Du collège à la communale : un p’tit Pernod pour fêter ça ?

Quelle semaine mes aïeux ! Elle a débuté par un lundi – jusqu’ici rien d’anormal – au Collège des Barnardins à Paris où le chanoine de Saint-Jean-du-Latran, qui se trouve être aussi Président de la République française a fait une belle homélie devant des évêques en pamoison, mais pas tous. Mgr Aupetit, archevêque de Paris, n’a pas semblé être tout à fait dupe. Il faut lire sa réaction dans La Croix du lendemain. Je sais, pour certains lire ce journal est un calvaire qui s’apparente à s’envoyer Les Aristocrates ou Les Nouveaux prêtres de Michel de Saint-Pierre dans un TGV bondé un jour de départ en vacances… Lundi c’était aussi un jour de grève « perlée » de la SNCF. Bref, « comment ça va ? Bof, comme un lundi »

Le mardi on a entendu tout ce que la France compte de farouches défenseurs de la laïcité bafouée poster, twitter, éditorialiser, communiquer, défendre ladite laïcité que le petit Jupiter « et en même temps » avait soi-disant foulé du pied, la veille, devant les calottés. « Mon rôle est de m’assurer qu’il [celui qui croit au ciel] ait la liberté absolue de croire comme de ne pas croire [celui qui n’y croit pas] mais je lui demanderai de la même façon et toujours de respecter absolument et sans compromis aucun toutes les lois de la République. C’est cela la laïcité ni plus ni moins, une règle d’airain pour notre vie ensemble qui ne souffre aucun compromis, une liberté de conscience absolue et cette liberté spirituelle que je viens d’évoquer », auront lu ceux qui se seront coltiné le discours jusqu’au bout (17 pages en « Times » 12) et pas seulement les extraits savamment sélectionnés par les médias nationaux que par ailleurs les gardiens de ce temple laïc ne sont pas les derniers à conspuer. La géométrie, on le sait sur ce point, est variable.

Notre-Dame-des-Landes, et Berd’huis

La gauche bien pensante, ouverte et tolérante, n’en attendait pas tant pour se donner un os à ronger. On sait ce que c’est que la faim, surtout quand on est Insoumis. Ça tombait bien, ce brouhaha médiatique couvrait aisément le bruit des trains qui avait repris, mardi, le chemin du rail, et celui des rangers des gendarmes mobiles qui débarquèrent la veille à 3 heures du matin à grand coup de gaz lacrymo à Notre-Dame-des-Landes pour évacuer les enfants du marais. On se dirigeait tranquillement vers mercredi, jour des enfants. C’est en effet ce jour-là qu’outre-Atlantique le Sénat américain faisait passer un « grand oral » à Mark Zuckerberg. Celui-ci peina notamment à répondre à deux questions d’un sénateur américain : « Pourriez-vous dire devant tout le monde dans quel hôtel vous avez dormi ? Est-ce que vous pourriez nous lire vos sms reçus hier ? ». En gros est-ce que vous le posteriez sur le réseau social dont vous êtes le créateur ? Devant l’embarras de ce grand adolescent qui pour la première fois de sa vie avait dû enfiler un veston et une cravate, on souriait (crispé) en jetant quand même un œil larmoyant de gaz lacrymogènes du côté de Notre-Dame-des-Landes, via Facebook et Twitter. Ça chauffait. Mais déjà les regards de tournaient vers… Berd’huis, dans l’Orne. Comment ça, vous ne connaissez pas Berd’huis ?

C’est là qu’allait se passer l’essentiel de notre jeudi, Françaises, Français ! Un jour autrefois chômé par les écoliers et ça tombait bien car on était invité dans une école communale pour écouter un Président de la République s’adresser à Jean-Pierre Pernaut, présent à l’écran depuis environ fin René Coty début Charles de Gaulle, avant d’aller peut-être en siroter un (de Pernod) au bar de l’hôtel du Croissant, 10 route de Nogent à Berd’huis.

Vendredi 13

Et le lendemain, de quoi a-t-on parlé ? Des frappes imminentes que nous allions déclencher en Syrie, à la remorque du Donald d’Amérique. À aucun moment on a entendu un des aboyeurs du mardi et du mercredi rappeler que l’école devait rester un sanctuaire à protéger de la chose politique… Pourtant on n’a pas rêvé : on a bien vu le Président de la République assis dans une classe de CP super bien rangée, vide d’élèves, aux murs parfaitement décorés…

Et dire que, lorsqu’on usait nos fonds de culottes sur ces chaises d’école, de collège et de lycée, on nous rabâchait qu’il fallait tenir la politique hors des murs de la communale et du bahut, autant que les sermons des curés. Vendredi, on n’a pas entendu beaucoup de voix pour le rappeler. Ni à la machine à café, ni à la télé, ni sur les réseaux sociaux, ni sur radio bistrot. Vendredi, c’était un 13, un nouveau jour de grève. Il était temps de songer aux départs en vacances de Pâques – pardon, de printemps ! – de la zone C (Paris et l’Ile-de-France), et de remplir une grille de super loto. Vous savez, ce jeu où les gagnants ont les boules…

Lucien Jondrette

Commentaires

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  1. Enfin un billet qui sort du conformisme macroniste, même si son auteur ne cherche pas à voir plus loin que sur l’écran de la petite lucarne… la prochaine fois ?

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