La région Centre-Val de Loire: grand corps très malade!

La santé. Un système de soin malade, voire à l’agonie. Toutes les consultations aurpès de la population  le disent: c’est la première préoccupation des citoyens de la région Centre-Val de Loire, devant le chômage et la sécurité. C’est dire! Aujourd’hui toute une région, toutes tendances confondues tire la sonnette d’alarme et lance un cri en direction de l’Etat. Sera t-il entendu?   

Alors que le débat sur le plan régional de santé (PRS2) débutait, jeudi à Orléans, en fin de journée et de session, le groupe Front national a quitté l’hémicycle.  “Nous refusons de cautionner cette mascarade… afin d’envoyer à l’Etat un message fort et clair, nous ne participerons pas à ce débat”, a lancé Michel Chassier le président du groupe… “nous sommes amenés aujourd’hui à émettre un avis consultatif sur un projet déjà adopté…Mais à quoi bon, puisque la décision est déjà prise”.

Peltier “estomaqué”

Guillaume Peltier (UDC).

Comme l’a dit François Bonneau en pensant aux acteurs économiques et aux citoyens désireux de venir habiter en région: “savoir qu’on ne peut pas accéder aux soins, c’est une question qui se pose pour venir ou non sur notre territoire”.  Guillaume Peltier le patron du groupe UDC (opposition) s’est dit “estomaqué” par “l’attitude du gouvernement”.C’est illustration du mépris qu’il a pour notre territoire”. S’agissant des propos de la ministre prononcés à Orléans mercredi sur la réforme du système de santé, le député du Loir-et-Cher a parlé de “carabistouilles et fadaises“. Le maire de Neung-sur-Beuvron qui s’est vu refuser les financements d’Etat de sa MSP (Maison de santé pluridisciplinaire), faute d’avoir le quota de deux médecins, est allé jusqu’à regretter qu’il n’y ait pas “de modulation du conventionnement“, ni ” d’encadrement de la liberté d’installation en début de carrière pour les médecin”. Le fondateur de la droite forte serait-il devenu castriste?

Tout le monde se mobilise

En terme plus choisis, Anne Leclercq (PS) vice-présidente en charge du dossier avait souligné l’état critique du système, médecine de ville et hospitalière: “Aujourd’hui plus personne ne conteste que la situation n’est plus tenable dans les territoires ruraux, comme dans certaines agglomérations, et tout le monde se mobilise.”

Anne Leclercq et François Bonneau.

Elle a rappelé quelques suggestions essentielles demandées tant par les socio-professionnels du CESER que par le Conseil régional: .”..une hausse importante du numerus clausus, nous avons demandé aussi l’alignement du nombre d’internes, nous avons demandé la fin de la liberté d’installation, nous avons demandé la mise en place d’un conventionnement sélectif, nous avons demandé la mise en place d’un zonage conventionnel plus adapté à notre situation.”

Avant le premier PRS (2012), la région avait commencé à financer les MSP qui sont aujourd’hui 125 sur le territoire des six départements. A propos du seuil de médecins qui a donné lieu en  milieu de semaine à un couac entre la ministre et sa directrice de l’ARS, François Bonneau a lancé à l’Etat, “il faut réparer et non pas augmenter les difficultés”. Or pour la vice-présidente, “la situation est critique, il y a besoin d’investissements notamment dans les plateaux techniques des hôpitaux, d’internes, de chefs de clinique…”.

Autre grief des élus régionaux contre le plan du ministère un manque de lisibilité voire de transparence, sur la fermeture des services hospitaliers, voire d’établissements comme à Gien et Pithiviers qui seraient menacés. Selon la vice-présidente, Certaines spécialités emblématiques sont  concernées : la chirurgie (fourchette basse passant de 30 à 25 implantations avec des fermetures possibles dans le Cher et dans l’Indre) et la gynéco-obstétrique avec la menace de fermeture de 4 unités (Cher, Eure-et-Loir, Indre, Loir-et-Cher).

Hormis le FN, qui a donc refusé ostensiblement de prendre part au vote, à l’unanimité le conseil régional a rejeté à son tour la Plan Régional de Santé de l’Etat estimant comme la souligné Anne Leclercq qu’il “n’est pas à la hauteur des besoins de la population”. Tout bonnement. Elus et population devront-ils le chanter, voire le slamer pour être entendus par l’Etat: la région est bien un grand corps très malade.

Ch.B

Commentaires

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  1. G.PELTIER/LR : “est allé jusqu’à regretter qu’il n’y ait pas “de modulation du conventionnement“, ni ” d’encadrement de la liberté d’installation en début de carrière pour les médecin”. Le fondateur de la droite forte serait-il devenu castriste?”
    A.LECLERCQ/PS : “”..une hausse importante du numerus clausus, nous avons demandé aussi l’alignement du nombre d’internes, nous avons demandé la fin de la liberté d’installation, nous avons demandé la mise en place d’un conventionnement sélectif, nous avons demandé la mise en place d’un zonage conventionnel plus adapté à notre situation.” L’UN est CASTRISTE et pas L’AUTRE ? BIZARRE !!

  2. Quand j’entends ce que j’entends et que je vois ce que je vois, c’est comme l’endettement de La France qui sert d’exutoire à toutes augmentation de taxes, la question demeure, depuis 1980, qui a donc endetté notre pays au point de ne plus avoir de système de santé et autres services publics ? …

  3. Les Médecins ont coupés la branche sur laquelle ils étaient bien installés depuis des dizaines d’années. Numérus closus ne pas toucher surtout ! moins de patientèles comme ont dit maintenant = moins d’honoraires!
    Combien faut-il d’années pour former un Médecin ?
    Tout cela était prévisible, le laxisme comme dans beaucoup d’autres domaines nous nous en apercevons quand il est trop tard
    Qui a dit gouverner c’est prévoir ?

  4. Pour votre gouverne YD, ce ne sont pas les médecins qui décident du Numérus clausus, mais de hauts fonctionnaires à Paris qui se gardent bien de l’ébruité.
    Pour le reste, qui à envie de s’installer dans cette région ?
    Savez vous que dans bien des corps de l’administration, il vécut comme une punition que d’être muté ici ?
    Et pour ceux qui y vont, leur préférence va à la Touraine. On ne saurait d’ailleurs les blâmer…

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