Cyclisme: le championnat du clergé remis en selle à Saint-Père, malgré des bâtons laïcards dans les roues!

En ce 1er mai à Saint-Père-sur-Loire, près de Sully, se déroulera le championnat de France du Clergé. Une course qui a donné lieu à une polémique avec un militant laïc, Christophe Desportes-Guilloux. 

Le championnat du clergé en 2013 en Charentes.

Une nouvelle preuve de cette histoire d’amour, en toute chasteté, entre le muscle et le goupillon sera donnée le 1er mai à Saint-Père-sur-Loire, face au château de Sully de l’autre côté de la Loire. La commune et ses voisines accueillent en effet le 19e championnat de France de cyclisme du clergé. Le matin à neuf heure, 15 km contre la montre, Saint-Père – Saint-Benoit – Saint-Père, un parcours béni des dieux dans des beaux paysages ligériens. Et l’après midi course en circuit, 12 tours de 5 km. 

Les soutanes au vestiaire

Un peloton ecclésiastique.

Selon nos informations puisées à bonne source, et pas dans n’importe quel bénitier, il y aura sur la ligne de départ 48 inscrits dont deux religieuses et un évêque ! Qu’on se rassure ces coursiers d’église ne chevauchent pas leur vélo en costume de travail. Les curés, les religieuses et l’évêque laissent pour l’occasion aubes, soutanes, cornettes et mitres au vestiaire.

Mais cette course qui est au calendrier de la FFC (Fédération Française de Cyclisme) et qui a nécessité la mobilisation d’une centaine de bénévoles depuis septembre, a bien failli ne pas avoir lieu. Un militant laïc, Christophe Desportes-Guilloux (permanent PS du groupe d’opposition à la mairie d’Orléans), lui a mis des

Le curé de Sully, Robert Leroy, sur le podium

bâtons dans les roues arrières. Et c’est même un miracle si cette épreuve, comme à 2010 à Cléry-Saint-André pourra se dérouler en toute sécurité avec des bénévoles aux carrefours et des motards suiveurs. En effet, le maire de Saint-Père-sur-Loire avait eu l’idée satanique de demander une subvention (environ 6.000 euros) à la Communauté de communes justement pour couvrir des frais d’organisation. Vade retro satanas, l’argent public ne saurait être dépensé en faveur d’une manifestation religieuse. “Un Orléanais  a téléphoné à la présidente de notre communauté de commune  de Sully-Val de Loire en menaçant de prévenir la préfecture au nom du respect de la laïcité“, raconte Patrick Foulon maire de Saint-Père-sur-Loire et vice-président de la communauté de communes chargé du tourisme. “Je n’ai pas compris cette réaction intolérante, c’est quelqu’un que j’ai déjà vu aux fêtes de Jeanne d’Arc et qui ne travaille sans doute pas les jours fériés correspondant à des fêtes religieuses”. Et puis, ajoute l’élu organisateur vraiment en colère, “dans ce cas il faudrait débaptiser toutes les villes qui commencent par “saint” au nom de la laïcité?”. En France, le débat sur la laïcité est tellement sensible qu’il va se nicher jusque chez les petite reines.

Le denier du culte cyclo

Un gros succès médiatique.

Pour éviter toute polémique qui serait née d’une épée de Damoclès au-dessus de la tête… de course et même sur tout le peloton, Patrick Foulon et la présidente Nicole Lepeltier ont décidé de retirer ce projet de délibération. À la place pour tenter de récolter les 10.000 € nécessaires au total à cette manifestation festive, ils ont lancé un appel au peuple, au micro de Wahid Selmi sur RCF, en priant bien sûr pour que ce petit miracle réussisse. Y a t-il eu intervention divine ? En tous cas la multiplication des petits dons (qui ne mangent pas de pain), et des gros continue de tomber dans l’escarcelle des organisateurs. Et voilà le championnat de France du clergé remis en selle.  Il ne manquerait plus il y a deux jours que 2 500 € pour boucler le budget. Belle perf pour le denier du culte cyclo, ou si on s’en tient à sa version laïque charitable et télévisuelle, le “Saintpéréthon” a parfaitement fonctionné, même sans Gérard Holtz. 

Rendez-vous donc le 1er mai à St Père-sur-Loire. pour ce 19e championnat de France de cyclisme du clergé. Rien ne dit qu’avec un nom pareil, la commune n’a pas bénéficié d’une intervention papale…

Ch.B

 

Le curé de Sully-sur-Loire ancien champion de France

Robert Leroy, champion de France.

Organisée par la Roue Libre Bénédictine de Saint-Benoit et le Club Cycliste de Gien,  ce championnat de France est ouvert depuis 2003 à tous les prêtres, diacres, séminaristes, religieux et religieuses…

Organisé notamment par le père Robert Leroy (66 ans), curé de Sully qui pratique la compétition depuis de nombreuses années et fut champion de France en 2013 en Charente (à Montbron), et qui participera à l’épreuve, le championnat, s’était, les années précédentes, déroulé à Saint-Rambert-d’Albion (Valence) en 2004, à Sanary-sur-Mer en 2005, à Montoire-sur-Le-Loir en 2009, à Chartres en 2015, à Mourmelon en 2016 et l’an passé en 2017 à Mondaye (près de Lisieux) où la course avait bénéficié d’une subvention municipale.

 

 

Commentaires

Toutes les réactions sous forme de commentaires sont soumises à validation de la rédaction de Magcentre avant leur publication sur le site. Conformément à l'article 10 du décret du 29 octobre 2009, les internautes peuvent signaler tout contenu illicite à l'adresse redaction@magcentre.fr qui s'engage à mettre en oeuvre les moyens nécessaires à la suppression des dits contenus.

  1. Aux précédents championnat de France il y avait quand même une religieuse qui a fait la course en habit soeur Anne Laetitia venue de Dreux qui avait fait l’objet d’un long article de la revue 200 (le vélo de route autrement) une personne fort sympathique.

  2. si ce personnage veut bouffer du curé et de la religieuse il n’ a qu’à déguster ce fromage nantais dans une pâtisserie… au moins avec la bouche pleine il ne dira plus de laïcarderies d’un autre temps. Pour ma part n’étant pas papiste, je ne peux que regretter que l’intolérance aille se nicher dans des détails, d’autant qu’en l’occurence il ne s’agit pas d’une procession religieuse

  3. J’ai d’abord cru à un article du GORACENTRE mais j’ai dû me rendre à l’évidence : c’est du sérieux. Enfin, ce n’est pas une “fake news”, comme on dit désormais en franglais !
    Cela dit, le ton général reste celui des reportages sportifs, truffés d’astuces plus ou moins bonnes (certaines sont excellentes mais trop rares !).
    Comme dit l’adage “Chassez le naturel, il revient au galop”.

Les commentaires pour cet article sont clos.