Le Printemps de Bourges à J- bientôt

Le festival de musique, toutes les musiques, plus que quadragénaire de Bourges se déroulera à partir de mardi 24 avril, jusqu’au dimanche 29 avril. Boris Védel, le directeur du PdB, souhaite que Bourges vive plus encore son festival de musique printanier. Expos, plus de concerts gratuits sur 4 scènes, plus de fanfares déambulatoires, des conférences, le boss veut plus de vie en dehors de la zone habituelle du festival berruyer.

80.000 spectateurs, c’est la jauge max que peut accueillir le Printemps de Bourges

C’est au début de la semaine prochaine que la 42e édition du Printemps de Bourges débutera avec une soirée où les femmes seront reines et les mecs simples spectateurs. Sur la grande scène du W, Naya, la fille de la lune, ouvrira le bal. Elle sera suivie de l’étoile montante Juliette Armanet et des monstres sacrées Catherine Ringer et Sanson. Cette entame à discrimination positive était totalement voulue par Boris Vedel, le directeur du festival depuis maintenant trois ans. Une décision qui n’a rien à voir avec les effets Weinstein mais avec la volonté, à l’annone de la mort de Simone Weil, l’an passé, de rendre hommage à toutes les femmes qui font notre monde.

Catherine Ringer – Photo: Laura Lago©

Le jeune boss Berruyer veut que le PdB ne soit pas « le plus vieux festival de France mais le 1er à avoir été créé ». Cette simple phrase constitue la pierre d’achoppement d’une démarche qui veut que le PdB a été, est et sera toujours en première ligne pour créer encore et encore, donner une vision d’une culture à l’écoute et à l’envie de tous. De fait, l’équipe du festival cherche continuellement à faire avancer la machine vers ses lendemains. C’est au cours d’une rencontre initiée par le club de la Presse 18 que le jeune patron du 43e Printemps de Bourges a dévoilé son projet d’un PdB plus tournée vers Bourges et ses habitants. Une vision du festival peut-être un peu plus « régionaliste» mais qui doit donner la parole aux rues berruyères, sa cathédrale, ses jardins et ses places. Boris Vedel, le Breton, avoue que le temps de la réflexion, au moment de son choix pour devenir le boss du navire berrichon, n’a pas excédé le quart d’heure. « Le Printemps de Bourges ne se refuse pas ! » explique-t-il tout de go avant d’ajouter que « nous avons voulu aller vers un schéma différent avec un cycle de 3 ans autour d’un nouveau format plus ouvert sur la ville et vers les spectacles gratuits. Nous avons aussi le devoir de continuer à être Festival de référence tout en ayant la volonté de ré-approprier le Printemps à Bourges».

Le Printemps dans la ville

Une démarche qui s’explique aussi par la structure même du PdB avec ses salles qui ne sont pas extensibles, avec sa programmation qui se veut éclectique, avec son public qui n’est en rien spécifique et surtout une appropriation du label Printemps de Bourges par beaucoup de Berrichons. Même pas quinqua et Bourges est devenue LA référence festivalière, LA référence touristique aussi, à l’aune des vins de Sancerre et beaucoup plus que la cathédrale Saint-Étienne pourtant au patrimoine mondial de l’Unesco depuis plus de 25 ans…

NAYA, ouvrira la première séance© Sunny Ringle

La fréquentation, en hausse depuis deux ans, ne pourra pas, dans les conditions du PdB, dépasser son quota actuel soit peu ou prou 80.000 spectateurs. « On ne peut pas abattre les murs du W … Par contre on peut enrichir les niveaux du Printemps de Bourges, ne plus faire une segmentation par âge, mais répondre plus aux attentes de nos publics ! On ne vient pas au Printemps comme pour un seul concert mais pour une soirée de concerts, voir un concept avec des tarifs en dessous de la moyenne pratiquée généralement. Pour cela nous devons produire des contenus et trouver des financements » assure le patron du festival qui souhaite que le PdB soit « un des derniers lieux où tu peux faire la fête et pas seulement aller à un concert ! ».

C’est d’ailleurs dans cette optique que Berry Province, entre autres, s’est associé au festival pour un Printemps dans la ville. Label culturel fort du Printemps de Bourges, initialement réservé aux bars et restaurants du centre-ville, le Printemps dans la Ville prend, cette année, toute sa mesure en s’élargissant à présent à tous les spectacles et animations, toujours plus nombreux, proposés gratuitement dans les espaces du festival et de la ville, hors salles de concerts payantes. On retrouvera ainsi des concerts programmés dans les bars de la ville, des concerts sur les 4 scènes extérieures, des nouvelles Exclamations !, des Instants Musicaux proposés par les élèves du Conservatoire de Bourges, des fanfares déambulatoires, de la programmation du Cinéma Art et Essai de la Maison de la Culture de Bourges ou encore des ateliers et conférences organisés au RIFFX Studio…

Le Printemps sera sans Jacques mais avec Arthur

Arthur H en son nop et celui du père ©YannOrhan

Fidèle à la capitale du Berry, quasiment depuis les débuts du festival, Jacques Higelin disparu voilà quelques jours, sera, par la pensée, présent pour cette édition 2018. Lui, qui avait fait le show en compagnie de Charles Trenet, dès 1977, était souvent de la fête berrichonne, celle pour le dixième anniversaire avec Charlélie Couture et Murray Head en 1986, celle de la quinzième édition en 1990, celle des 20 ans en 1994, et, dix ans plus tard, pour les 30 balais mais surtout pour la première apparition berruyère du fiston Arthur H, pour le passage de relais. Cette proximité entre Jacques Higelin et le PdB était devenue une telle évidence que, à l’annonce de son décès, Boris Vedel avait assuré que « Jacques Higelin faisait parti de l’ADN du festival . Toute la lumière poétique du très grand Jacques, libre et fou chantant, restera parmi nos sources d’inspiration pour continuer cette aventure artistique qu’il avait su incarner tant de fois sur nos scènes ». Cette année Arthur H sera présent. C’était prévu depuis plusieurs semaines. Jacques ne sera pas dans les coulisses, cette fois… Du paradis des baladins, s’il existe, il jettera probablement un œil !

Fabrice Simoes

Commentaires

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  1. bonjour,

    magcentre a t-il été payé pour ce publireportage ?
    que dire d’un festival racheté par une boite de production où le concert le plus cher est à 50 € et qui brille par son absence d’audace musicale pour mettre en avant des artistes en dehors des circuits commerciaux déjà entendus et rebattus ?
    peut être que ça génère aussi du clic ?

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