Les Médiatiques : le numérique aura-t-il la peau des journalistes ?

C’est à la médiathèque que les Médiatiques du lycée Voltaire se sont achevées samedi. Sur un thème : la presse française face au défi du numérique. Et beaucoup d’interrogations sur l’avenir du métier de journaliste.

Jean-Marie Charon (à g.) était interrogé par François Robinet, l’un des organisateurs du festival des Médiatiques.

Y a-t-il un avenir pour un journalisme populaire ? C’est sur cette interrogation que Jean-Marie Charon, sociologue spécialiste des médias, a terminé son intervention lors de la conférence qui clôturait la septième édition du festival des Médiatiques organisé par le lycée Voltaire, samedi après-midi. Pour la circonstance, les Médiatiques investissaient l’auditorium de la médiathèque en réunissant une cinquantaine de personnes.
Par « journalisme populaire », Jean-Marie Charon, chercheur associé à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales, entend une presse qui s’adresse à un large public par opposition à l’émergence des nouveaux médias numériques qui ciblent majoritairement des catégories socio-professionnelles privilégiées.

Pour Jean-Marie Charon, auteur d’un rapport remis en 2015 au ministère de la Cculture et de la communication intitulé Presse et numérique, l’invention d’un nouvel écosystème, le problème de l’éclatement des publics touche aussi la presse locale et régionale qui, à l’inverse des  pure players, s’adresse à la ruralité sans parvenir à intéresser les publics urbains.

C’est globalement un constat inquiétant qu’a établi le conférencier sur la situation de la presse, victime à ses yeux, de sa propre course à l’audience numérique qui a conduit à l’appauvrissement du contenu, sans réussir à enrayer la chute des ventes et des ressources publicitaires.

L’avenir de l’information passera-t-il par les empires industriels ou les grands opérateurs de télécommunication qui, progressivement, rachètent les fournisseurs de contenu pour alimenter leurs tuyaux ? Voire, pire, par des « robots journalistes » ingérant des données numériques pour recracher ensuite des traitements de textes.

Autant de solutions qui ne semblent pas enchanter Jean-Marie Charon, lequel estime néanmoins que les journalistes disposent aujourd’hui avec les outils numériques de moyens relativement faciles à mettre en œuvre pour créer et diffuser un contenu enrichi. Un contenu à valeur ajoutée pour lequel le lecteur sera disposé à payer, directement ou indirectement.

B.G.






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