Grève SNCF, jour 2 : ambiance covoiturage

Mercredi 4 avril, 2e jour de grève à la SNCF. Changement de galère, de galériens, et de compagnons d’infortune : aujourd’hui, on teste le covoiturage.


Signe des temps : le parking covoiturage à l’entrée de l’autoroute A10 à Blois est plein comme un œuf, ça déborde même dans le chemin le long des terres agricoles mitoyennes. Il y a pourtant un panneau de stationnement interdit, mais ça ne dissuade pas Xavier qui vient de garer sa voiture en attendant de se s’abriter sous le petit abri du parking. « Il a été agrandi l’année dernière, mais on voit que c’est déjà saturé. On fait comment alors ? On se gare sur les voies d’accès à l’autoroute ? Bonjour la sécurité ! ». L’ambiance a l’air tendue. « Oui, elle l’est !» dit-il un brin fatigué alors que la grève ne fait que commencer. « Je paie un abonnement de train mensuel et je ne peux pas le prendre, je suis obligé de faire du covoiturage et donc de payer en plus, et ça, c’est intégralement pour ma pomme » s’agace-t-il. Avec Blablacar, le plus connu et fréquenté des sites de covoiturage, il faut compter 5 € pour un trajet Blois – Orléans, 8,5 € pour un Tours-Orléans, entre 9,5 € et 12 € pour un Châteauroux-Orléans et 6-7 € pour un Vierzon-Orléans. Des tarifs « qui n’augmenteront pas, ça n’est pas prévu » nous affirme-t-on sur la plateforme du site, via la discussion instantanée avec un « helper » en ligne.

Des tarifs conformes également à ce qu’on trouve chez le principal concurrent, Idvroom, site de covoiturage de la SNCF, laquelle encourage fortement son utilisation les jours de grèves. « Mais certaines grosses entreprises ou collectivités s’organisent elles aussi, notamment Humanis ou Agglopolys à Blois » nous renseigne Fabrice, à bord de sa Citroën Picasso, alors que nous filons vers Orléans. Notre covoitureur du jour a mis sont trajet en ligne car il supposait « que des gens seraient en galère à cause de la grève ». Il met d’habitude plutôt des longs trajets, qu’il effectue le plus souvent en famille, « mais il reste toujours une place », dit-il.

Le covoiturage, une solution alternative aux perturbations ferroviaires qui vont – selon toute vraisemblance – durer jusqu’au chaud soleil d’été ? Probablement. C’est en tout cas le choix de Sabine, étudiante ingénieure en stage à Tours, qui aurait dû s’y rendre en train mais ne pourra pas : « Ça tombe assez mal, mon stage dure d’avril à fin juin, pile dans la grève… Mes trajets étaient pris en charge à moitié par l’entreprise où je suis stagiaire, je ne sais pas encore si ça va fonctionner avec Blablacar… » s’inquiète-t-elle. Alors elle a tenté « l’autostop citoyen ». Sur cette plateforme gratuite, il suffit de partager sur Facebook ou Twitter son trajet, puis d’imprimer une feuille sur laquelle est inscrit « recherche conducteur pour ». On inscrit le nom de la ville où l’on souhaite se rendre. Rendez-vous dans les gares ou les aires de covoiturages pour trouver un conducteur et/ou un passager. « J’ai poireauté un moment », gémit Sabine, « en gare de Blois il n’y avait personne… Ça n’est pas encore très connu ce système, j’ai du me débrouiller autrement ».

Covoiturage = taxi ?

La Croix-Marceau à Orléans : un spot de rdv covoiturage bien connu.

Dans la voiture de Jean-Luc, enseignant en mathématiques à Orléans, on devise sur les avantages et les inconvénients du covoiturage : « C’est une façon pour moi de rentabiliser mon voyage, je fais le trajet très souvent, même si je privilégie le plus possible le train. Je vais également à Paris, avec trois passagers, ça me rapporte 72 € c’est-à-dire presque ce que me coûte le trajet ». Depuis le début de la grève, a-t-il senti la différence de fréquentation ? « Étrangement non, hier je n’ai eu personne, avant-hier une seule et aujourd’hui une seule ». Le hic parfois c’est que les passagers peuvent considérer les conducteurs comme des taxis : « Une fois j’avais indiqué sur l’annonce que je ne faisais pas de détour. La personne m’a dit qu’elle ne prenait pas le tramway, elle me demandait si je pouvais venir la chercher à la gare, alors que je partais de la rive gauche de la Loire, au sud d’Orléans… » explique-t-il. Une autre fois ce sont deux personnes avec de très volumineux bagages alors qu’il avait indiqué ne pas avoir de place dans sa voiture. Bref pas toujours simple de se faire comprendre…

17h45, parking covoiturage entrée/sortie autoroute A10 Blois : à peine 45 mn après être partis d’Orléans, nous franchissons le péage. Aussi bien, presque mieux qu’en train habituellement. Promis, la semaine prochaine, on tente les « bus Macron »…

F.Sabourin

Les alternatives au train (sites collaboratifs ou non) :

Blablacar : https://www.blablacar.fr/
Site Internet autostop citoyen : https://autostop-citoyen.fr/
Site Internet IdVroom (=SNCF) : https://www.idvroom.com/

Cars Macron : Flixbus https://www.flixbus.fr/
Ouibus (=SNCF) https://www.ouibus.com/
Ouicar (=SNCF loc voitures à un particulier) https://www.ouicar.fr/

Un bus “Macron” devant la gare de Blois.

 

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