Printemps de Bourges : le mercredi, c’est jour des visites

Une ministre sur le Printemps de Bourges cela faisait plusieurs années que la manifestation berruyère n’en avait vu. La dernière fois c’était encore sous l’aire Colling… En ce jour des enfants et des ministres, celle qui doit avoir l’œil sur la culture et toutes ces sortes de choses, Françoise Nyssen, a parcouru les allées au pas de course et suivi à la lettre, et à la minute près, le programme prévisionnel.

La ministre Françoise Nyssen et la préfète Catherine Ferrier n’ont pas traîné en route au Printemps de Bourges.

C’était le premier jour des vacances dans l’académie Orléans-Tours. Chaque année, cela se voit toujours dès le premier coup d’œil, dans les allées du Printemps. Malgré un temps incertain, les marmots de moins de 12 ans – pas d’entrée gratuite pourtant – les pré-ados et les plus grands étaient de sortie. De quoi satisfaire les marchands du temple de merguez-street, la ribambelle de groupes qui joue sur les scènes ouvertes et gratuites, et qui peuvent ainsi se trouver un public. Au deuxième jour, Dieu créa les océans et les terres qui surnagent, le Printemps, généralement, a fini ses réglages et tourne à plein régime. Les stands sont montés et achalandés. La place Séraucourt peut, elle aussi, déverser des décibels gratos pour le peuple des économes qui trouvent que 50 € ça fait chère de la soirée au W. À relativiser pourtant, les concerts parisiens sont rarement en dessous des 100 biffetons. La binouze est quasi au prix du troquet du coin. Y a qu’à ramener le verre et ont touche même l’euro de la consigne. Pas de gobelet qui traîne. Non, c’est comme ça : le mercredi c’est peinard… sauf quand c’est aussi jour de ministre.

 

Une ministre et des élus

Les trois députés du Cher sont restés unis, au moins, pour la visite.

Pascal Blanc, le maire de Bourges, l’avait souhaité. Nadya Essayan, François Cormier-Bouligeon et Loïc Kervran les trois députés du Cher l’avaient réclamé gentiment. Françoise Nyssen est venue pour le Printemps de Bourges poser la première pierre de la future maison de la culture et s’est exprimée « devant les professionnels sur les soutiens à la filière musicale et notamment sur les suites données au rapport Roch-Olivier Maistre relatif au projet de maison commune de la musique ». Une visite en Berry pour faire une pierre, de Maison de la Culture, deux coups et satisfaire les uns et peut-être les autres.

Accompagnée par les élus de Bourges et les députés du cru, la ministre a donc joué de la truelle avant de déjeuner à la Préfecture du Cher avec des « acteurs de l’itinérance culturelle autour du programme La culture près de chez vous», ce qui, à priori, n’a rien avec carottes ou navets. Quant à la définition des intervenants cela fait un peu penser aux intermittents du spectacle. Comme il n’a été noté nulle part que les débats aient engendrés une digestion difficile, on peut considérer que les acteurs étaient à temps plein.

Le président de la Région a pris le relais de son vice-président, Philippe Fournié, pour la présentation de l’exposition.

Et pas le temps de faire la sieste. Une conférence « Femmes » sur la place des femmes dans la culture tendait les bras à Françoise. Deux temps, trois paroles et la ministre est passée à autre chose : « entretien avec Boris Vedel, Directeur général du Printemps de Bourges, et Gérard Pont, Président du Printemps de Bourges ». La ministre a donc disparu. Dans l’attente, les élus en ont profité pour tailler le bout de gras, entre eux, devant l’espace pros. La ministre est réapparue et a annoncé la couleur pour la maison commune de la musique. La future entité regroupera « la musique enregistrée et le spectacle vivant musical et répondra aux grands défis à venir : préserver la diversité de la création face à un mouvement inédit de concentration et de mondialisation, développer la filière musicale en soutenant notre production dans un contexte de concurrence accrue et se donner les moyens de conquérir les marchés internationaux ». Elle a par ailleurs assuré de la création d’un établissement public dénommé Centre national de la musique qui s’appuiera « sur le socle que constitue le Centre national de la chanson, des variétés et du jazz. Il sera chargé de quatre grandes missions de service public : l’observation de la filière musicale, l’information et la formation des professionnels, le soutien économique aux acteurs et le développement international ».

Vous avez suivi ? Si ce n’est pas le cas, ne vous inquiétez pas, c’était à l’attention des professionnels de la profession… Toujours est-il que deux députés, Émilie Cariou, députée de la Meuse, Vice-Présidente de la commission des finances, et Pascal Bois, député de l’Oise et membre de la commission des affaires culturelles et de l’éducation se sont vus confiés la mission de préfiguration opérationnelle de cet établissement est confiée à deux députés, particulièrement investis en matière culturelle. Ou comment marier gros sous et culture.

Chanson française pour le final

Avant de terminer son périple dans l’auditorium, pour suivre la prestation de Claire Diterzi une auteure-compositrice-interprète et guitariste française, Madame la Ministre a visité l’exposition numérico-ludique présentée sous l’égide de la Région Centre-Val de Loire. Guides successifs, Philippe Fournié, vice-président de la région, puis François Bonneau, président. Quand on vous dit que, dans les allées du Printemps de Bourges, ce mercredi, y avait pas que des gamins.

Fabrice Simoes

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