Hommage à René Thinat, maire d’Orléans, acteur culturel majeur des années 70

Voici une manifestation mémorielle conduite et proposée avec l’âme et la manière:
” Il est des hommes qui ont profondément marqué de leur empreinte la destinée d’Orléans. Par sa personnalité si attachant, René Thinat a contribué au rayonnement de notre ville. Mes premiers mots vont à l’homme: profondément libre, d’une grande indépendance d’esprit, un homme de caractère mais empreint d’une grande humanité, ouvert, allant vers les autres.
Les Orléanais, qu’il a aimés, lui ont profondément marqué leur reconnaissance en 1978 se déplaçant par milliers devant son cercueil, à l’Hôtel de Ville pour lui rendre un dernier hommage. Passionné de culture, amoureux de musique et de poésie, sensible à tout ce qui donne un sens à l’existence humaine, René Thinat s’attachera, pendant son mandat, à soutenir la diffusion culturelle et artistique et à rendre  la culture accessible à tous.” 

La belle reconnaissance d’une ville

Telles sont, entre autres,  les paroles d’Olivier Carré, maire d’Orléans rendant hommage à René Thinat, celui qui fut maire de la cité de 1971 à 1978, années importantes  où furent notamment  repensés les lieux culturels tels que théâtre, musée, bibliothèques, collégiale Saint-Pierre le-Puellier,  années pivots où les  Centre Jeanne d’Arc et Péguy affermirent leurs lettres de noblesse, années encore qui virent,  entre autres faits marquants,  la naissance du premier festival Orléans-Cinéma, la mise en route du bibliobus, de la carte unique pour l’accès à l’ensemble des musées municipaux, le soutien sans faille aux Semaines Musicales Internationales d’Orléans, le projet d’un Musée des Lettres françaises repris aujourd’hui par Les Voix d’Orléans, Essor des Maisons des Jeunes et de la Culture dans les quartiers, fidélité aux artistes dont la céramiste Jeanne Champillou, multiplication des échanges culturelles avec les villes jumelles, mise en valeur du patrimoine sont encore à mettre au crédit de cette personnalité ouverte au monde, amoureux de sa ville  et proche des gens.

Pour tout cela, à juste titre et avec infiniment de respect et d’écoute pour un homme soucieux de l’art, de l’enseignement, de la vie en collectivité,  et de l’artisanat, c’est le samedi 11 avril, que la Ville, en partenariat avec l’Association des Amis de René Thinat et la famille de cet ancien maire de la cité, organise, sous le titre générique “Hommage à René Thinat, Maire d’Orléans de 1971 à 1978, acteur culturel majeur des années 70”, un hommage mémoriel qui se veut reconnaissant, sincère, émouvant, vivant et ouvert à tous. Car, comme le dit Abel Moittié, conseiller municipal délégué à la mémoire aux arts plastiques d’Orléans, “nous ne pouvons avancer que si l’on se souvient d’où l’on vient”.

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De témoignages en témoignages 

Dans une publication éditée sous l’heureuse et précieuse vigilance de madame Sylvie Bauchet, chargée de mission mémoire de la ville d’Orléans, l’action globale du maire d’Orléans et plus spécifiquement  de son poids sur le plan culturel  sont soulignés par de nombreux témoignages de personnalités qui l’ont accompagné et estimé. Ceux de Françoise Thinat, l’une de ses filles, pianistes de renom et de l’un de ses fils,  Paul Antoine, lui aussi très ému,   sont d’une vérité dont la simplicité ouverte va droit au cœur.  Tous deux y témoignent de l’affection pour leur mère pianiste, pour les membres de la famille aspirant à l’art, et à un homme au plus près des citoyens, un être qui offrait liberté et avait confiance.

Parmi tous ces témoignages, politiques, artistiques et amicaux, figure notamment celui d’Irène Ajer, ancienne directrice de la Maison de la Culture. Il est emblématique de la reconnaissance unanime:  “Magnifique, il l’était tout autant par sa prestance physique et sa distinction, que par sa hauteur de vue, son implication, et plus que tout, sa volonté de comprendre son époque pour faire évoluer sa ville. Sur les traces de Roger Secrétain qui avait, le premier, décidé d’une établissement d’une Maison de la Culture d’Orléans, il avait épousé les théories de Malraux qui fondait toutes les entreprises de son ministère sur un dogme unique: en matière d’art, patrimoine ou création, offrir le meilleur au plus grand nombre possible”.

