Salon de l’Agriculture : un lieu de rencontre incontournable

Héritier des comices agricoles qui à partir du XVIII e siècle fleurirent partout en France, puis du concours général agricole cher à Napoléon III, le Salon international de l’Agriculture vit le jour sous sa forme actuelle en 1964. Le ministre de l’Agriculture d’alors, Edgard Pisani, l’installa au Parc des Expositions de la Porte de Versailles où il se tient toujours à la fin février et dans les premiers jours de mars. Son succès fut fulgurant et ne se démentit pas.

Chaque année 700 000 visiteurs sont attendus et  la foule qui s’y presse depuis l’ouverture de cette édition confirmera selon toute vraisemblance ce chiffre. La marée humaine, populaire, intergénérationnelle et bon enfant  qui déambule  entre veaux, vaches, taureaux, cochons volailles, lapins et chevaux, qui s’arrête aux stands régionaux et s’étonne devant le machinisme exposé manifeste à sa manière son attachement à son pays. La France c’est des territoires, des terroirs à la forte identité, des régions qui depuis plus d’un millénaire négocient avec un pouvoir centralisateur mais fédérateur, c’est des paysages qu’à partir  du sol et du climat donnés par la nature, les hommes, génération  après génération, ont façonné.  C’est tout cela, qu’à travers les animaux et  produits d’exceptions proposés,  le public vient retrouver et les politiques  faire savoir qu’ils ne l’ignorent pas.   Cette communion nationale interpellent les étrangers qui nous l’envient et y viennent pour nous interroger et y faire des échanges constructifs.

Au-delà de la fête des mutations

Il serait cependant réducteur de limiter cet événement à la manifestation festive qui saute aux yeux de prime abord. Le Salon  International de l’Agriculture met aussi en évidence les  mutations  qui secouent notre société de plus en plus urbaine. Les agriculteurs sont moins nombreux que par le passé  car les exploitations  de plus en plus grandes regroupent des terres jadis cultivées par plusieurs familles. Les chefs d’exploitations généralement très bien formés  mènent à marche forcée la modernisation  de leur  façon de travailler et se conduisent en chefs d’entreprise, suivant les cours mondiaux, produisant en fonction de la demande, désherbant mécaniquement autant qu’ils le peuvent, diminuant  autant que  possible les pesticides qui pèsent lourds dans les prix de revient, qu’ils travaillent en conventionnel ou en bio. Le président de la République qui est venu faire l’ouverture avec un succès mitigé malgré un record de présence ne s’est adressé de ce point de vue qu’à des convaincus.

LIVE | Au Salon de l’agriculture.

Publié par Emmanuel Macron sur samedi 24 février 2018

Christiane Lambert, qui a succédé à Xavier Beulin à la tête de la FNSEA, principal syndicat agricole, a saisi l’occasion : elle a dévoilé le plan de sa fédération pour réduire massivement l’usage des insecticides et autres produits phytosanitaires, « Nous proposons 200 actions réparties en huit grands thèmes : l’innovation  variétale, la robotique, les outils numériques, la recherche de nouvelles molécules, l’amélioration des pratiques agronomiques, le bio contrôle, les démarches filières et territoires et les conseils et formations », a-t-elle annoncé.

Notre région aux avant-postes

Un virage est largement amorcé dans  la production alimentaire. Tous les halls le montrent. La qualité réclamée par le consommateur est partout d’où le refus du traité de libre-échange « en l’état » avec les pays du Mercosur, position partagée par les agriculteurs et le gouvernement.

L’agriculture n’est pas une mais diverse et toujours exigeante dans ses spécialités qui sont organisées en filières. La Région Centre-Val de Loire  aux riches productions entend tirer le meilleur de ces neuf jours (24 février- 4mars) à la Porte de Versailles. La Région et la Chambre régionale d’Agriculture se sont associées pour promouvoir et mettre en valeur son excellence, sa douceur de vivre à travers son agriculture, son patrimoine gastronomique, touristique et culturel. Fort bien placé à l’entrée du hall 3, celui des Régions, ses stands sur lesquels se déroulent toute la semaine des animations recevront ce mardi la visite des autorités régionales qui  seront allées au préalable à la rencontre des éleveurs régionaux dans le hall 1 celui des concours où déjà plusieurs médailles ont été remportées. Le salon International de l’Agriculture, avant tout un indispensable lieu de rencontre.

Françoise Cariès.

Commentaires

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  1. Ah le Salon (le terme étable serait certainement plus approprié) de l’Agriculture un superbe marronnier pour la presse à la botte (de foin).
    Un article sur l’abandon définitive du projet Décathlon-Oxylane à St Jean de Braye aurait été une vraie information agricole puisque la conséquence est la préservation de terres cultivables. Mais on ne peut pas à la fois tirer les marrons du marronnier et parler de ce qui fâche les oligarchies financières ici la famille Mulliez (Auchan, Leroy-Merlin, maisons de retraite haut de gamme etc avec un chiffre d’affaire de 1,5 milliard d’euro en 2016)..

  2. A QUAND LA PROMOTION DU FROMAGE DE CHEVRE BIO EN REGION CENTRE.IL FAUT BATAILLER FERME POUR TROUVER CE TYPE DE PRODUITS SUR LES MARCHES.LA PLACE DES CHEVRES EST DANS LES CHAMPS A BROUTER LA BONNE HERBE PAS DANS LES HANGARS

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