“Terres du Son”: le festival différent

Au cœur de la mutation de l’industrie musicale depuis une dizaine d’années, les festivals estivaux se livrent (parfois malgré eux) une concurrence féroce. Il faut dire qu’entre juin et septembre, le nombre de festivals, toutes tailles confondues a explosé de façon exponentielle en 10 ans. Pas facile dès lors de se démarquer et d’attirer année après année un public de plus en plus exigeant. Pour y arriver et après avoir joué son atout de grand festival de la région ces dernières années, Terres du Son cherche depuis deux ans à mettre en avant son autre carte maîtresse : sa démarche éco-responsable.

L’éco-responsabilité : plus qu’un vain mot

Depuis 2007 et son passage du parc des expositions de Tours à l’île de la Métairie à la Ville aux Dames, le festival Terres du Son s’est mis en quête d’une démarche éco-responsable. Cette édition de la Métairie en 2007, sur un site protégé, en bordure de Loire c’est celle qui a fait pivoter Terres du Son vers un festival « responsable ». Une démarche poursuivie depuis au domaine de Candé où le festival a trouvé refuge depuis 2008.

Depuis 2008, le festival a évolué fortement, s’est agrandi également, passant de 10 000 festivaliers à 40 000 en moyenne (village et prairie réunis), tout en essayant d’accentuer cette démarche environnementale de façon plus ou moins importante selon les éditions. S’il fut un temps où Terres du Son s’est cherché, donnant l’impression de viser la marche supplémentaire, celles des grands festivals français, depuis deux ans le festival cherche surtout à assumer sa différence, en renforçant sa singularité et en refusant de surfer sur la vague de têtes d’affiches clinquantes (mais qui coûtent un bras ou les deux) et d’entrer dans un autre business.

Sans renier l’importance de la programmation – ce pour quoi les festivaliers viennent avant tout -, l’ASSO, l’association derrière Terres du Son s’est en effet recentrée sur sa véritable plus-value : son image de festival durable et responsable. Et c’est justement cela qui fait sa carte de visite au national et donc contribue à sa visibilité et à la réussite de son modèle.

Un pass à vie à gagner pour le festivalier le plus éco-responsable

Ce changement on l’avait déjà senti l’an dernier. Après une année 2016 compliquée et une baisse importante de son nombre de festivaliers (et un trou financier à la clé), les organisateurs ont pris le temps de faire un état des lieux, de prendre un peu de recul sur le sens de leur festival. Ils sont revenus en 2017 avec une communication différente, accentuant plus sur les évolutions apportées. L’an dernier on a pu saluer par exemple le travail réalisé auprès des publics handicapés, notamment envers les sourds et malentendants avec la mise en place de bornes vibrantes entre autres.

Une démarche qui s’articule autour de trois axes : l’environnement, le social et l’économie. Economie d’abord avec de multiples partenariats avec des structures locales et de nombreuses associations plus particulièrement. Social avec un travail sur l’accessibilité renforcé mais aussi avec par exemple l’intégration de jeunes en insertion sur des projets en amont et pendant le festival. Cette année on note la collaboration avec l’IME de Château-Renault, l’ITEP de Mettray, le Centre social Pluriel(le)s… Environnemental avec parmi d’autres actions, la mise en place de panneaux solaires, d’une chaine de tri avec Tri37… ou encore la mise en place de navettes gratuites (avec le réseau Fil Vert – Remi), l’incitation au co-voiturage, etc. Une question primordiale dans la démarche prônée, 90% de l’impact énergétique du festival venant des transports explique Hugues Barbotin, le directeur du festival.

Une démarche qui ne serait pas complète sans l’implication des festivaliers eux-mêmes. Et là encore, Terres du Son souhaite passer à la vitesse supérieure. Cette année, le festival proposera ainsi un concours éco-festivalier engagé. Les festivaliers seront invités à effectuer des gestes éco-responsables pendant le festival pour lesquels ils gagneront des points avec des lots à la clé. Le festivalier qui aura été le plus éco-responsable pourra repartir avec un « golden pass » nous explique-t-on, c’est à dire un pass à vie pour le festival !

« L’éco-village gratuit : le poumon vert du festival »

Année après année, les organisateurs le répètent, le but de Terres du Son n’est pas de réunir 20.000 personnes devant une scène, mais au contraire de créer un lieu de vie multiple. Un projet rendu possible par le beau cadre du domaine de Candé, mis à disposition par le Conseil Départemental. Et si les regards restent bien sûr tournés vers les grandes scènes de la Prairie, « le cœur du festival c’est le village gratuit » rappelle Hugues Barbotin, le directeur du festival. Un village gratuit qui est au centre de la démarche responsable, « le poumon vert du festival » pour Hugues Barbotin, avec ses multiples associations présentes, ses débats, ses animations sur ce thème…

Un village qui cette année sera construit directement avec les acteurs qui l’animeront en vue de le rendre plus interactif mais aussi de le penser de façon optimale en terme de gestion énergétique, de traitement des déchets… Un village où on retrouve également le coeur gastronomique du festival avec une accentuation encore plus vers des produits et producteurs en circuit court et quand c’est possible en bio.

Un degré en plus : Sur la programmation, Terres du Son joue aussi la carte de la différence.

Bien sûr derrière tout cela, la programmation reste le point central de ce festival… de musique. Une programmation où l’on retrouve également cette volonté de différenciation. « J’ai cherché à démarquer de la standardisation des festivals » explique ainsi Marie-Line Calvo, la nouvelle programmatrice du festival. Au final on retrouve une programmation écléctique et électrique qui fait la part belle à la scène émergente « tendance » mais aussi à quelques pépites que ce soit en rock, hip-hop, électro… Parmi les noms présents citons Gaël Faye, Juliette Armanet, Faire, Roméo Elvis, Feu ! Chatterton, Fakear, Molécule, Lomepal, L’Impératrice…

Mathieu Giua

Une programmation à découvrir dans le teaser ci-dessous :

> Toutes les infos sur le site de Terres du Son 

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