Mardi gras : les orléanais vont-ils se défiler ?

Débuté le 6 janvier avec la Krewe « Jeanne d’arc », le carnaval de la Nouvelle-Orléans se termine en apothéose ce 13 février, jour de Mardi Gras. Fera-t-il école dans sa ville jumelle ligérienne ? D’aucuns attendent, amusés, de voir s’il y aura du monde aux balcons dans la capitale régionale pour faire monter la température.

Mardi Gras dans le quartier français de New Orleans (AP Photo/Jonathan Bachman)

Mardi gras, t’en-va-pas. Ou, plutôt, reviens vite ! Pourraient chanter en chœur les enfants et adultes nostalgiques de la capitale régionale, au regard de ce qui se fait ailleurs encore, en 2018, sur un mode pas toujours très sage. Les récents rapprochement avec la ville de la Nouvelle-Orléans suscitent même quelques lumières égrillardes dans les yeux de quelques connaisseurs. Car le carnaval de la Nouvelle-Orléans se targue d’être l’un des plus réputés au monde, avec ceux de Rio de Janeiro et de Venise, rassemblant chaque année plusieurs centaines de milliers de personnes. En France, les plus réputés sont ceux de Nice et Dunkerque, eux aussi en février, ou, aux Antilles, ceux de Guadeloupe, de début janvier au 13 février, comme à la Nouvelle-Orléans.

 Des festivités ligériennes plus prudes

Plus près de nous, après le carnaval de Jargeau (11 et 18 février), il faudra attendre celui de Montargis en mars prochain. Un rendez-vous habituel pour la « petite Venise du gâtinais » qui a même généré la création d’une association, « Les vénitiens du Gâtinais », dont les membres offrent à la parade leurs costumes typiquement…transalpins. Et d’aucuns nostalgiques auront peut-être encore en tête celui qui, à la fin des années 70, paradait aussi en mars dans les rues de Saint-Jean de la Ruelle, amenant dans l’agglo de l’époque une animation différente des traditionnelles fêtes de Jeanne d’Arc. Mais, avouons-le, pour quelques spécialistes pointus de ces festivités aussi païennes qu’inspirées par la religion chrétienne, nos pratiques ligériennes voire hexagonales sont bien calmes et prudes au regard de l’esprit initial de cette fête, et de sa pratique en d’autres contrées, ne serait-ce qu’outre-rhin, à Munich.

A la Nouvelle Orléans, le 6 janvier, « …La parade Jeanne d’arc est un défilé pour célébrer l’anniversaire et l’Épiphanie de la Sainte Jeanne d’arc. La procession est inspirée par l’histoire de Jeanne d’Arc qui, en France dans les années 1400, a libéré les citoyens d’Orléans, du siège britannique. Les amateurs de parade y sont souvent vêtus d’or, se partageant de nombreuses galettes des rois… », expliquent les brochures officielles. Un début de festivités bien calme au regard du final, et surtout du Mardi Gras, cette année le 13 février, où de toutes autres excentricités marquent à l’envi le besoin de s’extérioriser avant l’entrée en Carême.

Ces orléanais d’outre Atlantique se souviennent que ce sont des français qui ont apporté cette tradition dans leur ville, et c’est logiquement dans son quartier français, avec débordements réguliers sur Bourbon Street, que se perpétue pendant les dernières 24 heures une étrange coutume, le « tits flashing day ». Une tradition invitant les personnes de sexe féminin, de tous âges, à montrer leur poitrine, en échange de colliers de perles ou gobelets multicolores (beads) savamment monnayés.

Certes, en ce Mardi Gras 2018, pour pratiquer ce rite, les 20° annoncés à la Nouvelle Orléans seront certainement beaucoup plus attractifs que les quelques degrés autour du zéro promis le même jour à Orléans. Mais il ne semble pas que ce soit la seule raison. En fait, la seule parade officiellement annoncée prochainement dans la ville est la célébration du nouvel an chinois, samedi 17 février, peu associée à de tels débordements. Et pour celle des prochaines Fêtes de Jeanne d’Arc, en mai prochain, où est attendue une délégation de la jumelle louisianaise, les écarts carnavalesques n’auront plus lieu d’être même si, voilà quelques années, la tribune officielle avait eu droit aux postérieurs des musiciens écossais fort heureux de montrer qu’ils ne portaient rien sous leurs kilts.

Cela ne peut que rassurer les animatrices de la toute récente association des anciennes Jeanne d’Arc. Mais il est vrai qu’avec une armure, l’affaire ne serait pas aisée de montrer furtivement sa poitrine, même en échange d’un collier de perles…

Jean-Luc Bouland.

Plus d’infos : http://www.mardigrasneworleans.com .

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