Roger Toulouse : « Une création novatrice inscrite dans son siècle ».

A l’occasion du centenaire de la naissance de Roger Toulouse, peintre, sculpteur, illustrateur et poète orléanais (1918-1994), l’association des Amis de Roger Toulouse et la Ville d’Orléans organisent en précieux comme respectueux partenariat, une importante rétrospective des œuvres de l’artiste. Tout se déroule au Théâtre d’Orléans dont les futurs jardin du parvis du théâtre accueilleront, à l’automne prochain, comme le souligne Olivier Carré, maire de la cité, la sculpture « La volonté humaine ».

Abel Moittié

En loggia du Théâtre d’Orléans, à deux pas duquel figure déjà sur les mails la sculpture colorée « Hommage-Lavoisier », ce sont en fait quatre-vingt peintures, cinquante dessins, dix sculptures qui figurent dans ce vaste et bel accrochage . Quarante-quatre lots  proviennent du Musée des Beaux-arts d’Orléans et,  tout le reste,  de collections particulières de trente amateurs d’art. 

Un parcours sensible , mouvant et chatoyant

Dans ce parcours sensible,  allant de la première œuvre, « L’église de Semoy «  (1933) à la dernière,  « Le Hublot » (1994), le visiteur est invité à découvrir le cheminement d’une vie via six grandes périodes d’expression : le style personnel qui commence de s’affirmer de 1933 à 1943 ; les années d’après guerre marquées par l’émotion de la rencontre avec Max Jacob,  choc émotionnel qui donne naissance à la révolte des couleurs; la minutie du geste de 1952 à 1959 ; les figures du triangle de 1960 à 1971 ; le vocabulaire architecturé de 1972 à 1988 ; la belle période blanche de 1989 à 1994.

Telles sont les lignes directrices de cette exposition qui se défend d’être, documents explicatifs sur catalogue  à l’appui, quelque chose de savant. Purement et simplement,cette manifestation  n’entend qu’inviter chacun à la découverte, à la compréhension de l’œuvre,  et à entrer dans la personnalité de l’homme,  témoin de son temps qui appréhende, entrevoit,  et craint l’avenir qui s’annonce.

Séduisantes correspondances aux cimaises

Remarquable est dans cette exposition la volonté de faire se côtoyer les dessins préparatoires et les œuvres définitives, de  révéler avec malice un Roger Toulouse, à la fois puissant et fragile, toujours habité,  charnel, vivant et amoureux.

Jean Louis Gautreu

Place ici aux couleurs sonores, vibrantes ou assagies, aux portraits, aux rouages de la froide industrie, à l’évocation lapidaire de l’homme dans toute sa difficulté d’être, au déchirement des formes. Très joli comme touchant est  aussi cet intime hommage rendu au cercle familier que peuplent les présences  de  Marguerite Toulouse, épouse de l’artiste,  et des poètes René Guy Cadou et Max Jacob.  Place encore et entre autres, offerts aux regards , à ces belles et prenantes  œuvres que sont “Femme et enfant “(1937), « La Madone » (1937),  “Visage et fauve” (1972), « Solitude » (1990).

Par ailleurs, belle idée que d’avoir tenu à présenter,  parmi toutes les œuvres intactes ou restaurées, la photographie  de « La Pologne étranglée »,  toile composée suite à l’attaque de la Pologne par les troupes allemandes en 1939. Magique est encore la présentation, dans une atmosphère à la Cocteau du film “La Belle et la bête”, des plâtres des mascarons figurant aujourd’hui aux frontons des fenêtres de l’Hôtel de Ville et de celles du Musée des Beaux-Arts d’Orléans.

Bref,  voici une magnifique exposition, une invitation à monter à bord de l’histoire de l’art et de celle d’un artiste ouvert aux courants artistiques de son temps tout en sachant,  avec âme et espoir, dans son atelier du quai Saint-Laurent, œuvrer à une parole personnelle empreinte d’humanité.

