Festival des Jardins de Chaumont-sur-Loire : de la culture à la culture

Jardins de la pensée : c’est le thème de la 27e édition du Festival des Jardins de Chaumont-sur-Loire. Plus que jamais, ce rendez-vous, devenu incontournable et à la renommée internationale, est considéré comme un « lanceur de tendances ». 25 jardins et 6 cartes vertes imaginés par des paysagistes, jardiniers, architectes, urbanistes, scénographes, metteurs en scène, graphistes, géographes, ébénistes, offrent aux visiteurs de véritables « bulles de pensée », d’époustouflantes combinaisons d’idées, d’inventions, de poésie végétale.

Sculpture de verre (Dale Chihuly)

« La pensée n’est pas un sujet incongru dans les jardins. Que l’on songe au Verger de Platon, au Jardin d’Épicure, aux Mille et une nuits, aux Rêveries du promeneur solitaire de Jean-Jacques Rousseau… » explique la maîtresse des lieux, Chantal Colleu-Dumond, directrice du Domaine de Chaumont-sur-Loire et du Festival international des Jardins, ouvert depuis le 4 mai jusqu’aux splendeurs de l’automne le 4 novembre. 150 personnes ont travaillé d’arrache-pied – c’est le cas de dire – pour préparer ces jardins qui feront une nouvelle fois échapper des soupirs d’admiration aux visiteurs (400.000 l’an dernier) qui oseront cette forme de culture, celle dont « il ne faut pas avoir peur » ajoute-t-elle. Proust, Shakespeare, Heidelberg, mais aussi la Bible où tout commence et tout finit par un jardin (d’Éden et du Mont des Oliviers) : combien d’œuvres de la pensée ont germé dans un jardin ?

Présidé par l’écrivain Jean Échenoz, les 21 membres du jury ont planché tout l’automne et tout l’hiver pour sélectionner 25 jardins et 6 cartes vertes, sortant de leur chapeau, et de leurs pensées. En jaillissent des jardins évoquant des univers littéraires d’hier (« Le Jardin de Proust : le temps d’un dessein »), d’aujourd’hui (« La Possibilité d’une île ») ou de demain (« Avantgarden ») ; des potagers d’écrivains ; des labyrinthes philosophes (« Le Temple de nos pensées », « Réflexion faite », « Pensées jardinières », « Les Sept vallées », etc.) ; des décors verdoyants où se mêlent fantaisie, expérimentations, créativité, odeurs fortes de fleurs, arbustes et plantes aromatiques… « Inspirés et inspirants » se réjouit encore Chantal Colleu-Dumond, qui a même invité Bernard Lassus, personnalité à part dans le monde du paysage, salué dans le monde entier pour ses conceptions originales. Dans les prés du Goualoup, il propose « Être là… un peu + » où se mêlent un arbre brise-lumière, massif de fleurs, instruments de météorologie…

Habitué du Young Museum de San Francisco, du Museum of fine arts de Boston, du Royal Ontario Museum de Toronto ou encore du Crystal Bridges Museum of American art de Bentonville (Arkansas), le sculpteur de verre américain Dale Chihuly a posé une de ses œuvres au milieu d’un bassin du Festival des Jardins. « Le verre est le matériau le plus envoûtant », aime-t-il à rappeler. Le végétal aussi, et il serait étonnant que cette 27e édition du Festival des Jardins ne reste pas dans les meilleures. Un festival pour tous les sens, et pour cogiter. Donc pour être.

F.Sabourin

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