Cléry-Saint-André : une enquête ouverte pour des faits de pédophilie par un prêtre

Mgr Jacques Blaquart, évêque d’Orléans, a tenu une conférence de presse jeudi 29 mars, donnant des précisions sur l’enquête ouverte contre un prêtre de 58 ans, recteur de la basilique de Cléry-Saint-André, pour faits de pédophilie. Il est accusé par deux victimes présumées – deux jeunes garçons au moment des faits – d’attouchements sexuels et de viol. Les faits remonteraient au début des années 80 et dans les années 90. L’évêque d’Orléans a suspendu ce prêtre de toutes ses fonctions. Il appelle toutes les personnes qui auraient été victimes à se manifester.

Mgr Jacques Blaquart.

Le chemin de croix a débuté bien avant la semaine sainte 2018 pour ces deux victimes présumées : il y a 25 ou 35 ans environ. Deux jeunes garçons au moment des faits auraient été victimes d’agressions sexuelles et de viol par l’actuel recteur de la basilique de Cléry-Saint-André. Une enquête a été ouverte le 28 mars par le procureur de la République Nicolas Bessone, informé par l’évêque d’Orléans Jacques Blaquart. Ce dernier a été contacté le 22 mars dernier via le service « Écoute des blessures », mis en place pour les victimes d’agressions sexuelles de la part de responsables d’Église. Ce témoignage arrive au lendemain de la diffusion d’un documentaire de France 3 Pédophilie, un silence de cathédrale. « N’ayons pas peur d’affronter la vérité », appelle fermement l’évêque d’Orléans, très choqué, aux catholiques du Loiret qui le seront tout autant. « Nous devons tous être mobilisés pour protéger les enfants, que l’Église soit une maison sûre. Mes premières pensées vont vers les victimes, et j’appelle toutes les personnes qui l’auraient été aussi à se manifester ».

“Il faut que la vérité éclate même si elle fait mal”

Une première fois, en février 2017, une des victimes présumée, un jeune garçon au moment des faits, avait évoqué ces accusations. L’évêque d’Orléans avait immédiatement prévenu la procureure de la République. Mais la victime présumée n’avait pas souhaité porté plainte, la procureure n’avait donc pas pu poursuivre. Mgr Jacques Blaquart avait rencontré le prêtre en question, qui avait farouchement nié. L’évêque précise qu’il « espérait que d’autres victimes se manifestent ». C’est l’arrivée de ce second témoignage d’une autre victime présumée, elle aussi jeune garçon au moment des faits et qui a porté plainte, qui a déclenché l’ouverture de l’enquête du procureur de la République. L’évêque d’Orléans a suspendu ce prêtre de toutes ses fonctions ministérielles, et ce dernier a quitté Cléry-Saint-André pour le moment, retiré dans un lieu tenu secret. Présumé innocent, quel que soit le résultat de l’enquête, Mgr Blaquart estime cependant que « toute réintégration s’avèrera impossible ».

Les premiers faits se seraient déroulés au début des années 80, alors qu’il était à l’époque séminariste à Orléans. Les seconds faits se seraient produits lors d’un camp de jeunes dont il était aumônier, dans les années 90. Ils pourraient de ce fait être prescrits, selon la qualification qui sera retenue à l’issue de l’enquête.

L’évêque d’Orléans, qui a mis en place ce service  d’Écoute des blessures en 2014 (lire ci-dessous), prend toutes ces affaires très au sérieux. « Les conséquences pour les victimes sont très graves. Pour ce prêtre aussi. Il faut que la vérité éclate même si elle fait mal. C’est salutaire pour les personnes abusées, et pour l’Église » exprime-t-il au cours de la conférence de presse. Avant de conclure : « Nous ne pouvons remonter de ce fléau que tous ensemble. Il faut vider l’abcès ».

F.S.

La cellule d’Écoute des blessures, c’est quoi ?

Mise en place dès 2014 par l’évêque d’Orléans Jacques Blaquart, la cellule d’Écoute des blessures permet aux personnes qui auraient été victimes d’agressions sexuelles de la part de responsables d’Église d’être écoute, et accompagné le cas échéant dans une démarche de vérité vis-à-vis de ces faits. Composée de personnes mandatées par l’évêque, l’équipe est aussi composée de professionnels extérieurs : médecins, psychologues, magistrats, avocats…
Une déléguée diocésaine a également été mandatée pour effectuer un travail de formation à l’éducation affective et sexuelle à destination des personnes en responsabilités dans l’Église, notamment celles et ceux en responsabilités vis-à-vis des jeunes. Une charte de bonne conduite a été éditée, « pour avoir la juste attitude » précise l’évêque d’Orléans. « On fait du mieux qu’on peut ; il ne faut pas baisser la garde » ajoute-t-il.

Tel : 06 42 08 26 03. ecoutedesblessures@gmail.com

 

Commentaires

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  1. Et un détraqué sexuel de plus dans l’église catholique. Les innocents sont surtout ses victimes. Monseigneur Blaquart assume courageusement les faits.

  2. L’église n’est pas seule touchée par ces scandales mais il faut avouer qu’elle affronte la sujet avec un certain courage, presque au détriment de la présomption d’innocence. Mais si les faits deviennent avérés, elle apparaîtra comme ayant eu la bonne attitude dès le début.

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