Le rêve chinois d’Apple

Apple  a cédé: un des fleurons du capitalisme technologique, une des capitalisations boursières les plus puissantes du NASDAQ a cédé aux exigences du gouvernement chinois de délocaliser ses unités de stockage de l’iCloud en Chine: ce 28 février, Apple a transféré les données et les clefs de chiffrement des utilisateurs d’iCloud des résidents chinois au sein même du pays.

Cette décision, d’une incroyable lâcheté, motivée par la part de marché chinoise dans le chiffre d’affaires de la marque à la pomme, a pour conséquence immédiate de placer ces données sous juridiction chinoise, offrant ainsi un accès direct pour la police, sur simple requête de la justice chinoise,  aux comptes de tous les internautes utilisant ce système de stockage de données, un boulevard pour une surveillance encore accrue des opposants au régime communiste.

Un Munich des droits de l’homme

Alors qu’Apple a refusé pendant des mois de livrer les codes de déblocage des données de ses iPhones au FBI américain, cette décision qui n’a d’autre raison que cette surveillance des opposants exigée par la Chine, illustre le double discours de la firme face à l’opinion publique. On se souvient de la fourniture par la société IBM à l’Allemagne nazie des systèmes de fichiers qui permirent l’identification de millions de juifs européens exterminés dans les camps, mais aurait-on pu imaginer les américains fournir à l’URSS la liste de milliers d’opposants au KGB ?

Cette décision d’Apple prend en plus une tournure toute particulière au moment où le président Xi Jinping, en digne successeur de Mao Tse Toung et au même titre que son ami nord-coréen, s’octroie le droit de rester à vie à son poste de secrétaire général du Parti Communiste Chinois, retouche de la constitution qui a provoqué de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux chinois aussitôt censurées.

Macron /Xi Jinping cl ambassade de France

“Pourquoi nous combattons” *

Enfant de la guerre froide, j’ai été élevé dans le rêve américain d’une liberté triomphante des dictatures fascistes puis communistes: la liberté économique conditionnait la liberté politique et réciproquement, tel était le sens du combat des nations libres face aux dictatures qui  menaçaient de toutes parts le “monde libre”… Certes, on s’aperçut vite que ce modèle américain soutenait d’autres régimes bien peu fréquentables, mais  présentés alors comme de nécessaires alliances contre nature pour circonscrire le monstre communiste…

Ce renversement explicite et assumé des valeurs qui fait passer le commerce avant la défense de la démocratie renvoie aux poubelles de l’histoire deux certitudes fondatrices de nos sociétés occidentales, : le libéralisme économique est de facto devenu compatible avec une dictature communiste, qui accède par là même au statut de modèle de dynamisme économique, quant à combattre les dictatures et défendre la démocratie, ce n’est plus qu’une vieille barbe d’un idéalisme du siècle dernier.

Il serait tant de prendre conscience de ce changement de paradigme politique dans notre appréciation d’un modèle néo-libéral tellement promu qu’il en devient consensuel.

GP

*Film américain de propagande de Franck Capra et d’Anatole Litvak 1943

Commentaires

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  1. Un article dans lequel l’auteur enchaîne analogies ridicules mais prévisibles et méconnaissance totale du sujet (aussi bien technologique que politique).

  2. Tout aussi choqué par cette décision purement mercantile. In-consciente.
    La secte à la pomme s’enfonce.
    Le monde de demain sera dirigé par le conglomérat GAFA-PRC. Quelle sinistre régression !

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