24 Heures du Mans moto : une casse moteur prive Tecmas du podium

L’écurie berruyère Tecmas-BMW est passée tout près de l’exploit lors des 24 Heures du Mans motos disputées le week-end dernier. Solidement ancrée à la 3e place, elle a raté un podium qui lui semblait promis sur une casse moteur, aussi inexplicable qu’inexpliquée par les mécanos, à l’attaque de la 16e heure de course.

Ravitaillement chez Tecmas. Hédelin repart… (c) Stéphane Valembois

Quand ça veut pas, ça veut pas. Comme lors des deux dernières années, l’écurie Tecmas, basée à Bourges, n’a pas été au bout des courses de longue durée dans lesquelles elle était engagée. « À croire que nous sommes maudits… ». Michel Augizeau, le patron du team berruyer, avait son air des mauvais jours dimanche au Mans. Et il y avait de quoi. « On sait, depuis l’année dernière, que nous avons le potentiel pour lutter les yeux dans les yeux avec les écuries officielles mais cela ne se concrétise jamais au niveau des résultats… C’est ça qui est le plus désolant ».

Une casse moteur inexpliquée

Michel Augizeau et Julien Da Costa circonspects. (c) Stéphane Valembois

Sûr que ces échecs répétés passent mal, rapporte notre ex-confrère Christian Ragot, chargé de la communication pour Tecmas. Trois moteurs cassés en quatre courses, au Bol d’Or en 2016 et en 2017, et cette année encore au Mans, cela fait plutôt désordre. D’autant plus quand les pilotes n’ont pas commis la moindre faute, ni chute, ni surrégime. Des casses moteurs qui interviennent dans des conditions similaires, après quinze ou seize heures de course et en bout de ligne droite… Ça interpelle. D’autant que ces casses sont aussi inexplicables qu’inexpliquées. « Déjà au Bol d’Or, en septembre dernier, le Top 5 semblait promis à Tecmas. Là, au Mans, c’est le podium qui leur a filé sous le nez, explique Christian Ragot. Juste avant son abandon, Julien Da Costa pointait en 3e position avec deux tours d’avance sur le 4e. Jusque-là, la stratégie de course avait été parfaitement respectée. Les pilotes avaient fait preuve d’une grande régularité tout en conservant un rythme élevé dans des conditions de course très difficiles à cause de la chaleur. Da Costa avait même été détenteur du record du tour en course du 26e au 69e tour et en avait été dépossédé par… David Perret, son co-équipier, du 69e au 73e tour. Les arrêts au stand pour les ravitaillements et changements de pilotes avaient été parfaitement réalisés et la gestion des pneumatiques, décisive par cette forte chaleur, parfaitement assurée ».

La nuit s’est mal terminée pour Tecmas et la n°9. (c) Stéphane Valembois

Oui mais voilà ! À 5 h 45 très précisément, Julien Da Costa stoppait sa moto à l’entrée de la chicane Dunlop. Le boss, l’ingénieur Tecmas Romain La Monica, les trois pilotes, Julien Da Costa, Camille Hédelin et David Perret et tous les mécanos n’avaient plus que leurs yeux pour pleurer. Outre la troisième place scratch, et peut-être même un peu mieux puisque la n° 111 du Honda Racing Endurance, qui termina à la deuxième place, était à cet instant à deux tours de la Tecmas-BMW n°9, l’écurie de Michel Augizeau a aussi laissé échapper quelques accessits qui lui auraient donné ses lettres de noblesse pour la suite. À savoir une première place au classement des écuries privées et une autre première place au classement des BMW, qui étaient 6 au départ. Ce qui aurait peut-être incité le constructeur allemand, toujours en quête d’une victoire aux 24 Heures du Mans, à apporter un soutien plus affirmé voire même officiel à l’équipe berruyère.

Revenir plus fort au Bol !

Relais de nuit chez Tecmas, alors 3e. (c) Stéphane Valembois

S’il reste tout de même des interrogations, à l’heure du bilan, il y a plusieurs façons de voir les choses. La première, c’est de faire le dos rond, le temps de ravaler la déception, et attendre que BMW résolve enfin ce problème récurrent de fiabilité de ses moteurs. La deuxième, celle que l’on préfère, c’est de relever la tête aussitôt, aller de l’avant en s’appuyant sur ce qui a bien fonctionné et positiver comme l’a fait Julien Da Costa, un expert en la matière puisqu’il a déjà été sacré champion du Monde à trois reprises, remporté les 24 Heures du Mans trois fois et le Bol d’Or deux fois : « Avant cette casse moteur, nous avons beaucoup apprécié le début de course et montré que nous pouvons nous battre pour les meilleures places. C’est d’abord ce qu’il faut retenir pour revenir plus fort pour le Bol d’Or ». Après ce sera une question de moyens car, comme l’a dit Michel Augizeau, avant de penser au Bol d’Or, il va d’abord falloir faire le bilan de ces 24 Heures du Mans, au plan technique comme financier. Et penser à conserver le titre de champion de France de Superbike, priorité donnée par BMW Motorrad France à Tecmas et à Kenny Foray. Mais quelque chose nous dit que l’on reverra Tecmas sur le devant de la scène au Paul-Ricard, en espérant cette fois que l’écurie berruyère aura, au final, davantage de… bol.

Fabrice Simoes

Photos Stéphane Valembois

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