Concours International de Piano d’Orléans: J-21

Le Concours International de Piano d’Orléans approche à grands pas puisque les épreuves débuteront le 8 mars prochain et la finale clôturera l’événement le dimanche 18 mars à la salle Barrault du Théâtre. C’était donc, ce jeudi, la conférence de presse de présentation de cet événement de la musique contemporaine, animée par sa directrice Isabella Vasilotta, conférence de présentation qui se déroulait au FRAC, haut lieu de l’architecture contemporaine.

Abdelkader Damani (FRAC) et Isabella Vasilotta (OCI)

“Au cœur de l’oblique”

Et quoi de plus normal que ces deux institutions de la création contemporaine se rencontrent puisque cette année l’œuvre imposée aux finalistes écrite par le compositeur Hector Parra, et intitulée “Au cœur de l’oblique” est directement inspirée du travail de l’architecte Claude Parent, exposé au FRAC, l’affiche de cette treizième édition du concours en témoigne !

“La composition de l’œuvre pour piano “Au cœur de l’oblique découle de la nécessité de mettre en question quelques-uns des principes les plus intimes et essentiels de ce que nous pourrions appeler l’architecture musicale au moyen d’un contact esthétique fort et direct avec l’œuvre d’un architecte aussi fondamental, utopique et inventeur de nouvelles formes que Claude Parent”
Hector Parra

Et le concours…

Mais, bien sûr, avant la découverte de cette œuvre lors de la finale, le concours nous promet déjà d’autres grands moments musicaux avec les épreuves où quarante deux candidat(e)s venus de quinze pays donneront le meilleur d’eux mêmes devant un jury international prestigieux, dans cette discipline ô combien exigeante qu’est le piano, et tous rêveront du destin des nombreux lauréats pour lesquels le concours d’Orléans fut un tournant décisif de leur carrière.

…et ses boni

Le concours 2018 propose aussi de nombreux événements dans un souci pédagogique de mieux faire comprendre et apprécier la création pianistique contemporaine: chaque proclamation de résultats sera accompagnée d’une conférence ou d’une rencontre, deux récitals de lauréat seront proposées ainsi que des rencontres pédagogiques ouvertes au public sans oublier quatre expositions qui illustreront la vie de du piano contemporain.

GP

Le programme complet du concours 2018

Exposition « A l’écoute de pianistes inouïs »

Parallèlement aux  épreuves du Concours International de piano, Orléans Concours International proposera, dans la grande et spatiale salle du XXe siècle du musée des Beaux-Arts d’Orléans,  l’exposition « A l’écoute de pianistes inouïs », une déambulation musicale célébrant la production discographique d’Orléans Concours International de 1994 à 2018.

De Fabio Grasso à Takuya Otaki

Après la publication du Piano dans tous ses éclats qui relate l’histoire du Concours international de piano et du Concours Brin d’herbe,  cette exposition met en valeur en quelque vingt kakemonos, avec flashcodes et coupoles sonores, les CD de chacun des lauréats du Prix Blanche Selva.

Ce parcours de mémoire de la musique de 1900 à nos jours, part du disque Busoni de Fabio Grasso à  « Bartok et la virtuosité », opus de Takuya Otaki, artiste qui vient à son tour d’enthousiasmer les mélomanes et la critique spécialisée. Les labels Sisyphe, Tessitures, Solstices, Abeille musique et L’Empreinte digitale ont été les principaux partenaires de cette aventure.

Carte de visite et sésame essentiel

Chaque CD était un prix offert par le concours, véritable geste et de soutien, carte de visite offerte pour permettre au musicien de se faire connaître du monde musical international. La plupart de ces disques a été enregistrée à Orléans, au Théâtre, à la Salle de l’Institut, même à la collégiale Saint-Pierre-le Puellier. Mais aussi à Vouzon (41) ou à Olivet.

 Pour pratiquement chaque disque,  Françoise Thinat,  fondatrice du concours et présidente d’honneur de l’association, a été la directrice artistique de l’enregistrement. C’est ainsi que chaque panneau s’ouvre sur un mot de cette grande dame sous la forme d’une mise en perspective  qui éclaire l’œuvre et le jeu de l’interprète.

Dans cette exposition, qui s’appuie sur les textes  des livrets de CD, notamment ceux de Mehdi Idir, il sera rappelé combien,  lors des enregistrements qui se déroulaient nuit et jour,   artistes et  directrice artistique se passionnaient avec des ingénieurs du son tels que Michel Brunault directeur technique de Radio France Orléans puis de France Bleu Orléans, et de  Bertrand Stasi. Leur témoignage aura été requis.

Patrimoine musical de notre temps

Interprètes du patrimoine musical de notre temps,  Takuya Otaki, Imri Talgam, Christopher Guzman,  Andrew Zhou, Christopher Falzone, Florence Cioccolani, Wilhem Latchoumia, Francesco Tristano Schlime, Winston Choi, Saori Mizumura, Toros Can , Ami Fujiwara, Fabio Grasso, tous Prix Blanche Selva, se succèdent au clavier.

Bartok, Stockhausen, Ligeti, Lenot, Nancarrow, Kagel, Furrer, Enesco, Jolivet sont quelques- uns des compositeurs à retrouver et à découvrir  sur cette grande partition visuelle et sonore.

Par ailleurs, animé d’un constant esprit d’ouverture,  Orléans Concours a toujours tenu à participer à l’enregistrement d’interprètes qu’il a rencontrés, contribué à révéler lors du concours et qu’il estime. C’est pourquoi l’exposition évoque le travail de  Yusuke Ishii (Jacques Lenot, André  Jolivet), d’Aline Piboule (Gabriel Fauré, Henri Dutilleux), Yejin Gil (Moussorgski et « Fulgurances ») Toros Can (Crumb et Hindemith), Thomas Hell (Max Reger et  Schumann).

Interprètes et compositeurs d’un même élan

Enfin, cet ensemble reflète les liens qui se sont tissés lors du concours et l’on retrouvera ainsi des hommages de compositeurs adressés aux interprètes, notamment ceux  de Yevgeni Sharlat pour Christopher Falzone, d’Unsuk Chin pour Yejin Gil, de Jacques Lenot pour Yusuke Ishii.

Pour mémoire, Pierre Jodlowski avait quant à lui composé en 2006 Série Noire, pièce imposée du concours que remporta Wilhem Latchoumia. Dans le disque de ce dernier, « Piano & Electric Sounds », on retrouvera cette fois « Série blanche », nouvelle œuvre cette fois résolument dédiée au pianiste. Pierre Jodlowski s’en explique dans des lignes qui font joliment sens: « Dans les trajectoires humaines et artistiques qui jalonnent les parcours d’un compositeur, la rencontre avec un interprète est parfois l’occasion d’une intensité rare, d’une connivence qui peut donner à une œuvre sa seule raison d’être. »

« Verba volant, scripta manent, les paroles s’envolent, les écrits restent. L’artiste imprime ici un véritable tableau en devenir et nous ouvre les portes au monde des compositeurs.  » Tels sont  les mots d’Isabella Vasilotta, passionnante, brillante et scintillante directrice artistique d’Orléans Concours International.

Jean-Dominique Burtin.

Exposition « A l’écoute de pianistes inouïs »,
Musée des Beaux-Arts d’Orléans. Du 8 au 18 mars 2018.

 

 






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