Orléans : des moutons ‘anti-crues’ au pied de la Tangentielle

Suite aux inondations de mai-juin 2016 dans le quartier des Châteliers à Semoy, Orléans Métropole a décidé de recourir à l’éco-pâturage sur le bassin d’assainissement de la Fosse Bénate qui avait endommagé sept pavillons. Une action écologique et économique test avant l’aménagement d’un nouvel espace en bord de Loire cet été.

Au pied de la tangentielle, une dizaine de moutons entretiendra désormais le bassin de la Fosse Bénate.

Ambiance pastorale à l’extrémité nord de l’avenue des Droits de l’Homme, au rond-point menant à la rampe d’accès de la Tangentielle. Au bout du parking de la jardinerie Botanic, paissent depuis une semaine 10 moutons, autour du bassin d’assainissement de la Fosse Bénate (emprise sur Orléans). Un deuxième site d’éco-pâturage sur Orléans avec celui de Saint Marceau, issu d’une réflexion menée par Orléans Métropole suite aux inondations de mai 2016 et au plan global de réhabilitation de ses ouvrages d’assainissement. À l’époque, les fortes pluies avaient provoqué le débordement du bassin à cause notamment d’une vanne de rétention d’eau pas suffisamment ouverte, inondant ainsi sept pavillons du quartier des Châteliers (implantés sur la commune limitrophe de Semoy). « Ça a été long, deux ans, mais aujourd’hui on arrive à quelque chose de satisfaisant, déclare Laurent Baude, maire de la commune sinistrée. La mobilisation de l’association ‘Quartier Défense du Châtelier’, présidée par Anne Marie Gobion, a été entendue par Orléans Métrople et une réflexion a été menée conjointement pour que le bassin fonctionne correctement car il y avait des doutes et un manque de fauchage  – de surcroît pas toujours bien fait – avait été constaté. Depuis des travaux sur buses ont été effectués pour être sûr que l’eau s’écoule bien. Quand il pleut maintenant ça s’écoule bien je suis venu vérifier ».  

Un entretien 100% naturel

C’est l’association La Moutonte qui gèrera l’éco-pâturage sur l’année.

Parallèlement aux nouveaux aménagements réalisés en concertation avec les riverains (réhabilitation du caniveau béton, création de surverses, reprise du grillage…), l’entretien annuel des 1,2 ha ne sera plus sous-traité mais confié à des ‘moutondeurs’ ! « Cinq brebis, un bélier castré et quatre agnelles de race Solognote et Suffolk pâtureront dix mois de l’année dans l’enclos, précise Nathalie Fourrage, présidente de l’association partenaire La Moutonte. L’Éco-pâturage se développe beaucoup : 100% naturel, il est préconisé dans les chartres environnementales pour son intérêt écologique notamment : pas de fauchage mécanique donc pas de bruit ni de pollution, gain de temps puisque l’outil est sur place, les moutons mangent tout donc pas de résidus qui risquent de tomber dans le bassin et qui risquent de boucher l’évacuation, et les excréments qui enrichissent le sol ». 

Autre avantage de l’éco-pâturage : la réduction du coût d’entretien de la parcelle : « De 4 000 €, nous passons à moins de 500 € alors que jusqu’à maintenant l’espace était tondu deux fois par an », souligne Armand Pineau, responsable exploitation réseaux. Alors que le cheptel sera étoffé d’ici 3-4 mois par des chèvres qui s’attaqueront, elles, aux ligneux (ronces, joncs…), il faudra attendre un an pour obtenir les premiers résultats selon ce qui aura été mangé et à quelle vitesse en fonction de la pluviométrie. Consciente de la nécessité de préserver la biodiversité et de favoriser les bienfaits de la nature en ville, Orléans Métropole envisage de dupliquer cette action une troisième fois cet été en bord de Loire, où une quinzaine de chèvres investira le talus entre le Pont Royal et le Pont de l’Europe. De quoi ajouter un cachet bucolique à la carte postale ligérienne. 

Estelle Boutheloup

Commentaires

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  1. Les élus ont-ils pensé à la pollution automobile que vont respirer ces animaux ?

  2. BRAVO MAIS IL FAUT AUSSI EN PARALLELE ARRETER DE BITUMER A TOUT VA.ET ENCOURAGER L ELEVAGE EXTENSIF AU LIEU DE PARQUER LES ANIMAUX DANS DES HANGARS.

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