Blois : la feuille de route de la manager du commerce (enfin) dévoilée

La feuille de route de la manager du commerce Amandine Billy, arrivée le 1er septembre dernier à Blois dans l’espoir de redynamiser le commerce de centre-ville, a été signée le 25 avril par (entre autres) le maire Marc Gricourt, Yvan Saumet (pdt de la CCI), et Stéphane Buret (Chambre de métiers). Elle fixe les objectifs communs dans le si difficile contexte commercial des villes moyennes. Quatre enjeux sont dégagés pour tenter d’améliorer l’existant.

La rue du Commerce (avant travaux).

« Un objectif correctement défini est à moitié atteint » (Abraham Lincoln). « Qui se mesure dure ». « Tout à commencé de rien ». « L’exigence préserve la performance ». « La meilleure façon de prédire l’avenir c’est de le créer ». La feuille de route de développement du commerce de centre-ville, signée mercredi 25 avril en mairie de Blois par le maire Marc Gricourt, le président de la CCI Yvan Saumet et le président de la Chambre de métiers et de l’artisanat Stéphane Buret pourrait ressembler à un catalogue de citations d’un candidat d’un concours de lettres modernes. Ou du parfait manuel des communicants, plutôt. Cette « feuille de route » – qui va désormais guider l’action de la manager du commerce Amandine Billy et l’association « Les Vitrines de Blois », qui rassemble les deux anciennes associations existantes jusqu’ici (Blois rive-gauche et Blois Shopping) – veut « mettre le paquet » comme le dit Marc Gricourt, sur le « développement commercial ». Désormais débarrassé de l’embarrassant adjoint au commerce Louis Buteau (1), le maire de Blois endosse seul sur ses épaules les enjeux de cette « redynamisation » dont on parle depuis fort longtemps dans le centre-ville.

Une passion récente

Pourtant, cette « passion » pour le centre-ville est plutôt récente pour le maire de Blois, qui s’intéressa d’abord aux quartiers nord et ouest de Blois, sur la lancée du PRU (Plan de rénovation urbaine) initié par son prédécesseur Nicolas Perruchot. De plus, le nouveau maire de Blois arrivé aux affaires en mars 2008 s’est inscrit dans la lancée des années Lang, que le mandat Perruchot n’avait pas effacées, loin de là. Depuis fin 2013, et particulièrement à partir de mi-2014, le maire de Blois se pencha sérieusement sur le centre-ville, avec notamment le lancement des travaux ACVL, « Aménagement cœur de ville Loire », travaux d’embellissement nécessaires mais aux dires de tous bien trop longs. Bientôt quatre ans que les engins de chantiers pourrissent la vie des Blésois, à commencer par ses commerçants, même si l’annonce de l’avancée plus rapide qu’initialement prévu des derniers travaux avenue Wilson sont de nature à en rassurer certains.

Une association des commerçants renouvelée

Les “vitrophanies” masqueront les commerces vacants

Quatre enjeux sont dégagés dans cette feuille de route, déclinés en « actions » plus ou moins concrètes : créer un “observatoire du commerce”, avec entre autres l’installation de compteurs de piétons afin d’analyser les comportements et les flux dans les principaux axes de l’hyper-centre. Enjeu numéro deux : « entreprendre sa boutique », à l’adresse des commerçants eux-mêmes, pour les inciter à regarder un peu plus loin que leur seule vitrine en s’inscrivant dans un environnement plus global. Cela passe aussi par des outils d’aide à la création de commerces, car, comme le dit Amandine Billy elle-même : « devenir commerçant ne s’improvise pas, cela s’apprend ! ».

Amandine Billy.

Troisième enjeu : faire un “centre commercial à ciel ouvert”. Dans le jargon actuel, on appelle ça un « retail park » et c’est très à la mode. Pour cela, il faut commencer par cacher la misère. Même si, selon Marc Gricourt, Blois est une des villes « qui s’en sort le mieux », elle « ne fait pas exception » et affiche tout de même un taux de vacance commerciale d’environ 11%. Seront donc proposées des « vitrophanies », comprendre un programme d’embellissement des cellules commerciales vides afin de « véhiculer une image plus positive du commerce ». Ces visuels collés sur les vitrines pourront représenter le patrimoine culturel local et sera co-financé par l’Office de tourisme de Blois-Chambord. Enfin, quatrième et dernier enjeu : la création le 4 avril dernier de l’association des commerçants « Les Vitrines de Blois », présidée par Marie Jolly (enseigne Au coureur des bois). Le nom est connu : c’est déjà celui de l’association orléanaise du même type. Le vote, en conseil municipal du 23 avril dernier, d’une rallonge de 12.000 € portant la subvention municipale à 27.000 €, va permettre de financer une partie du salaire d’une animatrice commerciale à temps complet tout en créant un site Internet pour rendre visible les activités du commerce de centre-ville. Ce poste qui servira aussi à la communication, un temps pressenti pour être pris en charge par la Ville, est finalement transféré à l’association. Un retour en arrière, car dans un récent passé il y a déjà eu une animatrice commerciale salariée, dont les raisons réelles du départ l’année dernière demeurent floues.

Tout cela sera-t-il suffisant pour faire face aux changements profonds des moyens de consommer, de l’hémorragie des centres commerciaux périphériques et du développement sans cesse croissant du e-commerce, que ce soit de produits neufs ou d’occasion ? On devrait le savoir assez vite. D’ici à mars 2020, probablement.

