Première année de médecine à Orléans: un “chiffon rouge” pour les Tourangeaux!

Dès que l’on parle de l’ouverture d’une première année de médecine à Orléans (la PACES, la 1ère année commune aux études de santé), il est toujours un Tourangeau pour parler de “chiffon rouge”. Jeudi lors de la session du conseil régional dont une partie était consacrée au Shémas régional de l’enseignement  supérieur, de la recherche et de l’innovation (SRESI), c’est l’ancien député de Tours Jean-Patrick Gille pourtant porte-parole du groupe PS qui a revêtu le dossard. Pour lui si “on veut que ça ne marche pas,, il suffit de mettre la PACES en avant”.

Dans son viseur le rapport très étayé du CESER de Pierre Allorant, premier vice-président, qui prône une PACES déconcentrée à Orléans. Aujourd’hui seul Tours et son CHU bénéficient de cette sorte d’année de prépa aux études médicales (commune à médecine, pharmacie, sage-femme, dentistes…). Cette déconcentration existe déjà à Angoulême (CHU de Poitiers), au Mans (Angers) à Pau (CHU de Bordeaux) et y compris de Polynésie une autre annexe de Bordeaux. Au total une dizaine en France.

Ambition PACES pour les lycées éloignés des métropoles

Le lycée Blaise Pascal, à Châteauroux

Ce n’est pas cette implantation à Orléans qui résoudra seule la situation de désert médical dans le Loiret et en région Centre. Mais comme dit le rapport Allorant, “l’amélioration de la situation passe par une bouquet d’actions”, et l’élargissement de cette première année permettrait de faire monter le numérus clausus à 350 au lieu de 245 en médecine actuellement. A l’université d’Orléans, on ne cache pas qu’un rééquilibrage participe aussi de ce projet, avec un millier d’étudiants en plus à Orléans, qui n’en compte à l’heure actuelle que 18 000 au lieu de                                                                                   27 000 à Tours.

Autre instrument d’un incitation aux carrières médicales, c’est l’expérimentation en cours en direction de ces jeunes lycéens du Cher et de l’Indre qui bénéficient à “Ambition PACES”, une préparation aux études médicales en terminale et qui serait étendue en Eure-et-Loir, en Loir-et-Cher, et ailleurs dans des lycées de zone d’éducation prioritaire. A ce propos le CESER souligne que “les bacheliers qui n’habitent pas les deux nouvelles métropoles méritent de disposer du droit à entreprendre des études supérieures longues, puis à les poursuivre en master, voire en doctorat”.

Trop d’antennes pour Orléans

Jean-Patrick Gille (PS-Indre-et-Loire).

Renfort inattendu mais efficace pour la majorité, en  défendant deux amendements proposés par le groupe UDC, l’Orléanais Florent Montillot a souligné le déséquilibre entre les universités en matière d’antennes. Alors que Tours n’a que Blois sous sa coupe, Orléans gère celles de Châteauroux, Issoudun, Bourges et Chartres. Il a proposé un soutien financier de la région à ces antennes en matière de nouvelles technologies et de téléconférences.  Et Florent Montillot a encore insisté sur le rôle de la région en matière d’enseignement supérieur, comme instrument de                                                                             “solidarité entre les départements”.

Florent Montillot (UDC-Loiret).

Autre argument en faveur d’une PACES à Orléans, son acquis en matière de bibliothèque universitaire, d’étudiants aguerris au sein du collégium sciences et techniques aptes à encadrer les étudiants de PACES dans les matières principales, biologie, physique chimie…Reste qu’avec ses difficultés financières accumulées sous l’ancienne présidence et l’augmentation du nombre d’étudiants, de 16 000 en 2015 à 18 000 en 2017, l’université d’Orléans a bien besoin des coups de pouce de la région. Et se passerait bien aussi des peaux de banane permanentes de l’université de Tours, qui veut protéger le statut quo. Pourtant page 13 du SRESRI, qui a été voté par la gauche et la droite, figure bien “l’expérimentation de PACES décentralisé”

Pour sa part Jean-Patrick Gille verrait bien lui des expérimentations comme un cycle d’enseignement supérieur “sur le dialogue social“. “Il faut chercher des complémentarités plutôt que des chiffons rouges”. Une filière “dialogue social” qui, de fait, aurait toutes les chances de participer  à l’éradication du désert médical dans les départements de la région!

La fameuse “complémentarité” Orléans-Tours a connu des jours meilleurs.

