A Graçay, le musée de la photo adapte ses objectifs !

3e musée photographique de France par la richesse de ses collections, financé principalement par des fonds publics, le Musée de Graçay doit adapter ses objectifs pour compenser une baisse d’effectifs. Mais en gardant l’esprit d’initiative cher aux bénévoles qui le font vivre.

Alors que sa nouvelle saison commence officiellement ce dimanche 1er avril, le Musée de la photo de Graçay, dans le Cher, doit continuer à vivre, tout en innovant pour faire face à une baisse d’effectif. Il suffit d’aller sur son site internet pour prendre la mesure de la situation. « …Avec l’hiver qui pointe le bout de son nez, commence une nouvelle période pour le Musée, sans doute moins de visites individuelles, mais toujours beaucoup de groupes seront présents dans nos murs, en particulier des clubs photos… », annonce Rémy Duroir, son responsable. Etrange annonce. Troisième musée photographique de France par la richesse de son patrimoine, il est considéré comme une entité privée, car géré par une association, bien qu’essentiellement financé par des fonds publics, et doit faire face à des restrictions budgétaires qui réduisent ses effectifs. « …Jusqu’en juillet 2017, nous pouvions ouvrir à plein temps. Mais suite à un départ non remplacé à l’office de tourisme, nous avons dû réduire les horaires d’ouverture, fonctionnant désormais essentiellement le matin, et un dimanche sur deux… » explique Sandrine, en poste au musée depuis 18 ans, mais partageant désormais son temps avec l’accueil de l’office de tourisme. « …Nous dépendons de l’office de Tourisme de Vierzon, qui doit faire des choix dans ses priorités, selon ses capacités budgétaires… ».

« …C’est pourquoi nous avons décidé de privilégier l’accueil des groupes, plus facile à gérer sur le planning, que les individuels, aux visites majoritairement non programmées. Tout en réfléchissant à une autre organisation, plus souple, adaptée à la situation… », continue Sandrine, qui assure aussi l’accompagnement des visites, en alternance avec Rémy Duroir.

Pourrait-on ainsi imaginer des visites libres pour les particuliers, sous condition de surveillance vidéo des lieux ? Rien n’est à exclure, mais tout doit être étudié. Rémy Duroir donne pourtant un indice sur la page d’accueil du site internet.  « …La saison froide est toujours significative de beaucoup d’activités pour nos bénévoles. En effet, nous allons débuter de nouveaux travaux dans plusieurs salles : cloison au rez-de-chaussée, vitrines à l’étage, amélioration du système vidéo, modification de l’information aux visiteurs, etc… Notre but est de redonner un nouveau style au musée pour tenir compte des nouvelles données économiques (…). Nous souhaitons donc créer un centre artistique, historique et technique consacré à la photo avec plus d’autonomie de visite… ».

Le musée conserve donc toujours son dynamisme, continue à faire « tourner » ses collections, en prêtant régulièrement des pièces de ses collections, comme en 2017 au musée de Verdun et, rappelle Rémy Duroir, « …sera cette année encore représenté au sein du réseau des musées technologiques initié par le Conservatoire National des Arts et Métiers… », par sa présence au Comité de Pilotage du REMUT à Paris. « …C’est dans ce cadre que des stages de formation aux techniques de prise de vue d’objets et de collections seront organisés à Graçay en 2018… ».

Photo Jérôme Bouet

Certes, sans conteste, à la différence des deux autres musées qui le précèdent dans ce classement, celui de Chalon sur Saône et celui de Bièvres, le musée de Graçay est essentiellement un musée consacré aux techniques photographiques et aux matériels utilisés, plus qu’à la présentation d’œuvres photographiques, comme le fait à paris la Maison européenne de la Photographie. Mais les expositions y sont toutefois régulières, pour mettre en valeur, bien évidemment, ce que produit le matériel photographique, allié à l’œil du photographe.

La prochaine exposition sera ainsi assurée par un auteur régional, le vierzonnais Jérome Bouet, membre à la fois du photoclub de Selles sur Cher et de l’ACPC (Association de chasse photographique en région Centre). Ce berrychon né en 1968 y sera présent du 9 juin au 22 juillet pour présenter ses clichés favoris, comme il l’aura fait 3 semaines plutôt au Printemps de la photographie de Romorantin. « …J’ai depuis toujours été attiré par la nature et la vie sauvage. La photographie s’est rapidement imposée comme une évidence dans mes loisirs. Mes terrains de jeux photographiques favoris sont les forêts et les plaines ainsi que les rives d’étangs et les abords des rivières de ma région. Je pratique l’affût, l’approche ou la billebaude avec la même passion. Ma perception de la photo se veut être le témoin discret d’une nature sauvage, belle et fragile… », explique-t-il.

Un regard bien en phase avec sa région, qui profite aujourd’hui de matériels et techniques très sophistiquée, grâce au numérique, mais qui conserve toute l’approche originelle de la photographie, à savoir la représentation du réel, comme le démontre, justement, toute la gamme de matériel présentée au musée, du boitier le plus rudimentaire aux objectifs les plus excentriques… 

« …La photographie animalière est pour moi une quête incessante, la plus belle des photos sera toujours celle que je n’ai pas encore prise… », déclare encore Jérome Bouet. Voilà une belle invitation à suivre son parcours d’exposition en exposition… Quitte à revenir une autre fois au Musée de Graçay.

Jean-Luc Bouland.

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