Jean-Dominique Burtin.

Roger Toulouse (1918-1994), « Une création novatrice inscrite dans son siècle ».
Galerie du Théâtre d’Orléans. Du 17 février au 18 mars 2018.
Du mardi au samedi, de 13 heures à 19 heures, et les soirs de spectacle, jusqu’à 23 heures. Œuvre figurant sur l’affiche : Portrait de paysan (1946).

En savoir plus : www.roger-toulouse.com

Paroles et témoignages de partenaires

Abel Moittié, président des Amis de Roger Toulouse: « Voila près de vingt-cinq ans que tu as déposé ta palette ! Pourtant tu restes au premier rang dans l’esprit et le cœur de tes amis. Ces Amis majuscules sont aujourd’hui plus nombreux qu’hier. Beaucoup d’entre eux ne t’ont pas connu personnellement, et tu peux comprendre qu’ils aient une relation vierge d’affect envers l’homme que tu étais. Mais tu dois te réjouir de voir leur attachement sincère à l’artiste Toulouse, à son oeuvre, ton œuvre, qu’ils ont rencontrée, qui les a émus, et qu’ils aiment pour elle-même, pour son sens et sa beauté, son éthique et son esthétique, ses dimensions universelles et intemporelles » 

Jean-Louis Gautreau, vice-président de l’association : « RogerToulouse apparait moderne, tant pour ses recherches esthétiques, que pour le sens du message qu’il s’est évertué à nous transmettre. Sa réflexion sur le monde contemporain, la place de la nature, et la responsabilité de l’homme dans la qualité du monde à venir, reste d’actualité, et lui confère une dimension humaniste. Ce qui m’a toujours faciné chez cet artiste, c’est cet acharnement vital à peindre et créer chaque jour, c’est cette recherche permanente qu’il a poursuivie jusqu’à son dernier souffle, en quête de quelque-chose qui le maintenait en vie ».

Olivier Carré, maire de la cité : « La méditation de cet homme sur le monde continue à avoir un tel sens aujourd’hui qu’il est essentiel de faire connaître son œuvre, non seulement auprès de son public de cœur, les Orléanais, à qui il fut constamment fidèle, mais aussi de faire rayonner toute la puissance de sa créativité bien au-delà d’Orléans. C’est notre devoir. »

Olivia Voisin, directrice du Musée des Beaux-Arts d’Orléans : « C’est un grand honneur pour les musées d’Orléans de s’associer à la postérité d’un artiste inscrit au cœur de l’histoire des arts de notre cité, aux côtés de ceux qui, tel Alexandre Antigna, ont inscrit Orléans parmi les terres d’art où naissent des artistes dont le rayonnement, par leurs belles carrières, fait résonner le nom de notre ville ».

http://www.roger-toulouse.com/

 

 

 

Commentaires

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  1. On peut ajouter qu’il fut aussi professeur d’Arts plastiques à l’école normale d’instituteurs d’Orléans, rue du Faubourg Bourgogne.
    Tous les instituteurs passés par l’ENG, aujourd’hui la plupart en retraite, l’ont bien connu.

    • Bien sûr, cher Monsieur, et nous ne manquons jamais de la dire et de l’écrire nous-mêmes.
      La République du Centre consacrera un grand article à Roger Toulouse la semaine prochaine.
      Vous devriez y retrouver mention de ce métier de pédagogue. Il y fut très attaché, comme à ses élèves avec lesquels il eut la plupart du temps de bons et chaleureux rapports.

  2. Kadu
    Roger Toulouse etait pour moi , amateur d’art de photos, de litterature etc , une enorme enigme …. depuis hier il me parle haut et fort….
    il suffisait d’avoir le sesame pour penetrer son grand oeuvre,,
    merci à tous ceux qui , hier , lors du vernissage, ont su me l ‘offrir…superbe cadeau.. à savourer!

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