Loir-et-Cher : Le budget de la CCI dans le rouge en 2018

Face à la baisse de sa ressource fiscale en 2018 issue d’un nouveau prélèvement de l’État, les élus de la CCI 41 ont voté le 20 février dernier, fait historique, un budget déficitaire. Un plan de redressement avec une baisse de la masse salariale et une hausse du chiffre d’affaires prévoit un retour à l’équilibre dès 2020… si l’État ne se sert pas une fois de plus dans la caisse !


« Nous allons marquer la perte avec ce déficit de 999.000 € mais avec la volonté de très vite rééquilibrer nos comptes grâce à un plan de redressement sur 4 ans » a assuré Yvan Saumet (président de la CCI du 41) lors de cette assemblée générale à laquelle participait Jean-Pierre Condemine préfet de Loir-et-Cher. On sait que voté une première fois le 28 novembre dernier, sans tenir compte de la baisse de 20 % des ressources (soit 561.000 € de Taxe pour frais de chambre consulaire – TFC), le budget primitif 2018 n’avait pas été validé par l’État.

Yvan Saumet, président de la CCI de Loir-et-Cher.

« Il est choquant qu’on laisse croire aux entreprises qui paient la TFC que l’argent revient aux CCI alors que nous collectons l’impôt pour l’État » a aussi déclaré le président interpellant le représentant de l’État sur ce tour de passe-passe fiscal. Ce dernier a botté en touche en invitant les CCI à faire poser une question préalable de constitutionnalité lors du vote de la loi de finance.

Pour compenser cette diminution de ressources (1), l’assemblée a donc voté à l’unanimité une sévère mise au régime des services de l’établissement public mais sans toutefois recourir à des licenciements parmi les 50 salariés. Étalé sur 4 ans, le plan de redressement prévoit donc une baisse de la masse salariale de 17 % avec la suppression de 5 postes. Essentiellement de direction, ces postes concerneraient des salariés en fin de carrière et des départs naturels.

Moins de dépendance à la TFC

Côté recettes, le CA doit progresser de 23 % soit une cible de + 560.000 €. « Nous devons être plus indépendant financièrement en passant de 32 à 50 % d’autofinancement. La dépendance à la TFC doit baisser ; certaines CCI, c’est le cas en Espagne arrivent à s’autofinancer » a souligné Yvan Saumet. L’établissement actionnera donc plusieurs leviers comme la recherche de partenariat public-privé, l’optimisation de l’activité locative ou encore l’amélioration de la rentabilité du campus avec l’accueil de 30 à 40 étudiants supplémentaires notamment en alternance. Les actions d’aménagement, point fort de la CCI 41, se poursuivront avec par exemple un projet de nouvel immeuble d’entreprise de 1200 m² sur le Parc A 10.

Un partenaire pour le campus

Répondant à une question de Jean-Christophe Perruchot l’interrogeant sur une fermeture du campus, Yvan Saumet n’a pas éludé la réponse : “on ne se l’interdit pas car nous avons un déficit structurel de l’ordre de 400.000 € mais la piste est d’abord de trouver un partenaire pour pérenniser cette mission historique et d’améliorer la rentabilité du site ». Des contacts sont ainsi en cours avec les CCI 18 et 36 pour les associer à la gestion de l’ESTACOM-ETIC avec l’hypothèse d’une direction partagée. Pas d’inquiétude cependant, les formations ne seront pas remises en cause d’autant que les résultats en terme d’insertion professionnels sont excellents (90 %).

J-L.V.

Et l’apprentissage dans tout ça ?

En prélude au vote, un point a été fait sur le projet de réforme de l’apprentissage présenté par le gouvernement. Les élus ont exprimé leur satisfaction devant ce qu’ils jugent être un juste rééquilibrage. « Il est légitime que les branches structurées aient des facilitées pour ouvrir des formations. Cela permettra notamment de réduire les délais et de coller aux besoins des entreprises », s’est félicité Yvan Saumet en rappelant que les régions pourront soutenir les CFA ruraux, des zones urbaines ou interprofessionnels. Même tonalité positive pour Bertrand Lasnier, pour qui « Les ruptures simplifiées, la possibilité de signer des contrats toute l’année ou l’adaptation des horaires » seront gage de souplesse. Tandis que Julien Legoff secrétaire général de la Préfecture voyait « une remise en ordre dans les crédits de la formation » et « une consécration du quadripartisme », le président de la CMA 41, Stéphane Duret, gestionnaire du CFA interpro de Blois, se montrait plus réservé : « J’ai demandé un rendez-vous à la région car je m’inquiète d’une possible remise en cause de l’aide de 25 millions d’euros ».

2e échangeur A 10 : une étude de faisabilité annoncée

L’épineuse question de la deuxième sortie de l’A10 sur laquelle de fortes résistances existent parmi les élus blésois (Marc Gricourt en tête) s’est aussi invitée au débat. On notera sur ce dossier le point de situation dressé par Julien Legoff : « La préfecture a appuyé la demande d’étude de Cofiroute auprès de la Direction des infrastructures et des transports du Ministère. Celle-ci ayant été validée, un cahier des charges est en cours d’établissement pour lancer l’appel d’offres ». Le démarrage de l’étude, financée conjointement par l’État (25 %), le Département et Agglopolys est donc imminent à la satisfaction d’Yvan Saumet pour lequel « La deuxième sortie d’autoroute est absolument nécessaire pour le développement et l’équilibre économique du territoire qui a besoin de deux pôles ».

Le carré Saint-Vincent tourne en rond…

On sait ce projet de centre commercial à ciel ouvert au chevet de l’église Saint-Vincent face au château, porté à bout de bras par le maire de Blois est loin de faire l’unanimité. Interpellé sur le point de savoir « si la CCI travaille étroitement avec la collectivité » sur ce dossier, Yvan Saumet a été on ne peut plus clair : « on ne croit pas qu’il est facile de sortir un dossier de cette ampleur à cet endroit. En plus, il n’y a pas de continuité commerciale ce qui constitue une difficulté majeure ». Clairement dans le doute, le président de la CCI ne pense pas que ce dossier compliqué soit de nature à améliorer la situation d’un commerce blésois en crise.

 

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