Université d’Orléans : une mobilisation qui ne fait pas l’unanimité parmi les étudiants

L’UFR de lettres est le cœur de la mobilisation étudiante orléanaise contre le Plan Étudiants et la loi ORE. Une mobilisation contestée par une partie des étudiants.

La mobilisation étudiante se poursuit à l’université d’Orléans. Le « collectif de mobilisation » ou « co-mob »), dans lequel on retrouve des étudiants syndiqués (UNEF, Jeunesses communistes ou Solidaires) ainsi qu’un bon nombre d’étudiants « sans étiquette », occupe, depuis ce lundi 9 avril, la salle 150 de l’UFR de Langue, Lettres et Sciences Humaines (LLSH) de l’université. C’est aussi ce lundi que le collectif a mis en place un dispositif de « barrage filtrant » autour du bâtiment de la fac de lettres, qui lui a surtout permis de sonder (à l’aide de questionnaires) ce que pensent les étudiants du Plan Étudiants et de la loi ORE (Orientation et Réussite des Étudiants). Puis le lendemain, le collectif a partiellement bloqué le même bâtiment.

Si depuis, aucune action du collectif n’a empêché les étudiants de venir en salle de cours, le co-mob proposait, jeudi 12 avril, une réunion ouverte à tous les étudiants afin de débattre autour de la mobilisation étudiante. Si cette réunion a permis de discuter sur le plan du gouvernement (l’importance de l’orientation a été souvent citée), c’était surtout l’occasion pour les opposants au blocus du mardi de faire entendre leur mécontentement.

Principal reproche fait au blocus : malgré les précautions du co-mob (les salles d’examen n’ont pas été bloquées), certains examens ont dû être décalés à la semaine suivante de partiels, rajoutant travail et stress aux étudiants « déjà surchargés ».

Manque de communication autour du blocus et de l’AG

Autre problème le manque de communication autour du blocus. À nouveau, le co-mob a fait attention de renseigner les étudiants lors du barrage filtrant de la veille ou par des affiches. La direction a également mis au courant les étudiants et professeurs, par un courriel diffusé le vendredi. Des précautions insuffisantes pour certains : « mon prof n’était pas au courant qu’il y avait blocus mardi. C’est moi qui lui ai dit le lundi soir », témoigne un étudiant en japonais.

Un problème de communication qui selon les mêmes opposants, concerne également l’AG (assemblée générale) du jeudi 5 avril, au cours de laquelle le blocus a été voté. Une assemblée générale à laquelle avait assisté une soixantaine de personne. « Soixante personnes qui prennent une décision pour les 2000 étudiants de la fac de lettres, c’est pas démocratique » reproche Fanny Picard, étudiante en droit et représentante de la fédération Ô Campus.

Le co-mob se défend qu’il a à nouveau fait le nécessaire pour communiquer sur l’événement, expliquant « qu’il fallait venir pour voter contre ». Un argument qui ne semble pas convaincre le camp d’en face, prenant les exemples des universités de Tours, où l’AG pour le vote du blocus a rassemblé plusieurs centaines d’étudiants, ou de Nancy, où un vote électronique a été mis en place par la direction.

Un débat compliqué, qui a finalement davantage traité des modalités de la contestation que des propositions du gouvernement. À partir de quel nombre une assemblée est représentative ? Sous quelles conditions un vote légitime ? À leur manière, ces étudiants, pour ou contre le Plan Étudiants, pour ou contre le blocus, s’interrogent sur les modalités de la démocratie elle-même.

Quelle suite pour la mobilisation à Orléans ?
Si l’occupation de la salle 150 prendra fin ce vendredi 13 avril, « une AG sera sûrement prévue durant la semaine prochaine » assure Jonathan Bruneau, président de l’UNEF et étudiant en biologie. Ce dernier précise cependant qu’il n’y aura sûrement pas de blocus pour cause  d’examens, mais que la mobilisation peut prendre d’autres formes.
NPVS

Commentaires

Toutes les réactions sous forme de commentaires sont soumises à validation de la rédaction de Magcentre avant leur publication sur le site. Conformément à l'article 10 du décret du 29 octobre 2009, les internautes peuvent signaler tout contenu illicite à l'adresse redaction@magcentre.fr qui s'engage à mettre en oeuvre les moyens nécessaires à la suppression des dits contenus.

  1. Ceux qui protestent contre la sélection oublient celle des classes préparatoires, des facs de médecine, des écoles de commerce toutes privées (donc sélection par l’argent). il faut laisser les filières non sélectives de l’université aux plus pauvres!!! on s’interroge sur leurs motivations.

  2. Tant qu’il y aura moins de 40 % d’élus au terme du parcours universitaire, il y aura une sélection naturelle et beaucoup d’argent et d’illusions perdues. Sans parler des diplômes en chocolat et des formations à rallonges en 5 ans au lieu des 3 ans nécessaires.

Comments are closed.

Recevez chaque jour les nouveaux articles par e-mail

Votre e-mail ne sera communiqué à aucun tiers et servira uniquement à vous envoyer les titres chaque jour par e-mail