Retirer des espèces en passant à la caisse d’une boutique

  Ce n’est pas une fausse nouvelle juste une anticipation. A partir d’août 2019, selon toute vraisemblance, on pourra en passant à la caisse obtenir du liquide à condition de payer par carte. Commerçants et supermarchés volontaires ajouteront à leur vaste savoir-faire  la fonction de distributeurs de billets. Il suffira de leur demander d’enregistrer plus que le montant de votre panier ou de votre caddy pour qu’ils vous  donnent la différence. Exemple : je fais 25€ d’achats et je demande un enregistrement de 100 € à débiter sur ma carte. Le commerçant ou l’hôtesse de caisse me donne 75€ en liquide.

 Voté récemment à l’Assemblée nationale, soutenu par son rapporteur, Nadia Hai, député LREM des Yvelines, ce texte est actuellement à l’étude au Sénat. Albéric de Montgolfier, sénateur LR d’Eure-et-Loir en est le rapporteur.

 L’étude et l’autorisation probable  par le parlement  de   ce retrait en caisse d’espèces sonnantes et trébuchantes, que les Anglo-Saxons  appellent « Cashback » et qu’ils pratiquent déjà, intervient dans le cadre de la transposition d’une directive européenne concernant les services de paiement dans le marché intérieur.

    Bien accueilli mais avec des réserves

Albéric de Montgolfier (LR-Eure-et-Loir).

 A l’initiative du Crédit Agricole, depuis 1988, dans la ruralité certains magasins rendent déjà ce service aux clients de la banque verte.   Avec l’entrée en vigueur de cette loi  ce service pourra être étendu à tous si les commerçants en sont d’accord.  Vanik Berbérian,  président de l’Association des maires ruraux ne voit là «  qu’un dépannage à ne pas confondre avec aménagement du territoire ». En commission des finances , Albéric de Montgolfier a souhaité « la mise en place d’un seuil afin d’éviter des échanges d’espèces totalement disproportionnés par rapport aux transactions réelles intervenant en même temps que la mise à disposition de l’argent liquide ».

 La grande distribution  se déclare très favorable à ce mode de dépannage. Certains commerçants aussi, « c’est autant d’espèces en moins en caisse et à manipuler », disent-ils. Les banques qui alimentent  nos 55 000 distributeurs automatiques de billets sont beaucoup plus réticentes. « Si les distributeurs automatiques sont moins fréquentés, nous adapterons  notre réseau », annoncent-elles autrement dit elles en diminueront le nombre dont l’approvisionnement coûte cher.

 Aussi Albéric de Montgolfier demande-t-il que par voie règlementaire ce service soit encadré  et sécurisé.    « Historiquement, le cashback est interdit en France, et réservé aux établissements de crédit. Dès lors qu’il est autorisé, les acteurs souhaitant développer ce type de service ont besoin d’un cadre règlementaire », a-t-il déclaré.

 F.C.

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