Israël/Palestine: deux films, deux regards.

Grâce au partenariat du Cinéma Les Carmes, l’ASLA et ses amis de Citizens Carmes, Diwan Centre et Palestine 45 programment les projections de deux films très récents,
 
Jeudi 19 avril : 
18h – “Wajib” de la réalisatrice palestinienne Annemarie JACIR
20h – “les destinées d’Asher” du réalisateur israélien Matan Yair.

Wajib

Ce sont deux cinéastes quadragénaires qui proposent un regard de l’intérieur de la société, à “hauteur d’homme”.

“Shadi (Saleh Bakri), qui a émigré à Rome, rend visite à son père (Mohammad Bakri), professeur à Nazareth, à l’occasion du mariage de sa sœur. Comme le veut la tradition, les deux hommes partent distribuer les faire-part en main propre, ce qui donne lieu à une sorte de road-movie filmé en grande partie dans la vieille Volvo du père. Wajib (troisième film de la réalisatrice palestinienne Annemarie Jacir, financé sans un centime israélien) est à la fois un parcours dans l’espace, donnant à voir différents aspects de la ville, et dans le temps, permettant au père et au fils de solder quelques vieux comptes.

C’est bien sûr la singularité géographique et politique du lieu qui fait tout le prix du film, Nazareth étant la ville où se concentrent le plus de ceux que l’on appelle «les Palestiniens invisibles», les Arabes vivant en Israël avec des droits limités.

A travers le fils et le père s’opposent deux façons d’être palestinien : la soumission à l’Etat d’Israël, qui passe par des compromis et la peur ; l’exil, qui signifie le déracinement et l’idéalisation d’un Etat qui n’existe plus ou pas encore. Le fils reproche à son père sa résignation et son abandon de toute lutte, ce à quoi le père oppose sa fidélité à sa terre et un pragmatisme désabusé.

Dans cette querelle, on comprend que toute l’histoire familiale, la séparation des parents, la dispersion des enfants, résonne avec celle de cette ville aussi difficile à habiter qu’à quitter pour un Palestinien… “

Marcos Uzal  Libération

“Adolescent de 17 ans, Asher Lax est un garçon impulsif et colérique. Son quotidien se partage entre le lycée et son père qui aimerait voir son fils arrêter ses études pour rejoindre l’affaire familiale d’échafaudages. Mais l’adolescent commence à prendre goût aux cours de littérature de son prof Rami et décide de sérieusement préparer l’épreuve littéraire du baccalauréat.

Sous ses airs de petit « teen movie » sans prétention se cache un film fin, étonnant et d’une grande intelligence d’écriture. Cette réussite tient à la justesse avec laquelle le cinéaste Matan Yair, lui-même ancien professeur de littérature et d’histoire, orchestre ses scènes de cours, très loin des clichés habituels du film d’école.
[…]Les Destinées d’Asher est toujours pris dans une tension entre humour et gravité, circule gracieusement de l’un à l’autre dans un refus de figer les situations comme les identités. Le surgissement d’un drame qui affectera profondément Asher et la manière dont le cinéaste négocie ce virage étonne par un sens de la réinvention permanente où aucun événement ne se laisse anticiper.”

Le MondeMurielle Joudet

Jeudi 19 avril 18 h et 20 h

Cinéma des Carmes 7 rue des Carmes 45000 Orléans

 

 

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