Ch.B

Commentaires

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  1. C’est trop fort !
    L’université d’Orléans à reçu des subsides de l’état pour sa création en tant que capitale régionale. Cette dernière s’est avérée incapable de gérer correctement son budget et tout comme cette ville se montre incapable d’être attirante.
    Alors, l’excuse classique est de rejeter ses fautes sur les autres.
    De toute façon, cette ville et cette région sont des échecs cuisants et le seul salut, c’est le démantèlement de cette dernière…

  2. On ne peut que se désoler de l’attitude de l”université de Tours, qui se focalise sur la seule préservation de ses intérêts propres, sans projection régionale.
    Édifiant de relever que l’université d’Orléans diffuse, à elle seule, l’enseignement supérieur à Chartres, Issoudin, Bourges et Châteauroux !

    L’attitude du Conseil régional pose également question : au vu de la gravité de la situation médicale, n’est-ce pas son rôle de tenter d’attirer le plus d’étudiants possibles vers les métiers de la santé ? Notamment en élargissant le champ des candidats possibles ?
    On ne peut qu’être étonné de voir le positionnement de certains élus comme Jean-Patrick Gilles : ceux-ci refusent la médecine à Orléans, en dépit de la situation médicale et au seul vu des intérêts de l’université de Tours ; par contre, ils ne sont pas gênés pour proposer une formation en dialogue social, alors que celle-ci… Existe déjà à l’université d’Orléans !
    Deux poids, deux mesures ?

  3. Ce qui est hilarant dans cette histoire Mr Cahuzac, c’est qu’Orléans se dit tantôt capitale régionale et tantôt victime d’on ne sait quoi. La réalité, c’est que nous sommes devant une ville sans envergure et qui passe sont temps à pleurer et à parler de Jeanne la Pucelle. Sorti de cela, nous sommes devant le néant.
    Relisez donc les conditions de la création de cette région aux petits pieds et contrairement à, votre cité, Tours à fait son université avec ses dents. Si les étudiants ne veulent pas étudier chez vous, c’est certainement pas sans raisons.
    Mais rassurez vous, Nantes et ses politiciens font de nouveau des pieds et des mains pour rejoindre la Bretagne. Avec l’effet de domino, vous n’aurez plus qu’à aller rejoindre l’Ile de France et à continuer à pleurer…

  4. “Au” n’a que “au petit pied” à la bouche et ses commentaires sont à l’avenant. Orléans “au petit pied” se distingue pourtant par son dynamisme démographique et la faiblesse de son taux de chômage. Elle attire la population et l’emploi. Quand Amazon a cherché un site, elle a choisi Orléans …
    Orléans innove aussi : elle avait deux lignes de tramway que Tours n’en avait pas encore. Orléans a ses défauts mais tout n’est pas sombre dans l’Orléanais… et si les Orléanais ont le sens de l’autocritique, ils ne passent pas leur temps à abaisser les villes voisines.

    Enfin, si le Centre Val de Loire “au petit pied” fusionne avec les Pays de la Loire, Tours “aux grands pieds” ne sera toujours pas la première roue du carrosse…

    L’obsession de “Au” pour Orléans prouve que cette dernière n’est pas si insignifiante. Nous en sommes flattés et en plus d’un “petit pied”, cela nous fait une belle jambe…

  5. PS : j’ajoute que le Loiret représente près de 45 % des exportations du Centre Val de Loire – un département sur les 6 = près de la moitié des exportations. Orléans métropole joue un rôle important dans ces succès à l’export, notamment en pharmacie et cosmétiques. Elle doit bien avoir des qualités et ne doit pas se contenter de pleurnicher pour créer des richesses…

  6. Ce qui est curieux avec vos chiffres Euverte, c’est qu’il ne reflètent guère la réalité.
    La démographie et votre dynamisme ne sont en rien supérieures à celle de la Touraine et les derniers chiffres de l’insee le prouvent.
    La région centre, est une régions fait de bric et de broc et quoi que vous puissiez penser, elle est classée avant dernière et juste avant la Corse.
    Pour continuer, il n’y a pas un article concernant cette ville où l’auteur ne peut s’empêcher d’y mettre le terme de “capitale” pour la désigner.
    Il est vrai que c’est tellement improbable, qu’ils doivent certainement se sentir dans l’obligation de le souligner.
    Et puis, pour votre gouverne, une ville ne se mesure pas au nombre de tramway. Il faut laisser cela à ceux qui sont à bout d’arguments…

  7. Je voulais aussi rajouter que votre CH n’est jamais classé dans les meilleurs établissements Français.

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