Chaumont-sur-Loire : 10 ans d’art, ça se fête

La saison touristique est ouverte depuis le week-end de Pâques au Domaine de Chaumont-sur-Loire. Les expositions d’art contemporain ouvrent le bal, en attendant le festival des jardins dans un mois. C’est la 10e année pour ce rendez-vous international mené de mains de maître par Chantal Colleu-Dumond, commissaire des expositions et directrice du domaine.

Klaus Pinter

Depuis le début de l’histoire, il y a dix ans, ce sont plus de 75 commandes artistiques contemporaines, autant d’invitations de créateurs majeurs ou émergents du monde entier qui sont venus exposer à Chaumont-sur-Loire. Cette année, 15 commandes et expositions sont parsemées dans tout le domaine : dans le château lui-même bien sûr mais aussi dans le parc historique, les prés du Goualoup, les écuries, la cour de la ferme…

Sheila Hicks, “Sens dessus dessous”

Pour la deuxième année consécutive, l’américaine qui vit en France depuis 1964 Sheila Hicks expose une collection laine et de papier (de soie, bambou), dans les appartements des invités de la Princesse de Broglie et les anciens offices, inventant des univers poétiques où sa grande liberté créatrice est sans limite, comme sa soif de renouvellement permanent. Dans la Galerie basse du fenil, c’est Anne et Patrick Poirier qui feront découvrir « l’Herbarium Memoriae », captant la fugacité d’un instant où ils révèlent « la géographie cachée des végétaux » avec des fleurs fraîches ou fanées. En photographiant à la chambre, les « photogrammes » offrent un rendu très précis de la matière végétale qui semble devenir chair. Et prends corps sous nos yeux…

Sous l’auvent des écuries, l’artiste autrichien Klaus Pinter installe une sphère aux milliers de fleurs d’or jouant avec la lumière et les aléas du ciel, encore capricieux en ce début de printemps aux allures d’hiver qui joue les prolongations. L’asinerie abrite un spectaculaire « Champ céleste » du Vietnamien Duy Anh Nham Duc, jeune plasticien de 35 ans arrivé en France à l’âge de 10 ans et qui a fait de la nature la matrice de ses œuvres. Un plafond de milliers de pissenlits vient rappeler toute la poésie et fragilité de l’instant. Cette œuvre, par sa singularité, devrait couper le souffle des visiteurs, et il vaut mieux vu la composition éphémère de ces fleurs volatiles semées « à tout vent »… L’air et les semences de pissenlit dans cette œuvre inversée est accompagnée par une création sonore de Benoît Cimbé. Un peu plus loin dans le parc historique, Nathalie Nery se pose la question « Est-ce que si un arbre peignait » où, comme elle le dit elle-même, « mon inspiration première, c’est l’inconscient ». L’arbre autour duquel elle entortille et enroule ses feuilles s’extériorise en même temps qu’il laisse choir ses objets. On ne manquera pas non plus dans ce même parc historique Eva Jospin et sa « Folie », grotte fantasmagorique dans sa matière favorite : le carton.

Mais c’est aussi : Fiona Hall avec « Tout au long des tours de guet » ; Fujiko Nakaya « Cloud installation » ; Nils-Udo « Le Nid » (dans les prés du Goualoup). Sarkis dans le grand salon du château. Tanabe Chikuunsai IV avec « Connexion » dans la Grange aux abeilles. Simone Pheulpin « La Nature du pli » dans l’asinerie et dans le château. Frans Krajcberg dans les galeries de la cour des jardiniers.

F.Sabourin

Les « Paysages » de Jacques Truphémus, dans une exposition hommage

Jacques Truphémus, “Paysages”.

Décédé en septembre dernier, le peintre Jacques Truphémus, considéré comme l’héritier de Bonnard, était le peintre-poète d’une nature telle qu’il est parfois désormais difficile de la voir. Ses paysages et scènes de nature, aux vibrantes et fascinantes couleurs et lumières, sont rassemblés dans une exposition hommage, dont une partie des œuvres est prêtée par le galeriste Claude Bernard. La lumière y est omniprésente, sans souci d’ombres portées, sans heures ni saisons, en harmonie. Des arbres, des herbes, des montagnes bleues se dressent et donnent la parole aux vivants, attestant chez le peintre la primauté de l’affection pour les êtres et la matière. A ne pas manquer, dans les galeries hautes du château.

 

Commentaires

Toutes les réactions sous forme de commentaires sont soumises à validation de la rédaction de Magcentre avant leur publication sur le site. Conformément à l'article 10 du décret du 29 octobre 2009, les internautes peuvent signaler tout contenu illicite à l'adresse redaction@magcentre.fr qui s'engage à mettre en oeuvre les moyens nécessaires à la suppression des dits contenus.