Délinquance en Loir-et-Cher : un peu moins en ville, un peu plus dans les champs

Le bilan 2017 de la délinquance en Loir-et-Cher a été livré par le prefet Jean-Pierre Condemine mardi 20 février. Une délinquance « maîtrisée et inférieure à la moyenne nationale » annonce-t-il. Si en effet les atteintes aux biens diminuent légèrement, les atteintes aux personnes augmentent sérieusement. Moins de vols ou de casse de matériel ou de voitures, en revanche on casse plus volontiers la gueule à son voisin. En l’occurrence sa voisine, souvent.

(de g. à d.) : G. Phocas (Commandant de la Gendarmerie), F. Chevallier (procureur de la République), J-P. Condemine (prefet) et G. Milin (DDSP).

Moins 1,6 %. C’est la baisse du nombre d’atteintes aux biens en 2017 rapport à 2016, « Une proportion nettement inférieure à la moyenne nationale », indique le prefet en préambule de sa conférence de presse annuelle de présentation du bilan de la délinquance. Il était accompagné du procureur de la République Frédéric Chevallier, du directeur de la police départementale Guy Milin et du commandant du groupement de gendarmerie départementale Guilhem Phocas. Le nombre de cambriolages est même en baisse, c’est dire ! Dans la réalité, ils se déplacent : s’ils sont moins nombreux en ville, grâce à l’action renforcée des forces de police et de leurs rondes, ils augmentent en zone gendarmerie. « Plus 8,7 % en 2017 », annonce le colonel Guilhem Phocas, commandant du groupement des 505 gendarmes de Loir-et-Cher (plus 200 réservistes). « Il y a deux modes d’actions que l’on constate : celui où le cambrioleur s’assure que le logement est vacant, le coup est préparé à l’avance et le cambriolage a lieu. Et l’autre mode d’action qui se répand est celui consistant à circuler en voiture, regarder ce qui se passe, voire des gens sortir de chez eux et se dire qu’on a dix minutes pour commettre un cambriolage d’opportunité, en faisant main basse le plus rapidement possible sur ce qui est prenable tout de suite ».

En zone gendarmerie, la délinquance générale a cependant augmentée de 3,5 % en 2017 ; plus inquiétant : la part des mineurs a augmentée de 13,6 %. Le taux d’élucidation est de 39,9 %, « un bon chiffre », estime le colonel de gendarmerie. Les endroits réputés vulnérables, comme les exploitations agricoles, ont été renforcées, grâce notamment à l’action coordonnée entre la gendarmerie et la chambre d’agriculture avec « Alerte agri » permettant d’intervenir rapidement afin d’éviter, autant que possible, le vol de matériel souvent à l’air libre, les GPS dans les tracteurs, le carburant etc.

La violence banalisée et un mode d’expression naturelle dans certains quartiers

En zone police est constatée une baisse sensible des vols de voitures, mais les vols « à la roulotte » (d’objets à l’intérieur des voitures) augmentent notamment en période estivale avec les voitures aux plaques étrangères au département voire à la France. « Les touristes sont moins vigilants et certains en profite », précise le commissaire Guy Milin, DDSP (Directeur départemental de la sécurité publique). Les incendies de voiture ont bondis en 2017, + 43 %, « Les voleurs de voitures ont compris que la police scientifique était de plus en plus efficace, alors ils brûlent ; on observe aussi une grande part d’escroquerie à l’assurance », précise Guy Milin. Sont observés également des outrages, rébellion et insultes aux forces de police, en nette hausse. En hausse aussi, les atteintes volontaires à l’intégrité physique (+ 13,33%) avec 2.176 faits commis sur l’ensemble du département, dont 1.124 faits en zone police. « Ce chiffre s’explique non seulement par une meilleure prise en charge des victimes du fait de campagnes efficaces qui libère la parole des femmes notamment, mais aussi malheureusement par la paupérisation de certains quartiers dans lesquels la violence s’est banalisée et devient un mode d’expression naturel », explique le prefet Condemine. 1.519 de ces faits ont été élucidés l’année dernière (+ 8,73 %).

Dans les perspectives 2018, la mise en place de la PSQ (Police de sécurité du quotidien), officiellement lancée le 8 février dernier par le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb, « largement concertée » ajoute le prefet. « Le Loir-et-Cher n’est pas dans les 60 zones considérées comme tendues, nous nous en réjouissons même si des menaces existent toujours notamment du fait du risque attentat ». La présentation de nouveaux équipement – notamment les tablettes Neo qui permettront aux forces de police d’être connectées en permanence avec les fichiers centraux et ce quel que soit le lieu où ils se trouveront sur le terrain – aura lieu le 23 février. En avril, le prefet annonce la mise en place de la labellisation des principaux sites touristiques du département avec « Sécurisite ».

F.Sabourin.

La sécurité des grands évènements festifs et culturels

Tour cycliste du Loir-et-Cher, festivités du 14 Juillet, Rendez-vous de l’histoire de Blois (au périmètre très sécurisé), visites officielles de personnalités, sécurisation des bureaux de votes… Les moments n’ont pas manqués en 2017 où la sécurité et les forces qui lui sont dédiées sont mise à rude épreuve. La présentation du bilan de la délinquance en Loir-et-Cher a d’ailleurs été l’occasion pour le prefet Condemine de saluer l’efficacité des forces de police et de gendarmerie sur le sujet. Cependant, des lecteurs ont sollicité Magcentre.fr récemment au sujet de la relative légèreté de ces dispositifs observée lors des cérémonies de vœux début 2018, à la Halle aux grains de Blois, notamment les vœux du Conseil départemental et ceux du maire. « On rentrait comme dans un moulin », exprimait ce lecteur, exagérant un petit peu mais pas tant que ça. « Chaque mois, nous sommes saisis par les maires et le prefet sur les principaux évènements culturels et festifs qui vont se dérouler le mois d’après », explique sereinement le commissaire Guy Milin. « C’est l’occasion d’analyser les risques entre es organisateurs et nous pour savoir quel dispositif adapter. Dans le cas des vœux du Département, il y avait les policiers en uniformes, ceux qu’on identifie bien, mais aussi ceux en civil ». Ce que corrobore le prefet : « Il y a le contrôle visible, et le contrôle discret ». Pas sûr que cela soit de nature à rassurer les sceptiques.

 

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