Parti socialiste : quatre candidats pour un fauteuil

Qui sera le prochain premier secrétaire du parti socialiste ? Quatre candidats sont en lice : Luc Cavournas, 46 ans député du Val-de-Marne, Olivier Faure, 49 ans, député de Seine-et-Marne, président du groupe Nouvelle  Gauche à  l’Assemblée nationale, Stéphane Le Foll, 58 ans, ancien ministre de l’Agriculture et Emmanuel Maurel, 44 ans eurodéputé.

Les 120 000 adhérents du PS à jour de cotisation sont invités à se rendre dans les quelques 3200 sections du parti ce 15 mars entre 17h et 22 h afin de glisser leur bulletin dans l’urne. Pas de vote électronique. Les résultats doivent remonter à Paris où ils seront centralisés et proclamés aux environs de 1h ce matin du 16 mars. Un deuxième tour est prévu entre  les deux premiers arrivés en tête le 29 mars  en amont du  congrès des 7 et 8 avril à Aubervilliers (‘Seine-Saint-Denis).

Qui va l’emporter ? A l’heure actuelle les paris sont ouverts et aucun des quatre prétendants ne se détache tant leur profession de foi sont proches. Le PS mis sur pied en 1971 par François Mitterrand pour conquérir le pouvoir, avait en 2012 un président à l’Elysée, contrôlait l’Assemblée et le Sénat, la majorité des régions sauf l’Alsace et dirigeait 25 villes de plus de 100.000 habitants. En 2017,  son candidat à la présidentielle, Benoît Hamon, a obtenu 6,35 % des voix, à l’Assemblée  il n’y a plus que 29 députés socialistes, le Sénat et de nombreuses régions sont repassées à droite, des villes ont été perdues. Faute d’argent le parti  a vendu son siège historique de  la rue Solférino. Pire, pris en étau entre La République En marche et la France insoumise, il manque d’espace et est menacé de disparition.

Luc Carvounas : « Un progrès partagé pour faire gagner la gauche »

Longtemps lieutenant de Manuel Valls   Luc Carvounas souhaite une gauche plurielle qui « devra adopter un pacte fondateur en vue des prochaines élections européennes de 2019 et municipales de 2020 ». Dans le domaine économique et social il  propose d’exonérer de TVA les biens de première nécessité, comme l’eau, le gaz, l’électricité et certains produits alimentaires  de base. Il entend également « supprimer toutes les niches fiscales qui ne créent pas suffisamment d’emplois ». Bien qu’il se soit rapproché de Benoît Hamon pendant la présidentielle, il ne reprend pas la proposition  de revenu universel avancée par ce dernier. Il se montre favorable à l’élection au suffrage universel du président de l’Union européenne, à l’abaissement du droit de vote à 16 ans et au droit de vote aux élections locales pour les étrangers.

. Avec courage et une dose d’humour, Luc Cavournas envisage « Notre remontada » mais ajoute aussitôt, « elle peut prendre du temps ». En attendant il a prévenu qu’au cas où il ne serait pas, le poste de porte-parole lui conviendrait.

Olivier Faure : « Socialisme, le  chemin de la renaissance »

Pour cet  homme de méthode ou du moins qui se présente comme tel, la renaissance est possible si l’on prend  le bon chemin. « Le congrès  à venir n’est pas encore celui du projet. Personne ne croirait que nous allons refonder notre doctrine en quelques mois et qu’une motion y suffirait », écrit-il. Aussi,  propose-t-il  pour la suite la mise sur pied d’un « parti-plateforme » ouvert  à tous et le lancement pour construire le projet du PS de grands chantiers thématiques sur lesquels militants et sympathisants trancheront.

« Eurosocialiste » convaincu, membre d’une « famille politique qui porte l’espoir d’une alternative progressiste à l’Europe libérale dominée par la droite », il souhaite que les élections européennes de 2019 permettent de « construire une victoire des gauches européennes autour d’une coalition progressiste.  L’Europe doit  se protéger dans la mondialisation en revoyant sa politique de concurrence et de commerce international et mener un combat impitoyable contre les paradis fiscaux », écrit-il.  S’il est choisi il démissionnera de la présidence de son groupe à l’Assemblée.

Stéphane Le Foll : « Cher.e.s camarades »

Ancien ministre de François Hollande, député de la Sarthe, seul, il assume sans détour le bilan de François Hollande  tout en reconnaissant que « la communication sur l’action du gouvernement n’était pas la bonne. Il y a eu  une erreur de calendrier et de méthode » sur la loi travail. Faisant de l’environnement et de la lutte contre le réchauffement climatique « le premier grand défi » à relever, il propose un « grand forum  organisé  pendant les deux ans qui viennent pour construire les bases d’un modèle de développement durable et d’efficacité énergétique ». Pour lutter contre les inégalités, il souhaite doter chaque jeune d’un capital de départ « en consacrant 1 % de la richesse nationale à cet objectif ».

Pour le  parti, il propose la généralisation du vote électronique et une réforme du système des primaires : pourront voter seuls les électeurs préalablement inscrits.

Emmanuel Maurel : « L’Union et l’Espoir »

Seul représentant de l’aile gauche du PS, il est le chantre d’un « socialisme décomplexé » apte à « refonder le socialisme du XXIe siècle ». Aussi demande-t-il à ses partisans de devenir « pleinement éco socialistes.  Sortons le maximum de productions de la sphère du profit, encourageons d’autres modèles de dépenses et de consommation, retrouvons le sens du temps long », propose-t-il avec, par exemple, une « taxe au kilomètre ajouté  qui  pénaliserait les déplacements de marchandises, favoriserait la relocalisation et limiterait les intermédiaires ».

Ardent  défenseur de la « valeur du travail », il milite pour une « augmentation des salaires et du SMIC, le rétablissement de la hiérarchie des normes, l’interdiction des licenciements boursiers ». Il veut « faire du travail détaché une exception en le limitant à des missions de 4 jours ». Il souhaite un Etat fort qui pilote la conversion écologique et sociale de l’économie « en utilisant y compris la nationalisation », et la mise en place d’un « minimum jeunesse ».  En ce qui concerne l’Europe, il plaide pour la mise en place d’un « système de préférence communautaire, d’une  taxe carbone à ses frontières  et de rediscuter une bonne partie des traités ».

F.C.

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