Orléans : un collectif citoyen suggère la gratuité des transports publics

Philippe Rabier et les membres du collectif CitLab ont organisé les 17 et 18 mars derniers une assemblée citoyenne à Orléans sur le thème de la gratuité des transports publics dans la métropole d’Orléans. Une trentaine de personnes sont venues débattre et apporter quelques propositions et idées sur un sujet qui divise.

Des transports publics – tram et bus – gratuits à Orléans ? “Les gens ont dit : à terme oui, mais pas tout de suite”. Il serait donc urgent d’attendre, et on comprend pourquoi : il faudrait trouver notamment le moyen de financer 18 M€ (19 M€ selon David Thiberge, lire ci-dessous), soit le produit de la vente des billets. “Ce que les gens qui sont venus en débattre disent aussi c’est : la gratuité oui, mais pas au détriment du service et des dessertes”, précise Philippe Rabier, Lucas Gilloux Sache et Aurore Pondeville, du collectif CitLab.

Parmi les propositions faites pour préparer le terrain, le souhait du maintien et même de l’extension des journées gratuites exceptionnelles : au moment de noël ou du Festival de Loire par exemple. Ou encore la gratuité les jours de pic de pollution ; actuellement, le prix du billet est abaissé à 1,5 € (au lieu de 1,7 €), mais pourquoi ne serait-il pas gratuit, demande CitLab ? “Actuellement aucune étude sérieuse n’est faite sur le sujet” regrette-t-il. Prochaine étape ? “On va continuer de porter le projet, le diffuser, choisir des actions” conclut Philippe Rabier et son équipe du collectif CitLab.

Compétence métropolitaine, les transports publics sont la délégation du maire de Saint-Jean-de-Braye David Thiberge qui a lui aussi son idée sur cette “gratuité” :

« Il y a deux choses à prendre en compte au sujet de la gratuité des transports : l’aspect financier d’abord. Aujourd’hui, le transport urbain n’est pas gratuit, il est financé à 75 % par le contribuable et à 25 % par l’usager. Faut-il aller plus loin ? Le versement transport (la taxe versée à la Métropole d’Orléans par les communes) est utilisé à 100 %. Si on passe à la gratuité, il faudra trouver les 19 M€ de recette de la billetterie, sur les 70 M€ que coûte le fonctionnement du réseau ; en faisant comment ? Soit on augmente le versement transport mais on est déjà au maximum. Soit on augmente les impôts de la Métropole et ce n’est pas le choix que nous voulons faire. L’autre question à se poser c’est celle du bien commun. La gratuité signifie que les gens feront moins attention. Ensuite, comment la collectivité aura-t-elle les moyens d’investir ? Actuellement, on travaille en 75 % – 25 %, ce n’est pas complètement déconnant. Il existe des tarifs solidaires : étudiants, jeunes ; bénéficiaires de la CMU-C (Couverture maladie universelle complémentaire) avec laquelle pour 10 € par mois les voyages sont illimités. Nous sommes également très attentifs à ce qui se passe ailleurs, Dunkerque, Châteauroux etc. Mais on constate que ce sont des petits réseaux, à Dunkerque par exemple la recette billetterie c’est 4 à 5 M€. Comment on peut faire certains investissements avec un réseau gratuit ? L’électrification du réseau par exemple dans la Métropole ça va représenter environ 100 M€… Aujourd’hui, quand on regarde les gros réseaux urbains, aucun n’est gratuit. Ça veut dire quelque chose… ».

F.Sabourin

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