Tina Poulizac : “Jacques Higelin, c’était grande générosité, tendresse, sensibilité…”

Pendant un quart de siècle Tina Poulizac, responsable des relations publiques du festival, a fait parti de la garde rapprochée de Daniel Colling le patron du Printemps de Bourges. C’est dire si, entre 1995 et 2016, l’actuelle directrice de la communication de la Jeanne et Louis Productions, une société événementielle exploitante des Rives d’Auron, Parc des expositions de la ville de Bourges, a connu la déferlante Higelin à Bourges, en plusieurs occasions.

« J’ai eu la chance de le voir et l’écouter plusieurs fois en concert, au Printemps de Bourges bien sûr mais aussi au Palais d’Auron dans son spectacle sur Trénet et à Paris une fois, au Grand Palais je crois, il y a longtemps. Grande générosité, tendresse, sensibilité… je ne le connaissais pas personnellement mais ce sont les mots que m’inspire Jacques Higelin quand je pense à lui. Ce que je retiens de tous ces concerts, c’est son extraordinaire vitalité et surtout sa générosité avec le public, son envie de tout partager avec lui, de rester sur scène le plus longtemps possible pour donner, donner et encore donner… Et le public ne se lassait pas, il en redemandait encore. Ce sont les techniciens qui fulminaient un peu en coulisses et on les comprend ».

Si l’on demande à l’ancienne responsable des relations publiques du PdB (Printemps de Bourges) quelques anecdotes, sans hésitation, elle confie que deux souvenirs particuliers l’ont marquée : « Une année, nous avions installé un piano à l’Accueil professionnel. Un soir, Jacques s’est installé au piano et nous a improvisé un véritable concert jusque très tard. Il était tout simplement heureux d’être là avec l’équipe du festival et certains professionnels qui n’étaient pas pressés d’aller se coucher. Une autre fois, pour les 20 ans du festival, en 96, nous (l’équipe) avions organisé une soirée surprise privée à Daniel Colling, fondateur et directeur du Printemps. Cela se passait au Magic Mirrors et nous avions secrètement invité Jacques Higelin et le groupe Marousse. Là aussi Jacques s’est mis au piano et nous a improvisé un très beau moment de musique avec la chanteuse de Marousse. Impossible de l’arrêter et la soirée fut exceptionnelle pour nous tous. Un très beau moment pour toute l’équipe du festival et pour Daniel Colling en particulier ».

Quand Jacques Higelin faisait le bœuf à Marcilly-en-Gault

En 1980, l’association La Ravenelle organisait un festival musical à Vierzon. Un festival dont le titre PULSAR 80 était suivi d’une phrase prémonitoire « la musique explose à Vierzon ». De fait, la manifestation devait s’arrêter dans le chaos, vitrines brisées, feu au chapiteau, etc. Pour des raisons de manque de professionnalisme des organisateurs, leur jeunesse aussi malgré trois festivals de folk organisés les années précédentes, une boîte de « sécurité » plutôt laxiste, le vol d’une partie de la billetterie, et surtout le manque d’empathie de « requins » du show bizz qui imposent le paiement des cachets avant certains concerts ou ont des exigences techniques démesurées. Là, entre le 28 juin et le 5 juillet, devaient se côtoyer Ray Charles, Angelo Branduardi, Trust, Motorhead, Jimmy Clif ou Malicorne mais aussi Jacques Higelin. Malgré le début de panique dans l’organisation, Higelin souhaitait monter sur scène… Gratuitement. Il ne peut pas le faire parce que les roadies ont déjà démonté la plus grande partie du matériel et les techniciens sont tous partis. Finalement, sur la route du retour vers Paris, Jacques Higelin s’arrête au cœur de la Sologne, à Marcilly-en-gault. Dans le troquet du coin, le concert s’improvise tout seul et plus d’une centaine de spectateurs ont droit à un bœuf de fou. Une soirée qui reste, selon le patron du bar, comme celle de sa recette du 20e siècle et pour les heureux spectateurs comme LE concert à jamais dans les mémoires. Jusque tard, Higelin a jonglé entre mots et maux, en petit comité. Loin du fracas et des gaz lacrymo de Vierzon. Ce soir là, c’était binouze plutôt que “Champagne” mais, à côté de la Maison des étangs, on s’en souvient encore.

Fabrice Simoes

Commentaires

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  1. Preuve qu’on lit Mag Centre et avec attention, on note même les fautes …”d’orthograffe”: par exemple, faut-il écrire parti ou partie.
    On va considérer que c’est une coquille pardonnable pour un article qui évoque le
    b…œuf musical.
    Higelin, JAiMe !

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