Argenton-sur-Creuse : la mobilisation pour la gare est en bonne voie

Pour obtenir le maintien des Intercités directs à Argenton-sur-Creuse, la mobilisation ne faiblit pas. Preuve en était donnée lors de la manifestation organisée samedi 5 mai devant la gare. Avec des avancées significatives annoncées par la présidente du collectif, Martine Irzensky.

Samedi 5, mai, certains avaient apporté des banderoles, et d’autres leurs valises, comme le suggérait sur les affiches les membres du comité de défense de la gare d’Argenton-sur-Creuse, organisateur de la manifestation. Mais ces valises n’étaient pas anodines, car porteuses d’un messages explicite : la sauvegarde du service public en zone rurale. Pour médiatiser un combat, tous les moyens sont bons et celui-ci était aussi efficace que pacifique.

Martine Irzensky.

« Notre pétition rassemble aujourd’hui plus de 6.000 signatures avec les supports papier » annonçait au micro la présidente, Martine Irzenski, en rappelant l’objet de ce combat : « La défense de la gare auprès des usagers ; le maintien des arrêts en gare d’Argenton-sur-Creuse des 4 Intercités existants, le rétablissement d’un train quotidien pour Paris l’après-midi, le rétablissement de deux trains quotidiens aller et retour, et le maintien du service commercial et du personnel à la gare » (1). Un objet qui se résume en la défense du service public en milieu rural, et qui justifiait au premier rang des manifestants la présence d’un certain nombre d’élus, tels Gil Averous, le maire de Châteauroux, celui de La Châtre, ou d’autres édiles des communes environnantes. Tous les premiers signataires de la pétition n’étaient pas là, certes, mais le message était quand même explicite. Et illustrait les bonnes nouvelles annoncées.

Un rendez-vous, et après ?

« Nous avons enfin obtenu un rendez-vous avec la direction de la SNCF. La directrice générale va venir nous voir ici. Certes, ce n’est que le 15 juin. Mais c’est déjà une avancée ». Une annonce qui ne pouvait que conforter la détermination des manifestants, tout comme celle de l’adoption d’un vœu de soutien adopté déjà par les communes de la Châtre, Le Pont Chrétien-Chabenet, Roussines Saint-Plantaire et Ciron, spécifiant notamment « Que M. le maire accompagne la délégation afin de montrer la convergence de vue entre les usagers et notre commune ». Qui refuserait de s’associer à la défense de la qualité de la desserte ferroviaire ?

À l’issue de la photo de famille devant la gare, les participants étaient invités à signer un cahier de doléance, voire à prendre leur adhésion au comité de défense. Ils furent ainsi plus de 40 à venir grossir les rangs des premiers inscrits. Nul doute qu’ils seront encore plus nombreux le 15 juin prochain, à 18h, lors de l’assemblée générale prévue à l’issue de la rencontre avec la direction de la SNCF. Et, selon les résultats de cette rencontre, ils décideront d’éventuelles nouvelles actions à entreprendre comme un blocage des voies, par exemple.

Une situation préoccupante

« Sans ces trains directs, nous devons attendre des correspondances parfois de 50 minutes en gare de Châteauroux. Certains préfèrent faire du covoiturage, ce qui n’est pas mieux. Tant pour l’environnement que pour les encombrements dans la ville préfecture. Ce n’est pas ça, le service public », pouvait-on entendre dans les rangs des manifestants.

« Aujourd’hui, il est impossible de se rendre à Argenton-sur-Creuse depuis Paris après 17h30, même avec une correspondance. Aucune information de la part de la SNCF n’a été communiquée aux abonnés et aux usagers et elle va jusqu’à nier avoir supprimé des trains », soulignait Martine Irzenski. « Si le nombre de trains reste le même qu’en 2017, nous disent-ils, il est quoi qu’il en soit insuffisant et leurs horaires changés en juillet dernier, inappropriés à l’usage des voyageurs ». De quoi craindre que ces horaires inadaptés, réduisant ainsi leur fréquentation, puisse justifier leur suppression à moyen court terme.

Dans la foulée, comme il a été évoqué pour d’autres gares plus au sud et comme cela se pratique déjà dans d’autres régions, dont l’Ile-de-France, le personnel commercial de la gare pourrait être supprimé, et remplacé par des guichets automatiques. Voilà qui, objectivement, ne contribuera pas au développement économique et touristique de la région.

Jean-Luc Bouland

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