c’est pas pour moi ». Il l’enregistrera quand même, faisant taire une petite phrase de Jules Renard dont Michel Pelay rappela combien elle lui allait bien : « Une fois que j’ai pris ma décision, j’hésite longuement ».
Aucun doute possible : Michel Delpech était bien Loir-et-Chérien.

F.Sabourin.

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