F.Sabourin

(1) Ou presque, il faut encore attendre le prochain conseil municipal du 22 mai pour que soit complètement voté le retrait de sa délégation.

Originally posted 2018-05-02 06:00:18. Republished by Blog Post Promoter

Commentaires

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  1. Vous fermez Cora, Auchan et Leclerc..les gens reviendront en centre ville, plus recreer des places de parking.(..Monsieur le Maire en supprime.)..faire un peu de nettoyage Place Louis 12..de grands parkings aux entrees de ville avec des navettes electriques gratuites….bien sur il faudrait un certain courage qui fait défaut à nos chers hommes politique

    • Il est impossible d’interdire ces ouvertures.
      Créer des places de parking consisterait à diminuer l’espace commerçant ou piéton, ou engager des travaux très coûteux… que veut-on ? Faire le ménage place Louis XII comment et de quel droit ? Enfin les navettes, on a déjà fait et cela n’avait pas marché, de quoi rester prudent même si cela reste une voie intéressante.

      • Le ménage peut être et doit être fait place Louis XII.
        Vous dites de quel droit ? Mais de quel droit ces personnes peuvent elles vendre de la drogue, et de plus, à la vue de tous ? De quel droit des personnes peuvent picoler dans l’espace public ? Des arrêtés ont été pris mais ne sont pas exécutés ? Quel intérêt ?

        Quant aux navettes + parking relais, cela n’a jamais été expérimenté, au moins depuis que j’habite à Blois (25 ans). Dans de nombreuses villes (Tours, orléans, Bourges,…) cela fonctionne. Pourquoi cela ne serait-il pas le cas à Blois ?

        Mais bon, gageons que le maire préfère se prendre en photo et communiquer du vent que de travailler sur ce sujet !

  2. La manager du commerce a 25 ans. Aucune expérience. Aucune formation pour devenir manager du commerce.

    Entre elle et le maire qui a décidé de virer l’adjoint au commerce, c’est pas gagné.

    Cela ressemble plus à de la communication qu’autre chose.

    • Vous avez tort, Amandine Billy a bien la technicité et l’expérience d’un manager du commerce, et il y a bien des formations. Quant à la politique en faveur du commerce, n’hésitez pas à proposer des pistes, à quoi pensez-vous ?

      • Bah non, 25 ans, aucune expérience significative. Elle ne fait reprendre que quelques unes des idées qui avaient été avancéesil y a 10 ans, mais jamais mis en pratique par ce maire qui se fiche du centre-ville

  3. Quant à sa feuille de route : decalcomanie, comptage des piétons, site internet, etc. C’est du daté. Ca fait 10 ans que cela aurait dû être fait.

    Aucune politique en faveur du commerce digne de ce nom. Il n’y a rien à espérer de ce maire.

    Il nage dans sa médiocrité et il est heureux.

  4. Soyons réalistes, les solutions avancées dans cette feuille de route ne depassent guère d’une politique cache misère dont les commerçants remarqueront très vite l’inefficacité.
    Habitant Blois depuis seulement 5 ans, l’avancée de la vacance commerciale de remarque sans nécessiter de “compter les piétons”.
    La politique lâche menée par la mairie consiste plus à museifier le centre ville à l’attention des touristes estivaux, qu’elle ne vise à réellement redynamiser les petits commerces. Comme presque partout dans les communes de cette taille, les actions menées ne peuvent aucunement se targuer de chercher à améliorer le droit à la ville des habitants. Alors que les politiques caressent surtout le porte monnaie des gros bonnets ou autre populations aisées. Prochaine étape, virer les prolots du quartier de Vienne et en faire de la vraie ville !

    Une vraie solution consisterait à commencer par mettre des bâtons dans les roues des grandes surfaces gangrennant notre territoire.

    • Il ne muséifie rien. Il ne fait rien non plus pour le patrimoine de notre ville. Eglises et château non entretenus (voyez les vitraux cassés du château depuis plusieurs années et collés avec du scotch ! voyez le filet qui protège les visiteurs de l’église Saint Nicolas, les barrières qui protègent ceux qui longent l’église Saint-Vincent de chutes de pierres !

      Et ne comptons même pas le nombre de portes et de fenêtres anciennes remplacées par de vulgaires menuiseries en PVC, cautionnées par le maire de Blois !!!

      • La remarque est pertinente, mais il n’est malheureusement pas nécessaire de prendre la peine de conserver la qualité architecturale du bâtit lorsque l’on transforme un espace public en musée. La ville de Richelieu est à ce titre un bon exemple.
        Il s’agit ici plus d’une direction politique générale mettant en avant l’accueil des touristes en centre ville plutôt que l’utilisation de la ville par les habitants. Cela passe par l’aménagement des rues, le type de commerce favorisé à l’installation, les directives données aux forces de l’ordre et plus généralement l’attribution des usages au sein de l’espace public.
        Voilà dans quel cadre l’on peut parler de museification du centre ville.

        PS, pour avoir travailler avec le service patrimoine de la commune, il s’agit d’une immense responsabilité au vu de la quantité de lieu dont la mairie est propriétaire. De nombreux chefs d’œuvre architecturaux sont perdus dans les rues de Blois, derrière d’ancien portails insoupçonnés. Il est difficile de tout garder en l’état et de tout mettre en valeur auprès du public. C’est d’ailleurs pour cela que le journée du patrimoine sont si intéressantes dans cette ville

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