Première rencontre régionale de l’élevage à Vierzon

Faut-il encore tuer des animaux pour se nourrir ? Telle était l’une des questions posées lors du premier colloque régional qui regroupait les cinq interprofessions des filières Élevage, Viandes et Lait des six départements du Centre-Val de Loire. Plus d’une centaine de participants ont été recensés lors de cette journée consacrée aux « enjeux sociétaux ».  

« Les filières viandes et lait sont dans une tornade médiatique depuis quelques années, sur des problématiques environnementales, de bien-être animal… Le phénomène s’est amplifié et a marqué le grand public depuis 2015 avec les vidéos de l’association L214. »

La Capriceuse, une boisson alcolisée à base de laite de chèvre, l’est des derniesr dérivés de production de la filière caprine

C’est par ces lignes que débute le communiqué du Criavi, le Conseil Régional Interprofessionnel AVIcole, qui regroupe les filières porcs, viandes blanches de la région Centre-Val de Loire, invitant ses adhérents au colloque régional qui se déroulait en cette fin de semaine, au Centre de conférence de Vierzon. Une démarche que le Berrichon Franck Moreau, éleveur à Saint-Hilaire en Lignières, dans le Cher, président du Centre régional interprofessionnel de l’économie laitière caprine (CRIEL) juge nécessaire pour comprendre comment se créent les crises, et comment « nous pouvons nous approprier les différents sujets de sociétés qui nous concernent actuellement ».

Deux spécialistes pour cibler les problèmes

Pour lui, et une bonne partie des représentants des cinq filières qui ont assisté et dialogué avec deux intervenants, spécialiste en cindynique ( science du risque et de sa gestion)  Annie Clerc de Marco et une éthologue (science qui étudie le comportement des espèces animales, incluant l’humain, y compris dans leur milieu naturel) Aurélia Warin, le débat a pris de l’ampleur dans les médias et chez les consommateurs sur plusieurs questions qui impliquent directement les agriculteurs : manger de la viande est-il bon pour la santé ? Faut-il encore tuer des animaux pour se nourrir ? En mangeant les animaux encourageons-nous la maltraitance animale et la destruction de l’environnement ?

Aurelia Watrin et Annie Clerc de Marco

Un questionnement qui n’avait, pour l’heure, pas été vraiment une nécessité pour les premiers de la chaîne, les éleveurs. Selon eux, ils sont déstabilisés et perdus face à autant d’agressivité, ne comprennent pas forcément les questionnements de la société et ne savent plus comment s’exprimer. Beaucoup d’interlocuteurs prennent part au débat, tant sur les réseaux sociaux que dans des interventions dans les médias.

Qu’ils soient sociologues, philosophes, chercheurs, politiciens, élus, associations, célébrités… chacun veut s’exprimer sur le sujet alors que les éleveurs, pourtant très concernés, sont un peu les parents pauvres de ces discussions. Surtout en cette période où divers mouvements sont très actifs et trouvent des échos favorables dans la bien-pensance de la pensée unique.

Reconstruire un lien avec le consommateur

C’est à partir de ce contexte que les cinq interprofessions régionales des filières Élevage, Viandes et Lait, se sont donc unies pour organiser une journée de réflexion et d’échanges sur ces enjeux sociétaux. Les objectifs déclarés sont multiples : « comprendre les interrogations de la société pour restaurer la légitimité de l’élevage français, rassurer les éleveurs du Centre – Val de Loire et leur faire prendre conscience de l’enjeu de se saisir des problématiques sociétales. L’élevage de demain ne pourra pas se faire sans répondre aux attentes des consommateurs, qui sont en forte évolution, et les filières doivent reprendre l’initiative et la parole. »

Les vidéos de l’association L214, dans les abattoirs notamment ont fortement marqué les esprits du grand public et être associé à ces images pénalise l’ensemble des filières. Franck Moreau explique ainsi que « pour nous le bien être de l’animal fait partie de notre quotidien. C’est un véritable désespoir que l’on puisse penser le contraire. Il devient important que l’on s’approprie ce type de sujets. C’est à nous d’être exigeants avec nos différents maillons de la chaîne mais il faut aussi reconstruire un lien avec le consommateur ! Il s’est accaparé l’acte alimentaire certes mais il faut qu’il comprenne du très bon à pas cher, on ne sait pas le faire. Par contre, si on prend réellement en compte les coûts de production on peut très bien avoir, avec une augmentation de 15 % à la base, constater une augmentation de seulement 1 à 2 % sur le prix final …  »

Franck Moreau valide complètement, il est loin d’être le seul, l’idée des mutations des diverses professions. Par contre, ces professionnels, s’il veulent faire bouger les lignes, sont conscient qu’il existe une décalage entre les demandes extérieures et leurs capacités d’actions : «  Les mutations ne se font qu’en temps long alors qu’on nous demande de le faire en temps court … »

Fabrice Simoes

Commentaires

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  1. Pour ce qui me concerne, ce n’est pas une question de communication… (si j’ai bien compris ce que disent ces personnes), mais une question d’éthique : nous ne devons plus consommer de produits animaux, car ils ne nous sont pas nécessaires pour bien se porter, et les animaux sont des êtres sensibles, qui veulent vivre, tout comme nous qui sommes également des animaux ! Donc, arrêtons de nous manger entre animaux !!!

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