Ricardo Ribeiro, la voix du fado à Orléans

Ce dimanche après midi, la Scène Nationale d’Orléans présentait un récital de Ricardo Ribeiro, “la star montante du fado” comme le qualifie Télérama. Et le public de la salle Barrault ne fut pas déçu par la voix puissante à la tessiture un peu rugueuse de ce chanteur à la timidité chaleureuse qui nous plonge instantanément dans l’émotion du fado, cette “saudade”,  mélancolie fataliste si propre à cette forme de chant et à l’âme portugaise.

Ricardo Ribeiro

“Le fado, c’est la fatigue de l’âme forte, le regard de mépris du Portugal vers le Dieu en qui il a cru et qui l’a aussi abandonné.
Fernando Pessoa, “Le fado et l’âme portugaise”

Alors faut-il plonger dans la tristesse pour que le fado soit bon ?.. et bien non, avec son subtil jeu vocal, Ricardo Ribeiro nous promène sur cette ligne de crête escarpée entre regrets et bonheur, enchainant habilement des chants d’une nostalgie prégnante avec des balades plus légères où les trois guitares qui l’accompagnent, retrouvent le soleil lusitanien. Et même si les paroles nous restent une mystérieuse mélopée, où le chant prend parfois la forme d’un cri modulé, la communion du public est totale avec ce chanteur au grand corps (il a beaucoup maigri depuis la photo !) et à la gestuelle sobre qui nous ouvre les mains comme pour mieux partager le poids de son émotion, de ce destin humain chanté avec humilité, mais peu importe les mots, son cœur parle à nos cœurs comme le dit Ricardo Ribeiro, s’excusant de ne pas maitriser notre langue…

Et puis comment (et pourquoi ?) résister à l’envahissement de la beauté des larmes quant au rappel, Ricardo Ribeiro entame de sa voix profonde comme un au-delà, le poème de Verlaine:

“Les sanglots longs
Des violons
De l’automne
Blessent mon cœur
D’une langueur
Monotone…”

Une émotion rare !

Gérard Poitou

Ricardo Ribeiro
Guitare portugaise José Manuel Neto
Guitare classique Carlos Manuel Proença
Guitare acoustique Daniel Pinto

Dimanche 11 février 17h
Salle Barrault
https://www.scenenationaledorleans.fr/

 

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    • Les sanglots longs
      Des violons
      De l’automne
      Blessent mon cœur
      D’une langueur
      Monotone.

      Tout suffocant
      Et blême, quand
      Sonne l’heure,
      Je me souviens
      Des jours anciens
      Et je pleure

      Et je m’en vais
      Au vent mauvais
      Qui m’emporte
      Deçà, delà,
      Pareil à la
      feuille morte

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