Ouverts au grand public,  les principaux événements de cette journée du 21 avril permettront, avec âme et manière, de tourner une belle page de l’histoire d’Orléans encore en prise sur son actualité.

Jean-Dominique Burtin

Programme de la manifestation

Samedi 21 avril, au Musée des Beaux-Arts

A 14 h30 : Découverte de l’exposition René Thinat. 

Son œuvre, avec présentation de dessins, huiles  et aquarelles d’André Civet et de Jean Sorlet. Découverte de la publication du service Mémoire d’Orléans.

A 16 heures, auditorium : Conférence  « Peut-on penser l’œuvre de nos mains ? », par Miguel Cuadra, philosophe.

Lorsqu’il s’agissait de penser l’Homme, avec une capitale comme il se doit, la philosophie a traditionnellement œuvré à déprécier le corps en faveur de l’esprit. Elle réglait du même coup le sort de nos mains.
Et pourtant, rien ne parait plus naturel, depuis Homère au moins, de chanter l’éloge du travail « fait main », de valoriser avec fascination l’agilité des mains de l’ouvrier, de l’artiste, de l’artisan et de leurs œuvres comme produits de mains exceptionnelles.

Cet écart, qui pourrait dessiner schématiquement la frontière entre Homère et Platon, est balayé par la philosophie dont l’instinct est de rejeter toute pensée « populaire », ou « ordinaire », autrement dit « l’opinion commune », reposant toujours sur des « préjugés », cauchemars du philosophe…

A 17 heures, auditorium, Moment Musical Jean-Sébastien Bach. 

Par Christian Monti, pianiste.
Au programme: Sinfonia en mi mineur, 4e Suite française, 6e Partita. Cristian Monti, né en 1991, est un pianiste et compositeur italien Il a commencé ses études avec sa mère, Manuela Innocenti, et a été diplômé en piano avec Carlo Palese. 

En 2016, il a été admis à l’École Normale « Cortot » de Paris où il prépare le Diplôme d’exécution avec Françoise Thinat. Il a obtenu le Diplôme de Composition avec la note de 10/10 dans la classe de Pietro Rigacci au Conservatoire de Lucca.

Inauguration d’un “Espace musical René Thinat”

Dans le cadre d’une convention triennale, La Musique Municipale d’Orléans bénéficie de locaux mis à disposition par la ville d’Orléans. Depuis 1972 ces locaux se situent au 2, rue des Anglaises à Orléans. C’est sous le mandat de René Thinat, alors président de la Musique Municipale d’Orléans,  que cette salle a vu le jour, suite à une demande de Michel Proust, directeur musical de 1953 à 1999. C’était à l’époque un acte fort de soutien à la vie musicale orléanaise, et particulièrement à la Musique Municipale d’Orléans. Les locaux sont situés au sous-sol du bâtiment municipal accueillant le restaurant administratif et,  actuellement les services des sports, de la culture et de l’événementiel.  

Depuis 1972 les locaux accueillent la vie de l’association et les répétitions des deux ensembles qui composent la Musique Municipale d’Orléans : l’Orchestre d’Harmonie et la Batterie-Fanfare. Dans un esprit d’ouverture et de mutualisation, en accord avec la ville d’Orléans, les locaux accueillent depuis peu certains ensembles du conservatoire d’Orléans et certaines répétitions de l’orchestre symphonique d’Orléans. Aujourd’hui,  la Musique Municipale d’Orléans souhaite rendre hommage à René Thinat, maire visionnaire et grand amateur de Culture, qui lui a ainsi permis de s’installer au cœur d’Orléans dans des locaux propices à son développement musical. 

C’est à l’initiative de Marcel Labarre, ancien président de la Musique Municipale,  que cette formation a ainsi  proposé à la ville d’Orléans de dénommer ce samedi 11 avril  ces locaux « Espace musical René Thinat ». Les deux salles de répétitions seront quant à elles dédiées aux deux chefs emblématiques qu’à connu la MMO au siècle dernier : Michel Proust, directeur musical de 1953 à 1999, pour la salle de l’Orchestre d’harmonie, et Bernard Vincent, tambour-major de la Batterie fanfare de 1960 à 1996, pour la salle de la Batterie-Fanfare.

 
 

Commentaires

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  1. Très bon reportage de JD Burtin. J’ai connu ce Maire qui était un homme remarquable, un Humaniste qui a effectivement fait beaucoup pour rendre la Culture accessible au grand public. On lui doit beaucoup ! Cet hommage est justifié.

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