Le Cher voit double pour Paris-Nice

Une arrivée d’étape à Vierzon, lundi 5 mars, Un départ d’étape à Bourges, ce mardi (6 mars), le Cher est durant deux jours des amateurs de cyclisme. À Vierzon, dès la deuxième étape, on a mis les petits plats dans les grands pour recevoir la course au soleil. À Bourges, on fera pareil…

Le Service jeunesse municipal avait œuvré pour décorer les rues.

Accoudés sur le parapet du pont sur le Cher, à côté de la plaque commémorative pour les passeurs de la ligne de démarcation et qui rappelle qu’ici, en d’autres temps, franchir la rivière en vélo ou a pied c’était entrer dans un autre monde, ils sont nombreux attendre les coureurs. On papote,. On discute et on explique que, « À 92 ans, c’est l’occasion ou jamais de voir une arrivée d’étape de Paris-Nice ! ». On parle d’un temps que les moins de vingt ans, et même ceux qui en ont le double, ne peuvent pas connaître. On se raconte le passage le Merckx et de Poulidor en 72. On prend les nouvelles du petit dernier et de leur grand-père ou grand-mère. On sait que le passage des coureurs sera bref mais ce n’est pas le plus important. Aujourd’hui, c’est le printemps, ou presque et on positive ! C’est les vacances et le soleil est de la partie. Un vol de grues tourne un peu avant de reprendre son voyage au long cours vers le Nord. Un regard vers le V parfait. « Pourvu qu’il n’y ait pas de bordures ».

Dès l’aube, on a installé la ligne d’arrivée

Séance maquillage au stand de la FDJ.

Au petit matin, à l’heure où les livreurs de lait anglais n’ont pas commencé leurs tournées, en haut de la côte de la Noue, l’avenue de la République selon la dénomination officielle, on s’affaire déjà. La ligne d’arrivée a monter, ça ne se fait pas d’un coup de baguette magique. Portique, podium, barrières, panneaux de signalisation pour les voitures de la course, pour celles qui passeront la ligne, pour celles que ne la passeront pas. Un petit tour, dans la matinée, pour vérifier que les arrêtés de stationnement sont appliqués dans les divers secteurs concernés.

La course n’est pas encore parti d’Orsonville (Yvelines) et chacun peut passer à la pause casse-croûte. Pas de café-goutte pour le comité des fêtes qui débute l’installation de sa buvette. À l’abri des intempéries mais pas au soleil pour se réchauffer. Les pom-pom girls des différentes sections vierzonnaises, celles qui sont championnes d’Europe et celles qui ne le sont pas, arrivent peu à peu . À 14 h, elles vont démarrer pour un défilé de 500 m, sur un bitume tout neuf, tout frais, jusqu’à la ligne d’arrivée. On aura droit aussi aux Rugbymen, aux footeux, aux handballeurs et aux basketteurs avec un stand de démonstration. Au total 25 association sur le tarmac pour que la fête soit belle et colorée. Des jeunes et des un peu moins. Des vélos et d’autre à pied.

Plus de deux heures avant que les coureurs ne soient en vue, la dernière ligne droite n’était plus accessible qu’à pieds.

Il faut qu’à 15h la ligne droite soit vide. Il faut que, dans le même temps, tout le le monde passe derrière les barrières. Il faut que les élus, de Vierzon, de Bourges aussi, soient au pied du podium. Il faut que les cerfs-volant de l’association Vent de folie soient dans les airs et que les banderoles s’affichent sur le passage des coureurs. Il faut que ce soit nickel-Chrome. Personne ne le dit mais tout le monde le pense, une arrivée d’étape de Paris-Nice, c’est le passage obligé pour une étape possible du Tour de France un de ces jours.

En attendant, Nicolas Villermot effectue une démonstration de franchissement et d’équilibre sur ses modules. Au sprint le champion de trial ne serait peut être pas sur la boîte alors que là, ça paraît si facile… Et passage au stand pour quelques couleurs pour le maquillage des plus jeunes.

L’hélico, trois motos, quatre voitures et le peloton

Les coureurs ont franchi l’ancienne ligne de démarcation à 500m du but.

Une moto qui passe. On entend une Cucaracha au loin. Une autre plus proche. « J’étais devant la télé et j’ai vu que y avait du monde. C’est pas pareil à la télé j’m’suis dit… » affirme l’un qui avance d’un pas rapide vers le sommet de la côté d’arrivée. Le téléphone portable a cela de bien, il fait aussi télé, ordinateur, et parfois machine à café. Non, on exagère mais pour suivre les mouvements de la course, ça aide tout de même. Ils sont à Saint-George-sur-la Prée… Ils sont en retard. Il tombe trois gouttes d’eau. « Manquerait plus qu’il pleuvent. Ça fout tout en l’air, la pluie… ». Un nuage noir passe au dessus, deux motos sirènes au vent, brisent les tympans. De l’autre côté du pont le nez du peloton est bleu et jaune.

“Zip, zip”, le bruit des boyaux sur l’asphalte. “Clac, Clac”, celui des changements de plateaux.
À peine le temps d’applaudir. La-haut, au loin, c’est un maillot jaune qui est devant. Pas sûr. Faut avoir une bonne vue. Un œil et trois manip sur le portable, c’est bien un maillot jaune qui a gagné, un dénommé Dylan Groenewegen (Lotto NL-Jumbo). Un Néerlandais. Mais, finalement, on était là pour ça, un petit peu mais pas seulement…

Fabrice Simoes

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