Région : l’agroalimentaire a son CFA

Avec la création de l’IFRIA Centre-Val de Loire, la région se dote de trois formations agroalimentaires pour apprentis. Très attendu par les entreprises et la filière, dans un contexte tendu entre les régions et le gouvernement, l’ouverture de ce CFA « hors les murs », le premier depuis dix ans, doit attirer 1500 apprentis d’ici à 2020. La signature s’est déroulée lors du 4e Forum Régional de l’agroalimentaire réunissant les professionnels du secteur, à Orléans le 12 avril.

Signature de la création du nouveau CFA Agroalimentaire en région Centre-Val de Loire.

Alors que se conduisent encore les négociations serrées entre le gouvernement d’Édouard Philippe et les régions au sujet de l’apprentissage, François Bonneau, président de Centre-Val de Loire, affichait le sourire de ceux qui ne lâchent rien. Dix ans que l’entité régionale n’avait pas signé l’ouverture d’un CFA, mêle si celui-ci est d’un genre un peu particulier. Il est « hors les murs », c’est-à-dire que les trois formations qu’il propose – conducteur de ligne spécialisé ; pilote de ligne de

Emmanuel Vasseneix et la laiterie de ST-Denis de-l’Hôtel, une belle réussite en agroalimentaire.

production ; technicien de maintenance agroalimentaire – se dispenserons là où seront les besoins : entreprises agroalimentaires essentiellement regroupées dans des bassins d’emplois de ce type, comme Contres (Loir-et-Cher) par exemple. « L’agroalimentaire est une filière majeure, devenu un cluster, et promis à un développement plus grand encore. C’est un sujet identitaire, une image forte pour la région et un enjeu pour la jeunesse qui est ici » se réjouit François Bonneau. Une filière majeure, mais pourtant 90 % de ce qui est produit en région Centre-Val de Loire la quitte pour y être transformé ailleurs. De ce fait, l’industrie agroalimentaire régionale ne représente « que » 2,6 % de celle de la France entière. « On produit beaucoup de céréales en vrac, de bois en vrac, mais tout cela s’exporte avant d’avoir été transformé ici » regrette le directeur régional à l’agroalimentaire Jean-Roch Gaillet.

Un CFA “hors les murs”

Le futur CFA agroalimentaire – qui s’appellera l’IFRIA Centre-Val de Loire (1) – va proposer trois formations pour devenir conducteur de ligne, pilote de ligne de production, et technicien de maintenance. « Nous devons former plus de 500 personnes par an sur ces métiers-là en 2018-19 et 20 », explique Laurent Haon directeur de l’IFRIA Centre-Val de Loire. Un chiffre qui s’explique par le faible turn-over dans les métiers concernés : s’annoncent très prochainement des départs à la retraite conséquents. En outre, le secteur est favorisé par la présence dans la région d’un potentiel fort de conditionnement agroalimentaire : jus de fruits, produits du maraîchage, alimentation animale, boulangeries et pâtisseries industrielles…

La Région abondera à hauteur de 30.000 € pour ce CFA agroalimentaire, qui coûtera 450.000 € par an pour trois formations. Une partie des formations se déroulera dans les CFA existants, l’autre partie directement dans les entreprises.

F.Sabourin

(1) IFRIA : Institut de formation régional de l’industrie agroalimentaire.

La machine avec laquelle les apprentis agroalimentaires pourront apprendre

Il est mobile, transportable d’un site à l’autre. Il faut quatre heures pour faire un programme et s’adresse plutôt aux PME de moins de 50 salariés. Il est équipé de caméras de contrôle, d’un QR code de traçabilité. Ce petit robot collaboratif, fabriqué par ERM Automatismes à Carpentras (Vaucluse) conditionne dans des pots, possède un poste d’encapsulage et de pose de bouchons. Il fonctionne avec un logiciel développé par Siemens, et s’inscrit dans l’usine du futur « 4.0 ». Il équipe les CFA, lycées pro, laboratoires de recherche, tous les lieux de formation. Il coûte de 10.400 € HT mais peut grimper jusqu’à 350.000 € selon le modèle.

L’agroalimentaire régional en chiffres :

327 entreprises
900 M€ de chiffre d’affaires à l’export
4,5 milliards de CA
11.938 employés

Répartition par département en 2015 :

Eure-et-Loir : 54 entreprises ; 1.504 employés
Loiret : 79 entreprises ; 4.636 employés
Loir-et-Cher : 58 entreprises ; 2.242 employés
Indre-et-Loire : 63 entreprises ; 957 employés
Cher : 38 entreprises ; 1.283 employés
Indre : 28 entreprises ; 1.591 employés

 

Commentaires

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  1. enfin… il est temps d’investir pour que les formations soit en symbiose avec le monde du travail actuel.
    que ce soit d’un point de vu matériel et contenu du programme de formation.
    mais il faut également que les entreprises jouent le jeu en embauchant des élèves en fin de formation avec des salaires décent.
    mais il faut également que les entreprises ne ce serve pas du système de la formation pour s’approprier de la main d’œuvre à prix réduit en profitant du système de formation comme le font certaine grosse entreprise du secteur agroalimentaire sur contres dans le loir et cher pour ne pas les citer…
    le but de ces formations sert avant tout à former et a donner du travail.
    Cdt

  2. petit complément.
    il y a des gens qualifié sur le marché de l’emploi actuellement, mais beaucoup d’entreprise ce serve de ces formations et des enveloppes de subventions pour avoir de la main d’œuvre à moindre coup.
    je sort d’une de ces formations avec un bac pro en poche complété par une expérience d’encadrement et de gestion de production.
    quand vous postulez dans des entreprises ou vous avez effectué des stages avec de très bon rapport et appréciations, on vous répond pas ou encore on vous dit que le poste et déjà pourvu hors que l’annonce apparaît en permanence…
    les entreprises doivent prendre des engagements d’embauche en fin de cycle de formation.
    il ne faut pas prendre les apprentis pour du bétail …
    cdt

  3. Plein de réussite à ces jeunes qui auront la chance de profiter de ces nouvelles installations.
    Les métiers de l’agroalimentaire sont en constante mutation et il est important de pouvoir former les apprentis dans de bonnes conditions.

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