À la recherche des centre-villes perdus

Métropolisation des grandes villes, libéralisation des marchés, désindustrialisation des villes moyennes et petites, autant d’éléments additionnés qui font que de nombreuses villes de province, coincées dans une forme de cloisonnement géographique par leurs habitants eux-mêmes, doivent faire face à une désertification des centre-villes, avec en corollaire la défection des commerces de proximité au bénéfice des centre-commerciaux péri-urbain.

La grignoteuse s’est déjà beaucoup activé dans la 2e ville du Cher.

Hormis pour les villes à importante densité de population citadine, le constat est identique sur l’ensemble du territoire national : les centre-villes sont en voie de disparition dans la configuration qui était la leur jusqu’alors. Vitrines de commerces vides, paupérisation de la population, sont les deux phénomènes les plus visibles de cette transformation. Des villes comme Saint Étienne, Périgueux, Albi, Alès, Carpentras, Le Mans, Aurillac, Angoulême, Nevers ou Vierzon sont les parfaites illustrations de ce nouveau schéma urbain dans les bassins de vie de l’Hexagone.

Élus locaux et régionaux étaient à l’écoute…

En fin de semaine dernière, tandis que débutait au centre des congrès de Vierzon la rencontre nationale sur le “renouvellement urbain et la revitalisation des centres villes” organisée à l’initiative du maire de Vierzon, Nicolas Sansu et les soutiens de l’ANRU, l’ANAH, la Caisse des Dépôts, Villes de France, Ville au carré, l’association Centre-Ville en mouvement annonçait sur les réseaux sociaux « Nous sommes à Vierzon pour la Rencontre sur le renouvellement urbain et la revitalisation des centres-villes. Cette ville fait partie des dix villes pilotes de la CDC depuis 2 ans. Cela avance et les élus se mobilisent vraiment pour le renouveau de leurs centre-villes ! » .

Définir des plans d’actions

L’originalité de la rencontre était de parvenir à définir plusieurs champs d’action comme faciliter une prise en compte globale de l’ensemble des problématiques rencontrées sur chaque territoire, entrer de plein pied dans les projets de renouvellement urbain (démolition-reconstruction, réalisation d’espaces publics, rénovations d’équipements publics) ou de l’amélioration de l’habitat ancien privé (rénovation thermique des logements, lutte contre les marchands de sommeil…), ou encore la revitalisation du commerce de centre ville (lutte contre la déprise commerciale, modernisation des magasins, animation…). L’important était, comme l’ont souligné les maires de Carpentras, Philippe Adolphe, ou de Nevers, Denis Thuriot, de déterminer un périmètre et de définir un plan global pour s’attaquer en même temps à l’ensemble de ces problématiques.

Pour cela, les collectivités ont besoin de compter sur des dispositifs différents et de les conjuguer. Ainsi Vierzon peut constituer un exemple intéressant dans la mesure où le dispositif principal est le NPRU essentiellement axé sur le centre ville. 26 millions d’euros de travaux sont pour l’instant prévus et on espère une petite rallonge de 4 à 5 millions . Il sera complété par une action sur le commerce en lien avec la Caisse des dépôts et l’EPARECA et par une nouvelle OPAH-RU pour l’amélioration de l’habitat privé ancien ou dégradé (avec des fonds de l’ANAH). En centre ville, le NPRU permettra de restructurer et de réaliser l’isolation thermique de l’Auberge de Jeunesse, de la Médiathèque et des écoles du Tunnel-Château, de permettre à un bailleur institutionnel d’effectuer des travaux pour au moins deux résidence vieillissantes.

222 centre-villes sélectionnés pour le dispositif Cœur de Ville

Alors que la ville de Vierzon était sur les rangs pour entrer dans le dispositif Cœur de Ville mis en place par le gouvernement cette rencontre avait au moins le mérite de jouer cartes sur tables entre près de 200 participants issus d’une grosse cinquantaine de collectivités locales (villes, régions, départements, CDC, agglo), mais aussi l’Union Sociale de l’Habitat (Fédération des HLM), Action Logement (organismes de collecte du 1% patronal), des services déconcentrés de l’État (DREAL, DDT), des services de la région et du CD 18, des chefs de projets NPRU, des managers de centres villes, la CCI, la Chambre des métiers, des associations de commerçants ainsi que le conseil citoyen et des commerçants de Vierzon.

Studieux ou décontractés, les représentants des villes de France ont dialogué tout au long de la journée.

La rencontre de Vierzon aura au moins permis à de nombreux élus et responsables d’échanger entre eux pour faciliter la mise au point de leurs dossiers de protocole ou de convention, alors que par blog interposé d’aucuns se gaussaient déjà d’une journée sans débat réel, trois tables rondes étaient pourtant au programme, qui ne permettait pas de mettre en place des solutions directes.
Un début de réponse à ces problématiques, comme pour s’excuser de n’avoir pu se rendre en Berry alors qu’il y avait été invité, est venu du ministre de la cohésion des territoires, Jacques Mézard, ce mardi. Il a annoncé que Vierzon était sélectionné pour le dispositif Cœur de ville avec 221 autres centre-villes. La plupart des villes éteint présentes lors de la rencontre vierzonnaise… Comme quoi !

Fabrice Simoes

Commentaires

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  1. Le pb n’est pas que pour les villes moyennes… bientôt Orléans ou d’autres, en tout cas pour le commerce de centre ville dont il s’agit! Les élus et les administrations sont très en retard. La faute aux représentants du peuple ou aux hauts fonctionnaires qui sont censés avoir une expertise ou des idées en la matière! Étonnant en tout cas que ni les uns ni les autres avec toutes les missions ou études perspectives ou prospectives qui ont été alignées et payées depuis des années n’aient trouvés de solutions. Dans quel monde nous sommes serait peut-être la première question à se poser?

  2. Si, d’une manière générale, les élus avaient réfléchi aux conséquences de leurs acceptations d’immenses centres commerciaux, s’ils ne s’étaient pas montré si avides en matière d’impôts sur les commerces des centres villes, s’ils ne s’étaient pas montré si soucieux de plumer les automobilistes qui parfois viennent de loin en pratiquant des prix extravagants de parkings, peut-être la situation serait-elle meilleure. Mais j’écris à l’imparfait alors que le temps présent est toujours d’actualité

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