Agnes Buzyn au chevet de la Santé en région Centre-Val de Loire

Lundi le CESER a repoussé le Plan Régional de Santé proposé par les relais du ministère en région (l’ARS, Agence régionale de santé). Jeudi en session, François Bonneau, le président de région a prévenu, le Conseil régional s’apprête à en faire autant et les syndicats de personnel de santé se sont mobilisés aussi depuis lundi contre ce plan. Entre les deux, Agnes Buzyn, la ministre est fort opportunément venue mercredi se mettre au chevet d’une santé dont l’état ne fait que s’aggraver.

La ministre de la Santé (à gauche) et la directr’ice de l’ARS, Anne Bouygard.

Elle a confirmé ce qu’avait dit Emmanuel Macron dans son “entretien” télévisé de dimanche sur les  mesures d’urgences qui seront annoncées en juin. Par le Président de la République soi même et la Ministre n’en n’a pas dit plus, forcément.

Quelques dizaines de manifestants ont été tenus à l’écart et à distance de la ministre de la Santé Agnes Buzyn venue à Orléans écouter et prendre part à des ateliers, cité Coligny, sur  la transformation du système de santé. “Madame Buzyn refuse de rencontrer les syndicats depuis qu’elle est en poste“, a lancé au mégaphone, une militante CGT. Pas tout à fait vrai puisque le matin en préfecture du Loiret des représentants syndicaux de Sud notamment ont été reçus par le directeur de cabinet de la Ministre. Pendant ce temps, Mme Buzyn s’entretenait avec des élus dont les deux députés Stéphanie Rist, désignée pilote d’un des cinq chantiers en cours, celui de la formation, et Caroline Janvier. Pas trace en revanche semble t-il d’élus de la région.

Une santé régionale en état comateux

Les manifestants, personnels de santé, mercredi à la cité Coligny.

Dans la manifestation des personnels syndiqués et dans les ateliers, où ont échangé des professionnels de santé, des représentants d’associations, des médecins et des personnels des EHPAD, tous ont dénoncé l’état comateux de la santé en Centre-Val de Loire, la pire région de l’hexagone en matière de désert médical. Des patients sur des brancards qui campent dans les couloirs, des personnels à bout à l’hôpital qui subissent disent les syndicats “75 suppressions de postes…Les gens pleurent à la sortie du travail ils n’en peuvent plus…”., tous les diagnostics alarmistes convergent.

Stéphanie Rist, la députée qui a passé quinze ans comme médecin puis chef de pôle à l’hôpital d’Orléans et qui accompagnait la ministre dans un atelier, s’est dite “heureuse de constater que les signaux d’alerte entendus et relayés ne sont pas vains…Nous sommes confrontés à un enjeu national, celui de l’accès aux soins de qualité pour tous et de manière durable. Si nous voulons répondre efficacement, nous devons impliquer toutes les parties prenantes, et pas opposer les patients et les soignants, les villes et les campagnes, ou les soignants entre eux. “.

MSP: pas de critère couperet

Agnes Buzyn.

Certes mais en attendant, il y a urgence lorsque l’on sait qu’il faut six mois à un an pour avoir un rendez-vous chez un spécialiste et que les généralistes sont débordés. Reste à multiplier les MSP, elles sont 70 aujourd’hui en région (1 200 en France), mais un chapitre du PRS a fait tousser le CESR: il faudrait au  minimum dix professionnels (médecins, infirmières, kiné…) pour ouvrir une MSP, dont quatre généralistes. Or, lorsqu’on sait qu’à Orléans capitale de région à La Source, la MSP ne trouve pas à remplacer ses médecins partis en retraite, cette conditions semble complètement à côté de la plaque. Interrogée par la presse à la sortie d’un atelier, Mme Buzyn a assoupli l’interprétation de cette directive en expliquant qu’il n’y a pas  de “critère couperet, il est toujours possible d’ouvrir une MSP avec peu de médecins, l’ouverture d’une MSP est libre”.

 

Le PACES à Orléans: “une mauvaise piste”, pour la Ministre

On retiendra encore dans les déclarations de la Ministre que la hausse du numérus clausus (nombre d’étudiants entrant en deuxième année) n’est pas “à l’ordre du jour”, ni la création d’une PACES (première année) à Orléans, en complément du CHU de Tours, le seul dans la région, qu’elle a qualifié de “mauvaise piste”. Quant à la fin de la liberté d’installation pour les médecins, la question ne se pose même pas pour une ministre libérale.

La solution pour fixer les étudiants dans les désert médicaux serait d’après la ministre des stages au moment de l’internat dans les MSP et les petits hôpitaux. A l’avenir -quand?- le parcours de soins (notamment pour les longues maladies),  sera la règle et non plus le paiement à l’acte qui plombe les finances hospitalières.

Mieux coordonner médecine de ville et hôpital, le chantier est titanesque et prendra de longues années. En attendant, comment faire pour trouver un médecin, désengorger les urgences, venir au secours des EHPAD…? Il conviendra d’attendre juin pour connaître ces mesures d’urgences et l’ordonnance du docteur Macron pour la Santé française.

Ch.B

 

 

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