Loiret : l’écologie au secours de la déviation de Jargeau

La déviation de Jargeau fait débat, même si le tribunal administratif a annulé le recours déposé devant lui à son sujet par une association environnementale. Elle va donc continuer de se faire. Une batterie de mesures a été présentée lors de la session budgétaire du Conseil départemental du Loiret, en faveur de l’environnement autour de cette future déviation. Pour faire passer la pilule, et peut-être pas seulement.

Le projet de deviation à Jargeau.

Quinze millions d’euros pour l’environnement. Au total, 100 millions sur 15 ans. Certes, les esprits chagrins – il s’en trouvera – estimeront qu’on n’en fait jamais assez pour la sauvegarde de l’environnement. Mais enfin, notamment dans le projet de déviation de Jargeau, la série de mesure proposées et prises par le Département du Loiret peuvent laisser penser qu’on est sur le bon chemin, en l’occurrence sur la bonne route…

Récemment les coupes de bois (14 hectares) pour permettre le tracé de la déviation ont fait causer. L’association Mardiéval avait déposé un recours devant le TA, dans un premier temps celui-ci leur avait donné raison (début janvier dernier) ordonnant l’arrêt immédiat des opérations de déboisement de cette zone classée Natura 2000. Requête rejetée fin janvier, condamnant l’association à verser 500 € au Département. Une opération de reboisement est prévue dans le massif d’Ingrannes à Saint-Denis-de-l’Hôtel. Sera-t-il de nature à calmer les esprits ? Ils pourront toujours se consoler avec les autres mesures prises par le Département en matière environnementale : la création d’une succession de mares sur la commune de Darvoy ; la vérification et protection des chauves souris ; la construction de « banquettes à pieds secs » pour la petite faune afin de traverser les franchissements hydrauliques (fossés, etc.) ; l’aménagement sur la commune de Sandillon d’une réserve foncière de 10 hectares sur le site des Lombardiaux pour la conservation des bocages et de la biodiversité ; la densification du réseau des haies et prairies plus la création de mares ; la création – pour 290.000 € – de barrières de protection des amphibiens ; des mesures d’accompagnement du balbuzar…

Le cékoidon du jour : un “crapauduc” !

… et enfin l’installation de 9 « crapauducs » de 15 mètres pour qu’ils ne se fassent pas écraser comme des crêpes du le bitume de la future déviation… Le traitement des eaux pluviales, la régulation des débits de rejet et le confinement des pollutions accidentelles seront contenus grâce aux 15 bassins de traitement des eaux pluviales, pour un montant de 5M€. « Malgré toutes les compensations que vous évoquez » dira le conseiller écologiste Thierry Soler, « concernant la déviation de Jargeau pour moi ce budget reste orienté sur un modèle assez ancien de société, notamment en matière de transition énergétique. Ce que j’espère c’est qu’il ne soit qu’une étape vers un vrai budget écologique ».

Et à part ça, le budget adopté

690,3 M€, c’est le budget total du Département du Loiret, dont 152,5 Me consacrés aux investissements. Les routes engloutiront 42,7 M€, les collèges 24 M€ avec notamment la construction de 3 nouveaux établissements (nord-est d’Orléans, Pithiviers et Dadonville) ; la fibre Très haut débit : 16,7 M€. Les taux de fiscalité ne bougeront pas, mais comme le faisait remarquer Christophe Chaillou : “ils ont augmenté il y a deux ans… ». Ce qui donne pour la fiscalité 2018 : 18,56 % sur le foncier bâti.

F.S.

Commentaires

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  1. Avec, comme illustration, le mensonge d’un pont vide alors qu’il est programmé pour recevoir plus de trafic que l’actuel pont de Jargeau, on reconnait dans cet article la communication du conseil départemental à l’état brut.
    La mise en œuvre de ce projet est toujours bloquée, le T.A. n’étant en rien revenu sur la décision de suspension qui a donné raison aux requérants. Il a simplement rejeté une seconde demande de suspension, considérant qu’avec la première satisfaite, il n’y avait plus la condition d’urgence.
    Quant aux mesures environnementales citées comme nouvelles, elles étaient déjà prévues et elles ne constituent qu’un “emplâtre sur jambe de bois”, comme on dit, au regard des dégâts prévisibles… et ceux déjà causés par les déboisements illégaux au Bois des Comtesses en novembre dernier.

  2. Merci Madame pour cette mise au point sur cet article comme vous le soulignez fort justement pro-conseil départemental. Ce projet est destructeur et complètement débile !

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